Conseil départemental

Le savant, la tempête et les citoyens

mis à jour le 12/09/2017

Avec Jean Jouzel et Jacques Testart
Que savons-nous des causes et des conséquences du réchauffement climatique aujourd'hui ? Les sciences seules peuvent-elles trouver les solutions ?

Informations pratiques

Rendez-vous mardi 3 octobre de 19h à 21h

Lieu : Médiathèque de L'Abbaye-Nelson Mandela à Créteil

Adresse : 3 Place de l’Abbaye, Créteil – Métro ligne 8 (Créteil-Préfecture), bus 217, 281, 308 – parking couvert accessible ouvert au public

19h00 : accueil du public autour des apéros de Cécile de la Ressourcerie La mine 
19h30 : début de la conférence 

 

Jean Jouzel

Paléo-climatologue, chercheur émérite au CEA, il a été de 2002 à 2015, vice-président du groupe de travail sur les questions scientifiques du Giec, co-récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2007. Aujourd'hui, il milite pour un changement profond des pratiques des êtres humains afin de maintenir le réchauffement climatique à un niveau acceptable. Pour lui, c’est donc une modification complète de notre mode de développement qu’il faut mettre en place…

Les recherches scientifiques sur le climat

Dès les années 1970, l’action potentielle des activités humaines sur le climat commence à préoccuper les scientifiques. Une première controverse marque cette histoire : en 1988, les Etats-Unis vivent une sécheresse inédite. James Hansen, chercheur à la NASA, déclare devant le congrès Américain, en juin 1988, qu’il était à "99 % certain" sur la base de ses calculs, que le réchauffement n’était pas dû au hasard.

Le GIEC, Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, a été créé en novembre 1988, à la demande du G7, et sous l’égide de l’Organisation Météorologique Mondiale et du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Le fonctionnement du GIEC : la force d’une expertise collective

Les 30 membres du bureau, qui ont en charge la responsabilité du GIEC, sont issus de pays différents. Les rapports sont préparés par des équipes de rédacteurs sélectionnés sur la base de leur compétence scientifique. Les rédactions des chapitres passent par deux stades d’examen et de réécriture. Les rapports finaux sont adoptés en session plénière et accompagnés de résumés techniques. Ils sont complétés de résumés pour les décideurs, qui sont eux approuvés ligne par ligne.

"Le rechauffement climatique n’est pas dû au hasard"

Le GIEC a apporté une réponse à cette question soulevée en 1988 par Hansen, une réponse qui a évolué au fil des rapports successifs :

  •   En 1995 : "un faisceau d’éléments suggère une influence perceptible de l’homme sur le climat global".
  •   En 2013 : "il est extrêmement probable (plus de 95 chances sur 100) que l’influence de l’homme est la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du 20ème siècle".

Jacques Testart

Docteur en Sciences, père scientifique du premier bébé éprouvette français né en 1982. Auteur de nombreux travaux scientifiques depuis 1964, il s'est simultanément investi dans une réflexion critique sur la légitimité éthique et les fonctions sociales et économiques de la recherche scientifique contemporaine. 

Démocratiser la science

Les graves crises environnementales et sanitaires que vit l'humanité du 21e siècle sont absolument inédites : parce qu’elles résultent d'activités humaines et parce que leur ampleur est sans précédent. Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC)  est un outil pertinent pour les analyses scientifiques qui mériterait d'être appliqué dans les problématiques autres que le climat. Cependant, les actions de prévention et de réparation doivent dépasser les seuls constats scientifiques, et s’ouvrir aux procédures démocratiques, pour que les citoyens du monde soient les acteurs responsables du devenir commun. (Jacques Testart)

"Puisque l’Anthropocène est essentiellement la conséquence de l’exercice d’une puissance technologique sans frein, il est légitime et urgent de soumettre la technoscience à l’examen critique". (Jacques Testart, Pourquoi et comment être « critique de sciences ? )

Subordonner les technosciences à l'éthique  

"Subordonner les technosciences à l’éthique" est ce que prosent  J. Testart, Dominique Bourg et Geneviève Azam, dans le livre collectif Et nous vivrons des jours heureux (Actes Sud, novembre 2016) 

"L’actuelle crise de civilisation est le résultat d’une réduction de l’histoire humaine à un processus d’expansion par la transformation et l’accaparement de la nature, et par la transformation du travail en ressource à mobiliser et exploiter. Cette histoire est désormais radicalement perturbée par le choc des limites matérielles à la croissance illimitée

Les travaux de recherche privilégient l’innovation technique ; ils sont de plus en plus réalisés sous contrat, sans que les objectifs prioritaires soient démocratiquement justifiés, et pour des finalités inspirées par la course à la puissance et la concurrence commerciale

Depuis plusieurs décennies, des mouvements sociaux se sont emparés de ces questions et ont acquis une véritable expertise, mêlant connaissances scientifiques et expériences sur le terrain.

Ils ont aussi montré que la réponse aux défis sociaux et écologiques ne passait pas essentiellement par les hautes technologies (high tech), mais bien par des basses technologies (low tech) décentralisées, conviviales, moins coûteuses en énergie et en matières, et appropriables".

Pour aller plus loin 

Sites de référence :

Bibliographie :

 

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