Conseil départemental

Numérique, environnement et société

mis à jour le 18/12/2020

Retour sur le cycle qui a interrogé l'expansion du "tout numérique".

terre et numérique

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Numérique, environnement et société

L'UPEDD a choisi de questionner une des plus importantes conséquences du confinement, l'expansion du "tout numérique". Comment faire face à ces transformations et se positionner ? La réponse se trouve peut-être dans notre capacité à comprendre le fonctionnement de notre société, ce fut la conclusion de ce cycle (voir la dernière conférence). Mais comprendre les pièces qui font fonctionner le numérique est un bon début. Les capteurs par exemple, cités à plusieurs reprises, il semble qu’ils occupent une place centrale dans notre société. Suivez les liens.

Voici les résumés et liens pour revoir ou découvrir les conférences.

Capitalisme 2.0, de l’innovation à l’aliénation technologique

Nous avions choisi d’ouvrir le cycle avec un format tout nouveau pour nous, les conférences gesticulées. C’est donc un ancien informaticien qui nous a introduits dans le monde du numérique. Cédric Lepage était informaticien, passionné, jusqu’au jour où il a compris que le numérique n’était pas seulement un outil, mais qu’il transformait le monde. Et en tant qu’informaticien, il participait à cette transformation. Cette prise de conscience a donné ce magnifique récit qui n’est pas seulement son histoire personnelle mais aussi une histoire sociale liée au tournant de la numérisation du monde.

Deux conférences très complémentaires nous ont permis de mieux comprendre ce qu’est le numérique et comment il fonctionne.

5 G, tout ce que vous avez toujours voulu savoir et n'avez jamais osé demander

Selon l’intervenant, Gauthier Roussilhe, les usages de la 5G ne sont que très peu destinés au grand public. Elle servira plutôt dans l’industrie et son marché le plus prometteur sera celui des caméras de surveillance. Mais pour que la 5G soit rentable, il faudra atteindre en 2034, un trafic de données de 50 giga octets par personne et par mois. Actuellement ce trafic moyen est de 8 giga octets. La consommation sera donc incitée. Il faut faire attention nous dit Gauthier, de ne pas se faire enrôler dans les usages dont nous n’avons pas besoin et qui justifieraient à posteriori le besoin de la 5G. Cette hausse de consommation va générer celle de la consommation d’électricité et la construction de nouveaux équipements, provoquant une lourde facture énergétique pour la planète. La position de Gauthier est que par le prisme de la transition écologique, rien ne justifie le déploiement massif de la 5G, qui n’est selon lui qu’une facette de la contestation. La véritable question est : « Quel est le modèle de déploiement du numérique que nous souhaitons » ?

La liberté est-elle au bout de la souris ? (Première partie)

Benjamin Sonntag nous a aussi introduits à de notions essentielles pour comprendre le numérique : les usages, la consommation d’énergie, les objets structurants, les acteurs. Saviez-vous que 90 à 95% de l’énergie consommé par un smartphone sert à sa fabrication ? Aviez-vous déjà pensé qu’on peut considérer les voitures comme des objets numériques? Et parmi les acteurs, certains restent dans l’ombre, ce sont les sociétés de vente d’espaces publicitaires sur internet, ceux qui traquent nos données. Mais en guise de réflexion, il propose de questionner toutes les promesses du numérique. Liberté : de quoi parle-t-on ? Les personnes dans les mines de cobalt ou dans le usines en chine sont –elles libres ? Ecologie : de quoi parle-t-on ? Aujourd’hui pour limiter le réchauffement climatique, il faut baisser de 4% nos consommations annuelles : le numérique permet-il de les baisser alors que plus il est efficace, plus on consomme ?  

Ces deux conférences rejoignent le bilan sur les impacts environnementaux du numérique, mené par Françoise Berthoud.

Le numérique est-il écologique ?

« A ce jour aucune étude ne démontre que le numérique a globalement un effet positif sur l’environnement. Malgré l’avènement du numérique dans les années 2000, il n’y a pas eu de dématérialisation : tous les graphiques montrent que les télécommunications, les transports, la production de papier ont continué d’augmenter. Les effets plus structurels liés aux effets rebond, à la croissance économique, l’accélération et la transformation sociétale provoqués par le numérique ne sont pas mesurés. Le numérique est la technologie du rebond par excellence : les équipements sont individuellement moins consommateurs en énergie, mais seulement si on prend en compte l’ensemble du cycle de vie, de la fabrication jusqu’au au recyclage, ils ne sont pas moins énergivores. L’augmentation de la consommation d’électricité du secteur est de 8% par an, ce qui est très important. Et le bilan de l’empreinte carbone français explose si on considère les importations dont la part de numérique y est très importante ».

Invisibles les travailleurs du clic (débat avec Henri poulain, réalisateur et Paola Tubaro, sociologue)

La question des impacts sur l’exploitation humaine, a été traitée dans ce cycle par le prisme des plateformes de services numériques au travers du film Invisibles les travailleurs du clic. Nous y avons découvert des conditions de travail proche des celles du début de l’ère industrielle. Avec des statuts de travailleurs autonomes en lieu et place de celui de salariés et une majorité des contrats signés avec les entreprises contenant des clauses de confidentialité interdisant toute communication au sujet de ce travail. Le film est donc un révélateur d’une réalité bien cachée derrière les commodités d’achat et livraison à la minute devant sa porte. Le débat nous a permis entre autres, de faire connaissance avec Henri Poulain, réalisateur de l’équipe de DATAGEULE.

Le techno féodalisme, La liberté est-elle au bout de la souris ? (à 34:40 minutes)  

Enfin, pour comprendre le fonctionnement de notre société, Cédric Durand fait la clôture du cycle dans la deuxième partie de la conférence.
Le concept de techno-féodalisme, trouve son origine dans l’univers de science-fiction des années 90’. Ils décrivent un univers chaotique où des firmes sont plus puissantes que les états et auxquelles s’attachent les individus en échange de protection. Cet univers imaginaire aujourd’hui fait sens, on le voit avec la place prédominante de ces méga firmes du numérique super puissantes. Alors que la grande promesse de l’essor du numérique était un renouveau du capitalisme, celui-ci n’a cessé de décliner, et au lieu d’un monde de start-ups concurrentielles, il a apporté une monopolisation bien plus importante qu’auparavant. La domination numérique, c’est d’être dans une position de surplomb, qui nous regarde et nous connait, sans que nous ayons un regard sur elles. Certains l’appellent le capitalisme de surveillance dont la source de profits est sa capacité à prédire les comportements. Mais la réelle question est celle de la capture de nos données. Il faut comprendre l’universalité de enjeux du numérique, il concerne tous les secteurs de la société. Des capteurs disséminés partout génèrent des données, l’avantage industriel est à ceux qui centralisent les données collectées. Dans la mondialisation numérique on a une magnification du processus de monopolisation du travail intellectuel. Il consiste aujourd’hui en une monopolisation du contrôle sur tous les procès de le travail à partir des pays du Nord. Deux éléments importants justifient l’analogie au féodalisme : 1) la dépendance, parce qu’il est impossible de se passer des acteurs numériques dominants et parce qu’ils servent à gouverner; 2) la prédation, car les entreprises du numérique cherchent à étendre leurs territoires de dépendance pour prélever de la valeur (et non pas à augmenter leurs productions comme dans le capitalisme classique). Le numérique nous fait atteindre un stade d’interdépendances des uns par rapport aux autres qui n’a jamais existé auparavant dans l’histoire de l’humanité. Mais il y a une ouverture à l’horizon qui est celle d’un contrôle démocratique de ces acteurs.  

 

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