Conseil départemental

Covid-19, confinement, vie sociale ralentie : quels impacts pour nos enfants ?

mis à jour le 19/01/2021

L'épidémie, les confinements induits et les interactions sociales limitées ne sont pas sans conséquence sur la santé, la scolarité et le bien-être des enfants. Tour d’horizon.

petite fille avec son masque
© Pixabay

Cet article a été préparé avec la Dr Barbara Azcona, pédiatre en centre de PMI départemental.

© Mathieu Genon

Qu’en dit le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ?

Des risques pour la santé et le bien-être des enfants

Dans son avis du 20 avril 2020 sur « La santé des enfants, l’épidémie de Covid-19 et ses suites », le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) souligne que les périodes de confinement prolongées augmentent les risques pour la santé et le bien-être des enfants.

Aussi, il recommande aux professionnels et professionnelles de santé ainsi qu’aux adultes au contact des enfants, de porter une attention particulière aux modifications de leurs comportements afin de les prendre en charge le plus précocement possible.

L’objectif est de limiter les effets néfastes sur la santé actuelle et future des enfants (santé psychique, risque de maltraitance, risques de retard dans l’accès aux soins, relâchement du suivi préventif).

Des outils à destination des adultes 

C’est dans cette optique que des outils ont été élaborés pour aider les professionnels et professionnelles de santé ainsi que tout autre adulte au contact des enfants à repérer des signes évocateurs de troubles psychologiques et somatiques.

Changements de repères et d’émotions : comment préserver l’enfant ?

Continuer à donner des repères aux enfants

 la lecture peut faire partie du rituel du soir rassurant pour l'enfant
© Mathieu Genon

En temps habituel, l’ordre de succession des évènements de la journée (lever, petit-déjeuner, départ à la crèche, à l’école ou chez un ou une assistante maternelle), toujours identique, constituent des repères qui permettent à l’enfant d’anticiper ce qui va se passer. Cela le rassure et lui permet de se concentrer sur son activité du moment sans s’inquiéter de ce qu’il va se passer pour lui, après.

À n’importe quel âge, le changement de rythme et de repères dans le temps perturbe l’enfant.

Aussi, en période de confinement ou lorsque le quotidien est bouleversé (parents qui télétravaillent à la maison par exemple), il faut essayer autant que possible de maintenir une routine.

Il est important d’expliquer à son enfant que certains temps lui sont consacrés et que d’autres non. Cela le rendra autonome de savoir qu’à certains instants ses parents ne sont pas disponibles pour lui. Il les retrouvera ensuite pour un moment de plaisir partagé !

L'enfant connecté aux émotions des parents

garçon devant une fenêtre
© Pixabay

Les enfants, et encore plus les plus jeunes qui n’accèdent pas au langage, sont connectés à l’état émotionnel des adultes qui l’entourent.

L’inquiétude, le stress, l’énervement peuvent perturber l’humeur du parent et donc, par effet miroir, celui de l’enfant. Le comportement de l’enfant peut alors en être modifié faisant augmenter les signes d’opposition, les troubles du sommeil, les conflits…

Mettre des mots sur vos émotions, expliquer vos inquiétudes, votre fatigue, votre énervement, permet à l’enfant de comprendre qu’il n’en est pas la cause. Et en vous imitant, l’enfant apprend à gérer ses propres émotions.

Attention également à ne pas laisser les informations et actualités envahirent trop votre espace. Cela pourrait créer un climat anxiogène auquel l’enfant est très sensible.

Les enfants face au confinement 

Écoles fermées, usage intensif des écrans, moins d’activité physique, peur de sortir de chez soi… Les répercussions sont nombreuses.

Les conséquences directes du confinement

Rupture de scolarité et décrochage scolaire

école à la maison
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La rupture des relations sociales habituelles induite par la fermeture des écoles a pu être à l’origine de sentiments de solitude et d’isolement, comme cela a été observé chez les adultes.

Ce sentiment d’isolement a pu être renforcé par les conditions de logement et d’équipement numérique de la famille. Elles ont joué un rôle important dans la continuité éducative provoquant un risque majoré d’inégalités dans cette période, pouvant mener à la rupture de la scolarité voire au décrochage scolaire. 

À l’inverse, une trop forte pression peut être source de stress pour certains enfants. Aider ses enfants dans leur poursuite de scolarité sans pression est le dur équilibre à trouver. Recommandation valable en période de confinement et en dehors !

Augmentation du temps passé devant les écrans 

enfants sur les écrans
©MinDof - stock.adobe.com

Durant le premier confinement, notamment, les enfants ont été exposé aux écrans plus souvent que d’habitude, de manière récréative ou éducative, et au-delà des recommandations. Mais, face à des circonstances exceptionnelles, il a fallu utiliser toutes les ressources à sa disposition pour préserver l’équilibre familial. 

Mettre à profit le temps passé sur les écrans pour ensuite échanger ou partager un temps ensemble pour regarder un programme adapté et en parler ensuite permet à l’enfant de trouver un bénéfice.

Néanmoins, quelle que soient les circonstances, trouver du temps pour jouer avec ses enfants est primordial pour leur bon développement.

Risques liés à une plus grande sédentarité

garçon qui joue au foot
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Le confinement est un frein à l’activité physique des enfants. Pourtant, quel que soit le contexte (confinement ou non), pour l’enfant, être en mouvement, est un besoin fondamental. La sédentarité a un impact direct sur leur santé actuelle et future : risque de surpoids, voire d’obésité, et donc risque de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte. 

Les sorties à l’extérieur offrent à l’enfant la possibilité de courir, sauter, crier, faire de grands mouvements. La diminution des sorties peut créer chez lui plus d’irritabilité, d’anxiété et de manque de concentration.

Aménager son espace intérieur pour permettre à son enfant d’avoir des temps dans la journée pour bouger est à prévoir, mais veiller à ce que cela se passe en toute sécurité est primordial. 

Durant le confinement, le nombre de passages aux urgences pour accidents graves au domicile a augmenté de 20% chez les enfants de moins de 15 ans. La vigilance est donc de mise !

Confinement et maltraitance

Une triste conséquence du confinement est la recrudescence de plaintes pour violences faites aux femmes et l’augmentation du nombre d’appels au 119, le service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger.

Que la maltraitance soit directe sur l’enfant ou que celui-ci soit témoin de violences intrafamiliales, les répercussions sur les enfants sont immenses. 

Le 119 est un numéro gratuit, anonyme et accessible 7j/7 et 24h/24. Les appels sont pris en charge par des équipes professionnelles qui transmettent ensuite les informations préoccupantes au Conseil départemental géographiquement compétent.

Risque indirect induit par l’épidémie : retard des vaccinations et des consultations médicales 

rendez-vous médical
© Agnès Deschamps

Avec la peur d’une contamination d’un virus inconnu, beaucoup de familles ont peur de consulter leur médecin ou leur pédiatre en libéral ou en centre de PMI (protection maternelle et infantile).

Pourtant, un retard pris dans la vaccination ou l’accès aux soins d’un enfant est directement préjudiciable. Le risque non négligeable est de voir émerger une épidémie infantile autre. 

Que ce soit pour mettre à jour les vaccins de son enfant ou vérifier sa santé globale, il convient de continuer à prendre rendez-vous auprès de son médecin traitant ou de son centre de PMI.

Au sein des centres de PMI départementaux, tout est mis en œuvre pour vous accueillir en toute sécurité.

Les effets positifs du confinement

La période de confinement n’a pas que de mauvais côtés. Un rythme ralenti, plus adapté à celui de l’enfant, du temps ensemble, des activités partagées, des moments de plaisir, une attention accrue les uns envers les autres, des temps d’échanges et de communication… Cette période a aussi pu être vécue comme une sorte de parenthèse bénéfique.

Les enfants qui auront vécu leur confinement dans un climat dans l’ensemble favorable retiendront ce côté positif. Il y aura gagné de la sécurité affective, un vocabulaire plus riche et de la confiance en lui !

Pour en savoir plus, santé publique France a lancé une grande étude destinée à donner la parole aux enfants sur leur vécu du confinement. Tous les enfants âgés de 9 à 16 ans et un de leurs parents pouvaient participer. L’étude est désormais terminée. Les résultats seront rendu public en 2021.

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