Conseil départemental

SOS parents épuisés : comment prévenir le burn-out parental

mis à jour le 19/10/2020

À tout âge, le manque de sommeil est très difficile à gérer et avec un petit qui ne dort pas la nuit ça n’arrange pas les choses ! Pour éviter l'épuisement parental, retrouvez les conseils des professionnelles et professionnels de la petite enfance.

Enfant avec son doudou et qui suce son puce et qui ne dort pas
@Eric Legrand

Avec Mélissa Césaire-Valéry, puéricultrice au Département du Val-de-Marne.

Photo : Eric Legrand

 

 

Aider l'enfant à mieux dormir

Malgré la fatigue, essayer de comprendre ce qui ne va pas

Quand un enfant ne dort pas la nuit ou qu’il dort mal, il faut essayer de comprendre ce qui ne va pas.

Chez les bébés, les pleurs sont le seul moyen d’expression. Quand un enfant se réveille en pleurs, en pleine nuit, c’est donc qu’il veut nous dire quelque chose.

Les réveils nocturnes peuvent avoir des origines multiples. Physiologiquement, à partir de 3 mois, un bébé n’a plus besoin de lait la nuit ; mais tout cela est bien théorique. Tout dépend de son mode d’alimentation (sein ou biberon), des quantités qu’il aura bues tout au long de la journée… Si votre enfant de 3 mois ne fait pas ses nuits, pas d’inquiétude donc !

Mettre en place un rituel du soir

  • Pour démarrer, essayez de mettre en place un rituel du soir, dès le retour à la maison. Reproduire chaque jour les choses dans le même ordre rassurera votre enfant. A vous de définir votre propre rituel : bain, pyjama, dîner, livre, câlin, coucher...
  • Quel que soit l’âge de votre enfant, parlez-lui et rassurez-le. Vous pouvez lui expliquer que pour avoir un papa ou une maman en pleine forme il faut que tout le monde puisse se reposer et dormir la nuit.
  • Au moment du coucher, n’hésitez pas à lui montrer que vous avez confiance en lui en lui parlant pour l’encourager à ne pas se réveiller ("j’ai confiance en toi", "je suis fier de toi").

Eviter de prendre votre enfant dans les bras

Aider son enfant en bas âge à dormir
@Mathieu Génon

Pour parvenir à ce que votre enfant se rendorme seul (car oui, cela arrivera un jour !), évitez autant que possible de le prendre dans les bras lors des réveils nocturnes car cela peut créer une accoutumance. Mais nous savons que cela n’est pas toujours facile ! Tentez tout de même de vous approcher de lui pour le réconforter en posant juste une main sur lui, ou en lui donnant son doudou ou sa tétine, ou encore en relançant sa boîte à musique.

Tous ces conseils sont à adapter par chaque parent. Notre seuil de tolérance n’étant pas le même, certains parents ne supporteront pas les réveils nocturnes contrairement à d’autres. Par ailleurs, avant que l’enfant naisse, chaque parent s’était fait une idée de ce qui l’attendait mais elle ne correspond pas toujours à la réalité, ce qui peut être déconcertant.

Eviter le burn-out parental

Un parent n'est pas un super-héro

Une grosse fatigue peut avoir des répercussions sur le comportement (angoisse, stress, agressivité, violence…) et entraîner des situations qui nous échappent. Souvent liée à la privation de sommeil, elle est aussi due aux sollicitations multiples que nous avons.

Pour éviter le burn-out parental, il est nécessaire de prendre du recul, de dédramatiser et de se démarquer du regard de l’autre. Un parent n’est pas un super-héros alors, il ne faut pas être trop exigeant avec soi-même.

Pas besoin de sorties extraordinaires pour faire plaisir à vos enfants

Si vous êtes surmené, limitez vos activités ou celles de vos enfants. Misez sur le qualitatif plutôt que le quantitatif : mieux vaut être pleinement disponible une heure à la maison que de courir constamment.

Si vous le pouvez, essayer de réorganiser votre rythme en vous couchant plus tôt ou en vous accordant des siestes.

Mais, surtout, communiquez avec vos enfants. Vous avez le droit de leur dire qu’ils vous épuisent au regard de ce que vous voulez leur donner. Les plus petits ne saisiront pas tous les mots mais ils percevront l’intention que vous leur donnez. Vous avez le droit de ne plus en pouvoir et d’avoir besoin d’un répit, sans vos enfants. S’accorder du temps uniquement pour soi, pour se reposer, sortir ou faire du sport est important. Il faut savoir passer le relais et s’autoriser à faire une pause.

Passer le relais et discuter

Consultation puéricultrice et parents en centre de PMI
@Mathieu Génon

Si vous êtes en couple, prenez le temps de discuter et organisez-vous pour que chacun puisse souffler. Tournez-vous aussi vers votre famille : parents, tantes, oncles, frères ou soeurs…

Si la privation de sommeil devenait trop difficile à gérer, des équipes professionnelles peuvent vous accompagner en centres de PMI (protection maternelle et infantile) par exemple. Des temps pour échanger avec d’autres parents y sont également organisés.

Parlez-en à votre pédiatre. Une personne extérieure portera un regard neuf sur la situation. Et surtout ne culpabilisiez pas. La perfection n’existe pas ; on a tous le droit d’en avoir assez et d’avoir besoin d’un break !

Des aides pour les familles nombreuses

Des associations soutiennent les parents de famille nombreuses et de jumeaux.

Jumeaux et plus propose ainsi la venue de bénévoles au domicile, la nuit, pour permettre aux parents de se reposer. Les bénévoles sont généralement des étudiantes en école de puéricultrices ou d’infirmières.

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