Assainissement pluvial ou les limites du "tout au réseau"

mis à jour le 19/11/2014


Bassin de rétention des eaux de pluie, à Chevilly-Larue

Une compétence partagée, une gestion en évolution

En France, la gestion de l’assainissement relève des communes, qui peuvent transférer cette compétence à une intercommunalité. En petite couronne parisienne, cette compétence est partagée entre les communes et leurs structures intercommunales, les Départements (Paris, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis), et le Syndicat Interdépartemental d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP).

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Historiquement, pour des questions d’hygiène, les réseaux d’assainissement se sont développés au XIXème siècle avec des réseaux unitaires enterrés amenant eaux usées et eaux pluviales en dehors de la ville. Puis, afin d’améliorer le fonctionnement des stations d’épuration, de nouveaux réseaux séparatifs se sont développés, séparant eaux usées et eaux pluviales. Avec l’urbanisation croissante de l’agglomération parisienne, qui continue à se densifier aujourd’hui, les sols deviennent de plus en plus imperméables : les volumes d’eau de pluie qui ruissellent sont de plus en plus importants et il faut construire des ouvrages de plus en plus grands pour les stocker.

La gestion des eaux pluviales à travers l’assainissement devient de plus en plus complexe, à travers des ouvrages diversifiés qui ont pour objectifs :

- éviter les inondations en ville, dues à des débordements de réseaux ; avec l’évolution du territoire, ceux-ci courent le risque de devenir sous-dimensionnés, d’où l’importance d’anticiper leur gestion et d’adapter celle-ci ;

- éviter le rejet de pollutions dans le milieu naturel : non seulement l’eau pluviale en ruisselant sur les sols imperméabilisés se charge de déchets et différents polluants, mais s'il y a risque de débordements en ville, un rejet d'eaux non traitées directement en rivière est possible, sans compter les mauvais raccordements eaux usées/eaux pluviales.

Quelques ouvrages d’assainissement pluvial

- Les réseaux d’assainissement sont les « tuyaux » qui permettent de collecter et transporter eaux usées et/ou eaux pluviales vers une station d’épuration (en unitaire) ou vers le milieu naturel (pour les eaux pluviales en séparatif) ;

Pour en savoir plus sur la gestion de l’eau de pluie dans le Val-de-Marne

- Les bassins de rétention des eaux pluviales sont de grands espaces construits – enterrés ou à ciel ouvert – qui stockent l’eau pluviale lors des précipitations, afin d’éviter qu’elles ne débordent en ville (voir photo du bassin de Chevilly-Larue). L’eau pluviale est ensuite rejetée au réseau d’assainissement selon un débit qui est compatible avec la capacité de celui-ci.

- Les stations anti-crue, en bordure de la Seine et de la Marne, fonctionnent lorsque ces cours d’eau sont en crue : l’eau de la rivière qui monte entraîne un reflux de l’eau pluviale censée s’y rejeter, ce qui amène un risque d’inondation en amont dans la ville. La station permet à l’eau pluviale de se rejeter dans la rivière en évitant l’inondation.

Voir schéma de fonctionnement des stations anti-crue

Assurer un suivi par temps de pluie dans le cadre de la gestion de l’assainissement

- Connaître la pluviométrie permet d’anticiper les volumes d’eau de pluie qui seront collectés par les réseaux d’assainissement. Ainsi, le Département du Val-de-Marne assure le suivi d’une trentaine de pluviomètres qui permettent de mesurer la hauteur de la pluie sur le sol (voir carte ci-dessous).


Syntèse des épisodes orageux du 20 juillet 2014 (DSEA-CG94)

- L’autosurveillance est une obligation réglementaire qui  vise à réduire les impacts éventuels de l’assainissement sur le milieu naturel à travers le suivi du fonctionnement des réseaux d’assainissement.  Ainsi, les déversoirs d’orage (ouvrages qui permettent, par temps de pluie, de déverser une partie des effluents au milieu naturel, afin d’éviter des débordements en ville) sont contrôlés, pour savoir si des rejets ont eu lieu, et dans ce cas, estimer le volume d’eaux rejetées et évaluer la charge polluante correspondante.

La prise en compte des impacts des pollutions par temps de pluie amène les gestionnaires des réseaux d’assainissement à modifier leurs pratiques. Plus la pluie sera gérée au plus près de son point de chute, moins elle amènera de pollutions au milieu naturel. C’est pourquoi une gestion à la parcelle des eaux pluviales se développe aujourd’hui, en complémentarité de l’assainissement pluvial.