Conseil départemental

Gérer à la parcelle, oui, mais pas n'importe comment

mis à jour le 19/11/2014

Infiltrer la pluie, c’est laisser le sol s’imbiber et jouer son rôle de filtration, l’eau rejoignant naturellement les nappes phréatiques et les rivières par ses propres moyens. Pour les petites pluies courantes, les premiers millimètres d’un sol de pleine terre suffisent à cette infiltration, et c’est pourquoi il faut toujours privilégier, quand on aménage un espace, la présence de pleine terre et de verdure (jardins, espaces verts), et éviter de minéraliser cet espace par des terrasses bétonnées.

Les risques de l’infiltration qu’il faut éviter

Si la pluie devient trop volumineuse, et que l’eau s’infiltre plus profondément, il est possible que le sous-sol ne soit pas capable de l’absorber, ou que l’infiltration pose problème pour différentes raisons, avec des conséquences négatives qu’il s’agit d’éviter :

- la présence d’argile, qui est imperméable, empêche l’eau de s’infiltrer plus profondément : de ce fait, d’une part, si la pluie est trop importante, les sols imbibés ne pourront plus l’absorber, provoquant un risque d’inondation, dans les caves par exemple. D’autre part, à une profondeur inférieure à 5 mètres, l’argile avec l’eau se dilate, puis se rétracte après la pluie, ce qui provoque le retrait-gonflement des sols, et met à mal leur stabilité ainsi que celle du bâti environnant ;


Aléa argile en Val-de-Marne : exemple de contrainte à prendre en compte (carte issue du zonage pluvial départemental - CG94)

- la présence d’anciennes carrières, soit souterraines, soit anciennement à ciel ouvert puis remblayées : avec l’infiltration, il y a un risque de déstabilisation des terrains, et donc d’effondrement ou de tassement, qui peut porter atteinte aux habitations bâties au-dessus de ces zones ;

- la proximité de la nappe : l’eau de pluie ne peut plus s’infiltrer, elle rejoint rapidement la nappe à quelques mètres de la surface ; là aussi, le sol imbibé peut amener un risque d’inondation en surface ;

- la présence potentielle ou avérée de sites pollués, par exemple les endroits où il y avait auparavant une usine, ou une station-service : si le sol est pollué, il faut éviter d’infiltrer de l’eau, car celle-ci va propager les éléments polluants plus profondément encore ;

- le respect d’un périmètre de protection autour d’un captage d’alimentation en eau potable : plusieurs captages sont présents en Val-de-Marne, sur la Seine et la Marne, ainsi qu’à sa périphérie, dans la nappe du Champigny en Seine-et-Marne ; la réglementation impose des périmètres de protection afin d’éviter de polluer les eaux qui deviendront de l’eau potable ;

- la prise en compte de la pente du terrain : si l’infiltration est effectuée dans un terrain trop en pente, l’eau risque de ressortir (exurgence) à un point plus bas, chez un voisin par exemple. La possibilité d’infiltration est incertaine entre 7 et 10 % et non souhaitable au-delà.

- le respect d’une distance raisonnable des bâtiments : il est recommandé d’infiltrer l’eau à une distance de 5 m de l’habitation et de 3 m de la limite de propriété, afin d’éviter une répercussion éventuelle sur le bâti.

Afin d’éviter ces risques potentiels en cas d’infiltration de pluies au volume conséquent, une étude d’infiltrabilité des sols est nécessaire, qui permet de connaître ses caractéristiques géologiques, son historique, et de décider des meilleurs dispositifs à mettre en place.

Les techniques alternatives de gestion des eaux pluviales


Exemples de techniques alternatives de gestion des eaux pluviales

Le but est de permettre à l’eau de pluie de demeurer sur place, soit en l’infiltrant dans le sous-sol, soit en la récupérant dans des bacs, et non plus de la laisser ruisseler pour rejoindre les tuyaux des égouts d’eaux pluviales. Pour ce faire, différentes techniques dites « alternatives » (aux rejets dans les réseaux d’assainissement) sont utilisables, soit par le particulier, soit par les acteurs publics.

1/ Les techniques « infiltrantes », si l’étude d’infiltrabilité a démontré qu’une infiltration dans le sous-sol était possible. L’eau de pluie est acheminée vers un dispositif qui favorise son infiltration dans le sol : noue ou tranchée drainante, puits d’infiltration, structure réservoir…

2/ Les techniques « stockantes » : l’eau de pluie est envoyée dans un dispositif qui la stocke ; ce dispositif peut s’intégrer dans l’urbanisme ou le paysage de façon à participer au cadre de vie en développant d’autres fonctionnalités. Quelques exemples :

- récupérer l’eau de pluie dans des bacs de récupération pour arroser le jardin, comme l’association Gentil’Jardin à Gentilly ;

- sur les bâtiments, intégrer un toit-terrasse, qui peut être végétalisé, tel celui des Archives départementales à Créteil ;

- stocker la pluie dans une mare, qui participe du développement de la biodiversité, avant de la réutiliser pour l’arrosage des espaces verts, comme c’est le cas à Bonneuil-sur-Marne ;

- aménager l’espace public de façon à ce qu’une inondation en cas de pluie conséquente n’empêche pas son utilisation, comme au parc départemental de la Plage bleue à Valenton ;

- créer des bassins à ciel ouvert, qui à sec sont plantés et améliorent le paysage, et une fois en eau, filtrent la pluie, avant de la renvoyer vers le réseau d’assainissement, tel l’exemple de la Plaine des Bordes à Chennevières-sur-Marne.

3/ Les techniques « étanches », si l’étude d’infiltrabilité a déconseillé fortement l’infiltration dans le sous-sol, et que l’eau de pluie doit être acheminée vers les réseaux d’assainissement pluvial : bassin de rétention des eaux de pluie, noue ou tranchée drainantes étanches, etc.

Dans le Val-de-Marne, l’environnement majoritairement urbanisé impose de limiter l’imperméabilisation, voire si possible de la réduire, afin de favoriser la gestion à la parcelle. Cependant, l’urbanisation et l’imperméabilisation déjà existantes rendent encore nécessaire le fonctionnement du réseau d’assainissement pour la gestion des eaux pluviales.

Pour en savoir plus sur la gestion des réseaux d’assainissement pluvial