Identifier les pressions subies par les milieux aquatiques

mis à jour le 18/07/2014

Nos sociétés humaines, en utilisant les ressources aquatiques, ont des impacts qui modifient les équilibres naturels. Paris et sa petite couronne ne font pas exception puisqu’aux abords de la Seine et de ses affluents convergent une densité de population élevée, une concentration importante de transports et de services ainsi que des terres majoritairement consacrées à une agriculture intensive.


Une écluse sur la Seine
Une écluse sur la Seine

Les prélèvements en eau

A l’échelle du bassin Seine-Normandie, près de 3 milliards de mètres cubes sont prélevés chaque année, eaux de surface et souterraines confondues. L’industrie et l’alimentation en eau potable représentent l’essentiel des usages :

  • Les volumes prélevés pour le refroidissement industriel sont restitués au milieu, constituant néanmoins une pollution thermique puisque de faibles changements de température ont des effets sur la faune aquatique.
  • Les prélèvements pour l’alimentation en eau potable ont aussi d’importantes conséquences. Bien que très importants, et malgré l’augmentation de la population, ils sont en baisse régulière depuis les années 90 aussi bien pour les eaux superficielles que souterraines. Cela peut s’expliquer par la réduction des fuites dans les réseaux de distribution et par la sensibilisation des usagers aux économies d’eau.

Les dégradations hydromorphologiques et biologiques

Les cours d’eau ont été modifiés afin de faciliter la navigation et le tourisme fluvial : lit plus encaissé, berges renforcées, méandres moins nombreux, disparition des zones d’expansion des crues avec l’urbanisation… mais aussi écluses et barrages. Ces modifications de la morphologie des rivières perturbent la continuité écologique, dégradent les berges, fragilisent les écosystèmes et nuisent à la qualité biologique des cours d’eau. A cela peut s’adjoindre l’introduction d’espèces invasives qui trouveront dans ces écosystèmes dégradés une opportunité de prolifération.

Les pollutions organiques : composés azotés et phosphorés

Les rejets domestiques - issus des sanitaires, éviers, lessives-, les activités agricoles, et le lessivage des sols par les eaux de pluie, apportent au milieu naturel de nombreuses pollutions organiques. La surabondance de ces substances nuit aux organismes aquatiques en modifiant leur habitat, directement ou indirectement - en favorisant la croissance excessive de plantes aquatiques et d’algues - et limite les activités récréatives, provoquant notamment l’interdiction de la baignade en Seine et en Marne. Depuis, la situation a évolué :

  • Grâce au meilleur fonctionnement des réseaux d’assainissement et à l’amélioration de la capacité épuratoire du parc des stations d’épuration, il est constaté une baisse régulière des flux de carbone organique. Cependant ce constat positif est à nuancer à cause des mauvais raccordements, en réseau séparatif, très nombreux, qui amènent des eaux usées dans les eaux pluviales ou le milieu naturel ; ou bien perturbent le fonctionnement des stations d’épuration par un apport d’eaux de pluie trop important.
  • Pour les composés phosphorés, la baisse spectaculaire enregistrée depuis 1990, du fait de l’abandon progressif des phosphates dans les détergents se poursuit, accentuée par la mise en place de traitements sur les plus grosses stations d’épuration. Dans l’agriculture, les ventes d’engrais phosphorés minéraux ont continué de baisser, même si elles demeurent importantes.
  • La pollution d’origine agricole reste cependant problématique : les progrès réalisés dans la gestion de la fertilisation semblent être effacés par l’augmentation des surfaces en grandes cultures à haut rendement et la diminution des surfaces en prairies. D’autre part, l’impact des nitrates sur la qualité des eaux souterraines reste très important et provoque des fermetures de captages. Etant donnée l’inertie des aquifères, les teneurs actuellement mesurées traduisent à la fois les pressions actuelles et passées.

Les micropolluants : métaux lourds, HAP, PCB, produits phytosanitaires, etc

Ces pollutions découlent à la fois des activités industrielles, domestiques et agricoles.

  • Les rejets en métaux lourds sont par exemple très liés au secteur des transports routiers et à l’industrie manufacturière.
  • Les HAP (Hydrocarbure aromatique polycyclique) issus majoritairement de la consommation énergétique, et les PCB (Polychlorobiphényles), très utilisés pour l’isolation électrique jusqu’à leur interdiction en 1987, sont des polluants toxiques que l’on retrouve peu dans l’eau, du fait de leurs propriétés chimiques, mais en quantités importantes dans les sédiments et les organismes. Ces substances peuvent avoir des effets immédiats ou latents sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Ce risque s’atténuera petit à petit lorsqu’une nouvelle couche de sédiments non contaminés recouvrira l’ancienne.
  • L'agriculture, intensive sur le bassin constitue la principale pression en matière de produits phytosanitaires. Les produits utilisés dans les zones non agricoles (espaces publics, voiries, jardins) représentent une faible part des ventes mais peuvent présenter des risques importants de contamination. Ces pollutions occasionnent des fermetures de captages d’eau potable.

Face à une population en hausse, de nouveaux réseaux de transport à venir (GPE) et des projets d’urbanisation de grande échelle (ORSA), le Val de Marne est confrontée au défi de restaurer ses ressources en eau, et de façon générale la qualité de de ses milieux naturel. Pour cela, les SAGE semblent des leviers règlementaires et de concertation indispensables.