Les îles, refuges de la biodiversité dans le Val-de-Marne

mis à jour le 20/01/2015

Massées dans la Boucle de la Marne, la vingtaine d’îles val-de-marnaises participent du charme des Bords de Marne. Les îles non habitées deviennent essentielles pour la persistance et le déplacement de la faune et la flore, dans un environnement particulièrement urbanisé et minéral.


Un environnement peu propice à la biodiversité…

Situées dans une agglomération parisienne dense, les îles de la Marne encore naturelles sont soumises à une importante pression anthropique qui ne facilite pas le développement et la survie de la faune et de la flore : berges très minérales de chaque côté de la Marne, qui n'encouragent pas les échanges d’une rive à l’autre ; milieu urbain dense qui empêche la faune de rejoindre des parcs ou d'autres milieux naturels ; sans compter la qualité de l’eau, qui se dégrade à chaque épisode de pluie, et la vie de la rivière, certes préservée de la navigation fluviale, mais tout de même dédiée à des usages nautiques.

… et pourtant des espèces remarquables arrivent à s’y développer


Martin-Pêcheur (© Biotope)

Certaines îles sont surélevées par rapport au niveau de la Marne, ce qui entraîne la présence de deux types de milieux : la berge en contact avec l’eau, d’une part, qui peut abriter des espèces liées aux zones humides (joncs, carex), des espèces aquatiques (nénuphars), et favoriser la croissance des petits poissons, et d’autre part le dessus de l’île, qui peut abriter des milieux forestiers. Ce sont ainsi de très petits sites, qui peuvent cependant servir de zone-refuge à des espèces différentes, en fonction de l’habitat. Ainsi la présence de plusieurs espèces protégées, comme la Cuscute d’Europe, la Cardamine impatiente ou le Martin-Pêcheur d’Europe,  a entraîné la création d’un arrêté préfectoral de protection de biotope des îles de la Marne présentes sur la boucle de Saint-Maur.

L’impact de nos pratiques sur la vie des espèces

Chacun de ces petits milieux est fragile et peut évoluer différemment en fonction des choix de gestion, d’aménagement et d’usage :


Goujon (© Hydrosphère)

- les pratiques de jardinage peuvent avoir des conséquences, par exemple si des pesticides sont utilisés dans le voisinage des îles. Ce sont des substances qui, transportées par les airs et par l'eau, polluent les sols, les rivières et les nappes souterraines. Il y a aussi des déplacements d’espèces entre les îles et les berges qui leur font face. Le choix d’une gestion différenciée des berges, comme à Champigny-sur-Marne, favorise donc davantage la préservation de la biodiversité.

- les choix de gestion et d’aménagements influent sur la présence des espèces.

A titre d’exemple, le choix d’abattre un nombre important de peupliers il y une dizaine d’années sur les îles des Gords, tout en maintenant des arbres vieillissants a permis à des oiseaux typiquement forestiers de nicher. Ces deux très petites îles abritent désormais un cortège d’espèces significatif, sur un espace réduit.

- En parallèle, le réaménagement des berges des îles de Pissevinaigre et des Gords en 2009 a permis d’offrir plusieurs types d’habitats favorables aux poissons, favorisant notamment la reproduction de 11 espèces sur les 13 recensées en 2012.

Il faut enfin souligner le rôle joué par les interactions fines entre ces différents milieux : le Nénuphar jaune profite des hauts-fonds des îles pour s’enraciner, et offre en même temps un habitat pour plusieurs libellules, par exemple la Naïade aux yeux rouges.


Libellule dite "Naïade aux yeux rouges" (© Rainette)

L’équilibre entre les espèces et les habitats est à la fois multiple et fragile, ce qui doit être pris en compte dans la gestion des îles de la Marne et les suivis réalisés.