Hypercholestérolémie et activités physiques

mis à jour le 16/06/2014

L’excès de cholestérol peut avoir plusieurs origines : exogène, c’est-à-dire d’origine alimentaire ou médicamenteuse,ou endogène, c’est-à-dire fabriqué par l’organisme lui-même, notamment à cause d’une maladie. Un bref rappel au sujet du cholestérol peut permettre de mieux comprendre les réponses proposées.

Par rachid Ziane

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L’excès de cholestérol peut avoir plusieurs origines :

  • exogène, c’est-à-dire d’origine alimentaire ou médicamenteuse,
  • endogène, c’est-à-dire fabriqué par l’organisme lui-même, notamment à cause d’une maladie.

Les deux ne sont pas incompatibles. La relation entre activité physique et baisse du cholestérol intéresse des chercheurs, les médecins mais aussi ceux qui pratiquent ou animent des activités physiques avec une visée de prévention-santé.

Comme le surpoids, l’hypercholestérolémie n’attend pas le nombre des années : les personnes âgées ne sont pas les seules concernées.

Un bref rappel au sujet du cholestérol peut permettre de mieux comprendre les réponses proposées.

Qu’est-ce que le cholestérol ?

Le cholestérol est une graisse naturelle indispensable à plusieurs fonctions de  l’organisme.

Il provient pour :

-        ¼ de l’alimentation (produits d’origine animale : viandes, œufs, abats, crustacés, poissons, produits laitiers…).

-        ¾ d’une production essentiellement faite par le foie.

Les produits d’origine végétale n’en contiennent pas.

C'est un des composants des membranes cellulaires animales. Il permet la synthèse des neurotransmetteurs et la propagation de l'influx nerveux. C’est aussi un précurseur de nombreuses molécules dont :

-        les hormones stéroïdiennes (testostérone, progestérone, œstrogène, cortisol, cortisone, aldostérone…),

-        des sels biliaires, co-enzyme Q10, protéine Tau, hème A, diverses protéines…

Bien qu’indispensable, il est néfaste lorsqu’il est présent en excès.

Si les expressions "bon cholestérol" et "mauvais cholestérol" sont couramment employées, elles ne font pas référence à deux molécules différentes, mais à deux transporteurs du cholestérol dans le sang.

On distingue ainsi :

-        le HDL-cholestérol (high density lipoprotein) ou "bon cholestérol".

-        le LDL-cholestérol (low density lipoprotein) ou "mauvais cholestérol".

Si le rapport LDL/HDL est supérieur à 3,55 chez l’homme et 3,22 chez la femme, le risque athérogène (bouchage des artères par les dépôts de cholestérol) est statistiquement important.

Qu’est-ce que l’hypercholestérolémie ?

Ce n'est pas une maladie à proprement parlé, mais un trouble métabolique, c'est-à-dire une déviation par rapport à une norme.

Il s’agit plus précisément d’un taux élevé de cholestérol dans le sang. L’hypercholestérolémie n’est associée à aucun symptôme, ni à, aucun signe avant-coureur.

Ce taux peut être mesuré par un test sanguin. Le résultat fournit au moins deux valeurs : le taux de cholestérol total et le taux de cholestérol LDL ("mauvais" cholestérol).

 

Les personnes dont le taux de cholestérol est supérieur à 2,60 g/l ont un risque 4 fois plus élevé de maladie cardiovasculaire que celles dont la cholestérolémie est inférieure à 2 g/l.

L'interprétation et l’appréciation du risque réel relèvent exclusivement de la compétence d’un médecin. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour apprécier les risques, parmi lesquels l'âge, le sexe, l'hérédité.

Effets sur l’organisme et risques pour la santé

Le cholestérol en excès se dépose sur les parois des artères et forme ainsi des plaques qui s’épaississent au cours du temps (athérosclérose). En se stratifiant, ces plaques réduisent le diamètre interne des artères, augmentant la pression sanguine (tension) et durcissant leur paroi qui moins souples risquent de rompre (rupture d’anévrisme). Un morceau de cette plaque (athérome) risque aussi de se décrocher et d’obstruer une artère (infarctus).

Le régime anti-cholestérol, l’activité physique et les médicaments sont les moyens employés pour lutter contre l’hypercholestérolémie.

Alimentation contre l’hypercholestérolémie

L’hygiène alimentaire est essentielle pour lutter contre l’hypercholestérolémie et contre l’hypertension artérielle.

Les régimes sont réservés aux cas pathologiques avérés.

A titre préventif et correctif, la démarche consiste à corriger certaines habitudes alimentaires pour adopter une alimentation plus saine ; on parle alors de modification du comportement alimentaire plutôt que de régime alimentaire.

En pratique, il s’agit en priorité de :

-        de limiter les acides gras saturés, donc de limiter les matières grasses d’origine animale (beurre, saindoux, crème… viande rouge, charcuterie, fromages…),

-        privilégier les graisses d’origine végétale (huile d’olive, huile de colza, margarine oméga… fruits secs, oléagineux…).

Les acides gras "hypercholestérolémiants" sont les acides gras saturés (palmitique, myristique...).

S’ils peuvent contenir des graisses, les aliments d’origine végétale ne contiennent pas de cholestérol.

Activité physique contre l’hypercholestérolémie

L’activité physique est aussi un moyen puissant pour lutter contre l’hypertension conséquente d’une hypercholestérolémie :

-        elle agit comme un consommateur de cholestérol,

-        elle participe à l’utilisation des graisses comme carburant du muscle.

Elle réduit ainsi la quantité de graisses susceptibles de se déposer sur les parois des artères ou d’être stockées.

Dans cette perspective, la performance n’est pas l’objectif : ce qui compte est la régularité. L’idéal étant une activité à dominante aérobie quotidienne (vélo, course à pied, roller, natation, ski de fond, rameur, aérobic…). Rien n’interdit d’alterner les activités.

Pour certains, la marche constitue déjà une activité intéressante.

Quelle que soit cette activité, sa durée et son intensité sont à adapter aux possibilités de chacun.

Traitements et activités physiques

Les statines sont prescrites en cas de maladie cardiovasculaire. Elles sont aussi très couramment employées pour traiter l'hyperlipidémie. En effet, ces molécules seraient efficaces pour faire baisser le taux de cholestérol sanguin, en particulier le LDL.

Cependant, leur utilisation est controversée par défaut d’étude attestant de leur efficacité et du faible rapport bénéfice-risque de la prise permanente de statine. C’est pour cette raison que depuis quelques années un nombre croissant de chercheurs et de cliniciens en contestent l'intérêt et l'utilité.

L’étude menée par Kokkinos & Col. (2012) montre que :

  1. Chez les sujets sous statines :

-        le risque de décès est significativement plus faible chez les sujets traités par statines comparés à ceux qui n'en prennent pas.

-        la mortalité diminue davantage chez ceux dont la forme physique est meilleure.

  1. Chez les sujets qui n'étaient pas sous statines

-        le risque était significativement plus élevé chez les sujets ayant la moins bonne forme physique

-        le risque diminuait ensuite progressivement avec la pratique d'un exercice régulier.

Ainsi, chez les personnes sujettes à l’hypercholestérolémie, la prise de statines et la pratique régulière d'une activité physique régulière sont associées à une faible mortalité.

Ceci montre une fois encore l'importance de la prescription d'une activité physique régulière.

L’idéal étant d’y ajouter une hygiène alimentaire qui converge vers cet objectif plutôt que de s’y opposer.

Conclusion

A moins d’être intense, prolongée et fréquente voire quotidienne, l’activité physique seule ne fait pas maigrir à court terme. Cependant, elle apporte rapidement une aide conséquente. En effet, elle permet d'augmenter les dépenses énergétiques, d'améliorer le fonctionnement de la plupart des organes, dont le cerveau. Parmi ses effets, on peut observer une amélioration de l’humeur et une régulation de l’appétit.

A l’inverse, le manque d'exercice physique, peut conduire à une hypercholestérolémie.

S’il y a peu de données disponibles sur l'action combinée des statines et de l'exercice physique sur la mortalité, il est reconnu que l’activité physique est essentielle y compris en cas d’excès de cholestérol et encore plus en cas d’excès de poids.

Quoiqu’il en soit, la lutte contre le cholestérol ne doit pas faire ignorer les autres facteurs de risque tels que  le mode de vie, l'alimentation de type occidental, la sédentarité...



Références :

Collectif d’auteurs non-précisé. (2011). Hypertension et cholestérol : Liaison dangereuse ! En ligne.

Haïat, R. (2012). Hypercholestérolémie : des statines mais aussi de l'exercice physique. Jounal international de médecine. n° du 06/12/2012.

Kokkinos, P.-F. & col. (2012). Interactive effects of fitness and statin treatment on mortality risk in veterans with dyslipidaemia : a cohort study. Lancet. En ligne.

Place du sport dans le traitement de l’hypertension artérielle. EMC Cardiologie-angéiologie. 2-4 : 431-435.Verdier, J.-C. (2005).