Les lésions musculaires

mis à jour le 22/03/2021

Etre mal informés au sujet des lésions musculaires peut amener à faire des choix risqués parfois regrettables pour les performances et pour l’intégrité physique du sportif. En effet, une lésion musculaire mal soignée peut entrainer des complications irréversibles.
- Quels sont les types de lésion musculaire ?
- Quelles sont les caractéristiques permettant d’évaluer la gravité d’une lésion musculaire ?
- Quelles sont les classifications des lésions musculaires ?


 

FICHIER INEXISTANT : 6

Par Oliver Degrenne et Rachid Ziane     

Etre mal informés au sujet des lésions musculaires peut amener à faire des choix risqués parfois regrettables pour les performances et pour l’intégrité physique du sportif. En effet, une lésion musculaire mal soignée peut entrainer des complications irréversibles.        

Les lésions

Elles sont communément présentées par ordre de gravité, avec des définitions plus ou moins précises et discutées

  1. La crampe : « Contraction involontaire, douloureuse et transitoire d'un muscle ou d'un groupe de muscles […] ». Maloine (1979) 
  2. La contracture : « Contraction prolongée et involontaire d'un ou de plusieurs muscles sans lésion de fibres musculaires, mais occasionnant des limites d'amplitude articulaire ». Blouin, Bergeron & al. (1995)
  3. La courbature : Microlésions musculaires suite à une sollicitation inhabituelle et traumatisante du muscle entrainant une douleur diffuse et retardée. 
  4. L'élongation :  « Dépassement des limites d'élasticité du muscle par allongement brutal de celui-ci, entraînant une douleur vive, soudaine et une impotence fonctionnelle modérée ». Xhardès & col. (1984)            
  5. La déchirure : Rupture de quelques fibres musculaires avec apparition d’un hématome intramusculaire.
  6. La rupture : Rupture de l’ensemble des fibres d’un muscle entrainant une douleur vive pouvant entraîner une syncope. En fonction de la localisation, il s’agira d’une rupture ou d’une désinsertion (si la blessure se situe au niveau de l’aponévrose).     

Mais ces définitions ne reposant pas sur les mêmes critères, les comparaisons et les classifications restent contestables. Ceci pourrait expliquer les confusions des entraîneurs et des sportifs à leur sujet : Il y a encore quelques années, on parlait de claquage plutôt que de déchirure. La déchirure était alors considérée comme la lésion musculaire la plus grave.

La terminologie évolue et les classifications sont de plus en plus fines.

La classification de Chanussot et Danowski (1999) :

Ces deux auteurs ont élaboré une classification des lésions musculaires selon les caractéristiques suivantes :

  1. leurs causes, intrinsèques ou extrinsèques
  2. la présence ou non de lesions anatomiques   


  

Cette classification permet de comprendre certains termes utilisés régulièrement en sport. Mais, cela ne permet pas de faire un premier diagnostic ni d’estimer la gravité de la blessure.

La classification du Durey et Rodineau (2001) :

Ces deux auteurs ont classé les lésions musculaires par stades de gravité. Cette classification comporte cinq stades (de 0 à 4). Elle caractérise les lésions, selon :

  • leur réversibilité,
  • le nombre de fibres musculaires lésées,
  • les dommages collatéraux.


  

Cette classification permet de hiérarchiser les différentes lésions musculaires. Cependant, elle n’en décrit pas les signes cliniques.  Seul le stade 3 évoque la « formation d'un hématome intramusculaire localisé ».

Si elle permet de comprendre un diagnostic, elle n’est pas d’une grande aide pour les entraîneurs qui chercheraient d’eux-mêmes à apprécier la gravité d’une blessure. En effet, il est difficile de savoir si une ou plusieurs fibres sont lésées sans procéder à des examens.

Rendre possible l’appréciation de la gravité d’une lésion musculaire par les entraîneurs incite à proposer une autre classification.

... Vers une nouvelle classification

Il s’agit de permettre aux entraîneurs :

  1. de caractériser la gravité d’une lésion musculaire au moment où elle leur est déclarée par le sportif,
  2. de prendre une décision relative à la reprise ou non de l’activité physique.
  3. de prescrire du repos voire d’inciter le sportif à consulter un médecin.

Pour cela le tableau suivant rassemble des indicateurs ou descripteurs précis relatifs aux lésions musculaires et propose des conduites à tenir. Les informations qui figurent dans ce tableau sont extraites de travaux scientifiques et médicaux.


  classification des lesions musculaires

Le descripteur "type de douleur" est fondé sur deux critères :

  • l'intensité de la douleur ressentie
  • la durée de cette douleur.   

Le descripteur "impotence fonctionnelle" est déterminant : il permet de  comprendre dans quel cas l’athlète peut ou ne peut pas mobiliser le membre lésé, donc reprendre ou non l’activité.


    

Conclusion

La classification proposée présente de façon synoptique les lésions musculaires afin d’inciter à l’arrêt en cas d’impotence fonctionnelle avérée et d’orienter le sportif vers un médecin.

En effet, « chez le sportif de haut niveau ou même chez le sportif occasionnel, le traumatisme musculaire peut poser encore des problèmes, non pas tant pour le diagnostic lui-même, mais davantage pour mesurer sa gravité. L'arrêt de l'activité sportive étant directement lié au degré de lésion musculaire, cela renforce l'intérêt d'un diagnostic lésionnel le plus précis possible, en particulier pour l'athlète de haut niveau […] La décision de reprise de l'entraînement est une question de bon sens. L'expérience montre que cette évidence n'est pas toujours respectée et que les règles de progression lente sont souvent transgressées ».

Références

Blouin, M, Bergeron, C. & al. (1995). Dictionnaire de la réadaptation, tome 1, Termes techniques d'évaluation. Les Publications du Québec.

Chanussot, J.-C. & Danowski, R.-G. (1999). Traumatologie du sport. Edition Masson.

Collectif d’auteurs non-précisés (1979). Dictionnaire de l'infirmière et aide-mémoire des principales connaissances professionnelles et techniques. Maloine éditeur.

De Labareyre, H. & Coll. (1998). Les traumatismes musculaires de la cuisse : Les lésions musculaires récentes. En ligne.

Durey, A. & Rodineau, J. (2001). Evaluation clinique et classification des lésions musculaires récentes. Profession kiné plus : Juillet- Août- Septembre.

Henry, L. (2006). Blessure et traumatismes du sportif : rôles du pharmacien d’officine. Thèse pour le diplôme de docteur en pharmacie. Université de Nancy.

Xhardez,  Y., Dacos, J.-P. & Van Bellinghen-Wathelet, C.  (1984). Vademecum de kinésithérapie et de rééducation fonctionnelle techniques, pathologie et indications de traitement pour le praticien. Maloine éditeur.