Conseil départemental

Lombalgie, abdominaux et renforcement du psoas, un défi à relever

mis à jour le 16/07/2014

La lombalgie est une des pathologies sportives les plus fréquentes. Elle se caractérise par des douleurs de la région lombaire. En effet, un sportif sur deux a déjà présenté des douleurs lombaires dans le cadre de sa pratique. Au delà de trois mois, la lombalgie devient chronique et constitue la deuxième cause de consultation chez le médecin et la troisième cause de demande d’invalidité.

Par Arnaud DELAFONTAINE, BEES karaté 2ème degré, Kinésithérapeute et Ostéopathe, Docteur en STAPS (Paris Sud), D.U. Préparation physique et musculation ; et Jérôme FRIGOUT, BEES karaté 2ème degré, Doctorant en STAPS (Paris 5 Descartes).

La lombalgie est une des pathologies sportives les plus fréquentes. Elle se caractérise par des douleurs de la région lombaire. En effet, un sportif sur deux a déjà présenté des douleurs lombaires dans le cadre de sa pratique. Au delà de trois mois, la lombalgie devient chronique et constitue la deuxième cause de consultation chez le médecin et la troisième cause de demande d’invalidité (Cherin & Jaeger, 2011).

Face à ce problème, la réponse est souvent de renforcer les abdominaux. Mais il n’est pas rare que le remède soit plus grave que le mal. Si en effet les exercices réalisés sollicitent le psoas, comme dans les fameux crunchs ou ciseaux de jambes, l’effet lordosant de la contraction de celui-ci amplifie les douleurs. Proposer des gainages ne mobilisant pas ce muscle élévateur du genou est alors une solution. Mais se retrouver avec des psoas atrophiés risque d’imposer des limites fonctionnelles dans de nombreux sports.
Dès lors, l’entraîneur doit trouver des alternatives pour à la fois prévenir la lombalgie et faire en sorte que le renforcement du psoas n’en soit pas la cause.

Le renforcement musculaire du caisson abdominal : un antidote ?

Les abdominaux s'insèrent sur la cage thoracique et le bassin. Ils ne peuvent faire que rapprocher ces deux éléments. Ils n’ont pas pour fonction d’opérer la flexion de la cuisse sur le buste. Une des conséquences de ce rapprochement est qu'il diminue la lordose lombaire. La protection du bas du dos et la prévention des lombalgies passent certainement par un réglage subtil des muscles permettant un placement à géométrie variable du bassin entre rétroversion et antéversion, inclinaisons latérales en fonction du mouvement à effectuer. De toute évidence, cela doit s’éduquer.


Figure 1 : Face antérieure de la région lombo-pelvienne (Fig. d’après Dufour, 1999)

Les grands droits, contribuent à replacer correctement le bassin dont ils remontent l'avant vers le haut (rétroversion), ce qui est intéressant car un bassin placé et fixé permet une bonne transmission de la force des jambes. En revanche, les muscles psoas (figure 1), s'insérant sur les vertèbres lombaires  et sur le fémur, permettent à la cuisse de se relever (flexion). Si les jambes sont fixes, ils tirent en avant les vertèbres lombaires accentuant la lordose. Notre problématique revient donc à réussir la démonstration qu’un gainage efficace empêchera l’action lordosante du psoas, tout en permettant la réalisation d’un geste technique d’une activité physique et sportive (APS).
 

 

Comment lier ce travail avec celui du renforcement des membres inférieurs ?

Nous présentons ici quelques exemples de situation de gainage du caisson abdominal en lien avec les points énoncés plus haut : comment permettre un gainage efficace qui résiste à l’action lordosante de la contraction du psoas ?

 

1) Éduquer la contraction du muscle transverse
 

Sur l’expiration, rentrer le ventre au maximum en cherchant à rapprocher le nombril de la colonne vertébrale, sans pour autant plaquer les lombaires au sol. Cela signera la capacité du sportif à dissocier la contraction du transverse et des grands droits, ce qui est loin d’être évident au début.
 

2) Renforcer les grands droits dans leur rôle stabilisateur du bassin

 

Dans la position d’appuis facial, ventre rentré et bassin en rétroversion, explorer des positions de gainage où les grands droits ont la force de résister au passage en lordose (le dos ne doit pas se creuser). Ici le sportif avance les mains tout en intensifiant la contraction du transverse et des grands droits pour résister à la lordose.
 

3) Renforcer le psoas et les abdominaux sur un dos verrouillé

Il s’agit ici de mobiliser la contraction du psoas en appuyant très fortement sur le genou tout en rentrant le ventre et en maintenant les lombaires plaquées au sol. Cela empêchera la déformation du bas du dos.

Dans le cadre de ces exemples de gainage à alterner avec des exercices de traitement de la force, il est aussi possible d’envisager, selon les besoins de la discipline pratiquée, des formes contrariées :

  • Travailler sur des appuis au sol instables (ballons, demi sphères, plateau d’équilibre…),
  • Travailler avec des charges, des élastiques, des sangles.
  • Supprimer certains sens (vue…),
  • Supprimer certains appuis en vue de faire travailler les chaînes musculaires croisées en synergie…

 

Conclusion

La prévention des lombalgies, si elle doit passer par un répertoire d’exercices à mettre impérativement en lien avec les coordinations de l’activité concernée, doit essentiellement être considérer comme une méthode complète de travail.

De la même façon, il est primordial de considérer d’emblée que les facteurs de santé et de longévité du pratiquant doivent nécessairement être articulés aux différents facteurs de la performance (bio informationnel, bio mécanique, bio anthropomorphique, bio énergétique, psychologique, tactique et stratégique).
 

Bibliographie

 

  • Cherin, P., & de Jaeger, C. (2011). La lombalgie chronique : actualités, prise en charge thérapeutique. Médecine & longévité, 3(3), 137-149
  • Dufour, M. (1999). Anatomie de l’appareil locomoteur-Tome 1 Membre inférieur. Masson
  • Dufour, M., & Pillu, M. (2005). Biomécanique fonctionnelle : Membres-Tête-Tronc. Masson