Conseil départemental

Séniors : Quelle(s) activité(s) physique(s) pour la santé ?

mis à jour le 13/08/2014

La plupart des fédérations sportives sont aujourd’hui invitées à multiplier les offres en matière de sport santé. Au-delà de la recherche de performance, toutes les structures, tous les clubs sont interpellés par cette problématique. De la même manière, l’élargissement du public accueilli doit conduire les entraîneurs et animateurs à ouvrir leurs connaissances et développer des compétences spécifiques à l’encadrement de nos ainés. L’allongement de l’espérance de vie soulève plusieurs questions de santé et de bien être, parmi lesquelles : Comment mieux vieillir ? Comment conserver son autonomie le plus longtemps possible ? Pratiquer une activité physique retarderait les effets du vieillissement et favoriserait le maintien de l’autonomie à condition que les contenus soient réellement adaptés. Les pistes présentées ici paraitront pour certains des évidences, et pourtant… !

Par Rachid Ziane

 

 

Vieillissement et pathologies

Le vieillissement s’accompagne d’une diminution des capacités motrices et intellectuelles, mais aussi la survenue de certaines maladies.

Chez les séniors, une visite médicale préalable à la reprise de l’activité physique est indispensable. Celle-ci doit comprendre une série de tests spécifiques pour que l’activité physique soit adaptée et ne devienne pas ainsi un facteur de risque. En effet, il y a des précautions à prendre, des exercices à éviter et des intensités à ne pas dépasser, par exemple en cas d’hypertension artérielle ou de maladie cardiovasculaire. Le suivi devra être d’autant plus régulier que les risques pour la santé sont connus et que l’âge est avancé.


 

Les pertes de fonctions  varient d’une personne à l’autre.

Les incapacités fonctionnelles des personnes âgées sont corrélées à une mortalité accrue, à un risque majoré de chutes… (Day & al. 2002 ; Gill & al. 2002).

 

Activités pour l’appareil cardiovasculaire et pulmonaire

Les seniors tirent un bénéfice certain à pratiquer régulièrement voire quotidiennement des exercices de réveil musculaire et d’activités aérobies d’intensité modérée variées telles que :

  • la marche à différentes allures,
  • le vélo, bien moins pénible et traumatisant au plan articulaire que la course à pied,
  • le cardio-training en salle de remise en forme (rameur, elliptique, vélo à bras…),
  • certains cours collectifs pour seniors (aquagym, gym douce, Pilate…).

 

Ces activités entretiennent la fonction cardiaque et le réseau sanguin retardant leur dégénérescence et augmentant la probabilité de survie, notamment chez les personnes atteintes de BCPO (bronchopneumopathie chronique obstructive).

 

Les activités de renforcement musculaire


Il s’agit de lutter contre la fonte musculaire (sarcopénie) et la baisse de force consécutive, à la fois pour conserver la motricité, retarder la dépendance mais aussi pour prévenir des chutes. 

La force du quadriceps, comme l’équilibre et la vision, est un facteur prédictif du risque de chute. C’est aussi un facteur prédictif de survie chez les personnes atteintes de BCPO.


 

Les activités physiques pour la souplesse et la coordination

La souplesse est entretenue essentiellement par :

  • des mouvements nécessitant une amplitude non-réduite,
  • des exercices d’étirements quotidiens

La coordination est sollicitée par des mouvements de complexité croissante notamment par le jeu.

 

Les activités physiques pour la proprioception et l’équilibre

La sensibilité proprioceptive qui est à l’origine de l’ajustement gestuel doit être stimulée :

  • par des exercices d’équilibre pour minimiser les risques de chute,
  • par des exercices associant la coordination gestuelle. 


 

Conclusion

Une activité physique régulière retarde les effets du vieillissement sur la motricité et la santé et e particulier le déclin fonctionnel. Cette activité devra stimuler modérément, l’appareil cardiovasculaire, la musculature en général, la souplesse et la coordination, la sensibilité proprioceptive et l’équilibre. Il ne s’agit ainsi pas de sport de compétition. Les activités choisies et le contenu des séances devront être spécifiques aux pathologies à prévenir (hypertension, maladies cardiovasculaires, surpoids ou obésité, diabète de type 2, arthrite, ostéoporose, dépression…).

Par exemple, la pratique du karaté comme loisir stimule diverses qualités physiques (force, vitesse, proprioception, coordination, équilibre, souplesse…), psychologiques (mémorisation, orientation…) et sociales.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ces conditions et selon l’OMS, les plus de 65 ans actifs “ont des marqueurs biologiques indiquant une prévention plus grande des maladies cardio-vasculaires et du diabète de type II, ainsi qu’une meilleure densité osseuse. Ils ont aussi une meilleure santé fonctionnelle, moins de risques de chute et des fonctions cognitives plus performantes ».

L’OMS fait la promotion de son programme "Active ageing (« Active ageing is the process of optimizing opportunities for health, participation and security in order to enhance quality of life as people age ». OMS (2002)A policy framework" (2002) ou "vieillissement actif" :  « Le vieillissement actif est le processus d'optimisation des possibilités de santé, de participation et de sécurité afin d'améliorer la qualité de vie pendant la vieillesse […] Le mot "actif" fait référence à la participation continue dans les affaires sociales, économiques, culturelles, spirituelles et civiques, et pas seulement la capacité à être physiquement actifs […]».

 

Références