2050 : partager la ressource en eau entre les différents usages

mis à jour le 23/03/2015

Les effets du dérèglement climatique sur la ressource en eau vont nécessairement avoir des conséquences sur la répartition de cette ressource entre divers usages. En dépit des incertitudes, il convient dès à présent d’anticiper un avenir où la rareté de l’eau obligera à prioriser les usages.



illustration Hélène Pouille - 12 février 2015

Le changement climatique est un phénomène à l’échelle planétaire, qui aura des effets différents en fonction des parties du globe.

La France se situe à la croisée du Nord de l’Europe, qui sera soumis à des précipitations plus importantes, et de l’espace méditerranéen, où la sécheresse s’accroîtra. Une marge d’incertitude existe sur l’éventail de futurs possibles pour notre pays. Cependant un certain nombre de travaux de prospective (Aqua 2030, Explore 2070…) aux niveaux national et régional permettent de dégager les tendances à horizon 2050 : la baisse du débit moyen annuel de 10 à 40%, et la rareté grandissante de l’eau sur l’ensemble de la métropole.

Différents programmes de recherche menés sur les 10 dernières années ont ainsi dégagé l’impact du changement climatique sur les ressources en eau du bassin versant de la Seine.

Ces impacts affecteront les usages de l’eau :

  • La baisse du niveau des nappes souterraines, d’environ 4 mètres en moyenne à horizon 2050, devra être prise en compte pour l’alimentation en eau potable, ainsi que pour l’irrigation des cultures, qui utilisent actuellement les captages. En période de sécheresse, les besoins en eau seraient plus importants, avec des réserves moins importantes.
  • L’augmentation de la température des eaux aura des conséquences sur la biodiversité aquatique ; à noter aussi l’utilisation de l’eau des rivières pour le refroidissement d’usines, ou de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ;
  • La baisse du niveau de la Seine en période d’étiage sera susceptible de créer des conflits entre différents usages : la Seine est un fleuve aux capacités relativement limitées au regard de l’importance des enjeux économiques et sociaux qui l’entourent. Sans le soutien d’étiage assuré par l’EPTB Seine-Grands Lacs, de nombreux usages ne seraient pas assurés. Il faut donc anticiper un étiage encore plus sévère. Pour en savoir plus
  • Les épisodes de pluies seraient moins fréquents, mais plus intenses, de type orages : en termes d’assainissement pluvial, ce volume plus conséquent d’eau de pluie risque d’accroître la pollution rejetée au milieu naturel si les réseaux s’avèrent insuffisants ; à l’inverse, entre les épisodes de pluie, la capacité de la rivière à diluer les polluants risque de s’amoindrir. Pour en savoir plus
  • Au niveau du risque d’inondation par débordement de cours d’eau : les projections ne montrent actuellement pas d’incidence sur la fréquence des crues et sur la vulnérabilité du territoire, du fait du changement climatique.

Il s’agit donc d’anticiper les conséquences du changement climatique au niveau de la ressource en eau, mais aussi au niveau des usagers, tout en prenant en compte les évolutions du territoire.

En effet, dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, des choix seraient à faire entre plusieurs usages. Les politiques doivent donc au plus tôt intégrer à la fois l’adaptation au changement climatique, pour tenter de réduire ces impacts et l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, pour réduire le phénomène. Pour en savoir plus

  • Le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique propose ainsi plusieurs mesures-phares, dans l’objectif de faire converger l’offre et la demande Pour en savoir plus 
  • Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Seine-Normandie est en cours de révision pour la période 2016-2021. Pour la première fois, l’enjeu du changement climatique est intégré de façon transversale dans ses différents volets. Pour en savoir plus

La COP21 qui se tiendra à Paris en décembre 2015 devra aboutir à l’adoption d’un premier accord universel et contraignant sur le climat pour maintenir la température globale en deçà de 2°C. C’est l’occasion pour tous les acteurs de se mobiliser afin d’intégrer dès à présent les enjeux du dérèglement climatique dans leurs politiques et leurs pratiques.