Conseil départemental

Adaptation des parcs départementaux au zéro phyto

mis à jour le 27/03/2019

La Direction des Espaces Verts et du Paysage (DEVP) du Conseil départemental du Val-de-Marne, a mené depuis plus de 10 ans une réflexion pour réduire, puis bannir l’usage des produits phytosanitaires dans les espaces publics dont elle a la charge dans l’objectif à terme de tendre vers le zéro phyto. Cet objectif est aujourd’hui atteint, grâce à une transition progressive et à un mode de gestion écologique. Mais il reste encore des surfaces difficiles à gérer en zéro phyto, comme les surfaces stabilisées. En effet, elles s’enherbent plus facilement en cas de non fréquentation. Comment s’y adapter ? Quelle gestion intégrée pour ces espaces ?

De la difficulté des surfaces stabilisées

La principale réflexion sur la conception des parcs liée à l’objectif « zéro phyto » a porté sur la diminution des surfaces stabilisées. Celles-ci constituent une part importante des surfaces minérales dans les parcs conçus après 1990. Elles participent à l’esprit parc urbain de par leur liberté d’usage, leur souplesse, leur esthétique. Elles avaient aussi pour intérêt leur perméabilité et un très faible coût de création et d’entretien du moins lorsque le coût environnemental n’était pas pris en compte.

Cet entretien consistait en 1 à 3 passages de désherbant et est devenu incompatible avec l’objectif zéro phyto défini en 2008.

Aucune alternative au désherbage chimique qu’elle soit pratiquée en régie ou par entreprise, n’a été jugée satisfaisante : le désherbage manuel consomme trop de temps. Le désherbage mécanique, lorsque le dessin des surfaces et leur accessibilité le permet, déstructure les surfaces et doit être suivi d’un damage. Les solutions thermiques ont d’autres coûts environnementaux et les machines ne sont pas adaptées aux formes irrégulières.

Faute de solution et comme dans nombre de collectivités, les surfaces stabilisées non désherbées chimiquement se sont enherbées. L’enherbement spontané n’est régulier que lorsque le piétinement est faible et que l’ombrage est homogène. L’enherbement est alors tondu avec une fréquence liée à un plan de gestion global.

Parc du plateau - placette des pendants (avant : 10.03.2011 / après : 09.09.2014)Parc du Plateau - rue de Bernau (avant : 10.03.2011 / après : 29.08.2017)Parc du plateau - belvédère (avant : 08.11.2010 / après : 29.08.2017)Parc du plateau - belvédère bas (avant : 10.03.2011 / après : 29.08.2017)

Ces conditions sont rarement réunies. Il faut recomposer l’espace en minimisant la partie minérale et en réorganisant une partie du mobilier.

Réaménager les espaces autrement

Il est également nécessaire pour assurer un enherbement régulier et résistant en été d’apporter de la terre végétale sur un fond décompacté. Ce terrassement est l’occasion de supprimer bordures, caniveaux et entourages d’arbres devenus inutiles.

A titre d’exemple, au parc départemental du Plateau (Champigny-sur-Marne) entre 2011 et 2015, plus de 8000m2 de stabilisé ont été enherbés ainsi que 2500m2 au parc départemental du Champ-Saint-Julien (Valenton) en 2015. Dans ces deux parcs, les arbres ont une maturité d’environ 25 ans et le dessin du sol devient secondaire par rapport à la végétation pour définir l’espace. Par ailleurs, les usages sont bien établis ce qui limite les risques d’erreur dans la définition des circulations à conserver.

En film : un exemple de gestion en zéro phyto : le Parc de la Plage bleue à Valenton
Pour voir comment après 10 ans de recherches et d’expérimentations « l’objectif zéro phyto est atteint dans les espaces verts gérés par le Département.