Dérèglement climatique : de quoi s’agit-il ?

Gaz à effet de serre, rapport du GIEC,… De quoi parle-t-on exactement ? Le point sur ces différents éléments pour tout comprendre sur le réchauffement climatique.



Evolutions projetées d'ici la fin du siècle selon un des scénarios du GIEC

L’effet de serre

Il s’agit d’un phénomène naturel à l’échelle planétaire : les gaz à effet de serre (GES) contenus dans l’atmosphère ont un rôle important dans la régulation du climat, en empêchant une part de l’énergie solaire (les rayonnements infrarouges) d’être renvoyée de la Terre vers l’espace. Grâce à lui, la température moyenne sur Terre est d’environ 15°C. Sans lui, elle serait de –18°C.

Les activités humaines provoquent artificiellement l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et, par conséquent, accentuent le réchauffement de notre planète.

Comment en est-on arrivé là ?

Plusieurs gaz participent à l’effet de serre (voir tableau ci-dessous), dont le dioxyde de carbone (CO2), qui, s’il a le plus faible pouvoir de réchauffement global et une durée de vie dans l’atmosphère limitée, représente à lui seul près des 2/3 des émissions mondiales.

Depuis la révolution industrielle au XIXème siècle, les émissions de CO2 dues aux activités humaines se sont multipliées, déréglant le processus de l’effet de serre et provoquant plusieurs impacts majeurs (augmentation de la température, fonte des glaciers, élévation du niveau des mers…) qui ont des conséquences sur les écosystèmes mais aussi sur nos sociétés humaines. Or ces émissions dues à l’homme ne cessent d’augmenter : en effet, si les pays dits « développés » ont historiquement  contribué aux dérèglements climatiques en cours, ils sont rattrapés par les pays dits « émergents », certains émettant autant de gaz à effet de serre par habitant que la France.

Les deux cartes ci-dessous permettent de comparer les émissions de GES par pays, et les zones qui sont les plus exposées aux effets du dérèglement climatique (définitions disponibles via ce lien). On  constate que les pays les plus vulnérables ne correspondent pas aux plus émetteurs.

Le GIEC, ou la synthèse des informations disponibles sur le dérèglement climatique

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) a été créé en 1988 par deux institutions des Nations Unies : l’organisation météorologique mondiale et le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Il compte actuellement 195 pays membres, soit la quasi-totalité des pays du monde.

Le GIEC a pour mission de rassembler, évaluer et synthétiser l’information scientifique disponible dans le monde entier. Ce n’est donc pas un laboratoire de recherche mais une instance d’expertise mise au service des décideurs du monde politique et économique à l’échelle planétaire.

Le GIEC ne fait pas de prévisions mais dégage clairement les éléments qui font consensus tout en identifiant les limites d’interprétation des résultats. Il participe ainsi à une meilleure compréhension des fondements scientifiques du changement climatique afin d’en tracer les conséquences prévisibles puis envisager des stratégies d’atténuation et d’adaptation pour les populations et les territoires.

Que dit le 5ème rapport du GIEC dont tout le monde parle ?

Le  GIEC produit une évaluation de l’état des connaissances les plus avancées par la publication de rapports à intervalles réguliers. Le 5ème Rapport du GIEC est composé de 3 volets correspondants aux productions des 3 groupes de travail spécialisés :

  • Volet I - éléments scientifiques : ensemble des informations issues des observations et mesures les plus récentes, d’archives paléoclimatiques, d’études théoriques des processus climatiques et de simulations à l’aide de modèles climatiques.
  • Volet II - impacts, adaptation et vulnérabilité : présentation détaillée des impacts du changement climatique à ce jour, les risques à venir et les possibilités d’intervention pour réduire les risques.
  • Volet III - atténuation du changement climatique : évaluation des aspects scientifiques, technologiques, environnementaux, économiques et sociaux de l’atténuation du changement climatique ; étude des options d’atténuation à différents niveaux de gouvernance et dans différents secteurs économiques.

Ce qu’il faut retenir sur l’état des changements climatiques :

  • Hausse des températures moyennes mondiales (continent et océan) :
    • +0,85°C entre 1885 et 2012 ;
    • +3,7 à 4,8°C à horizon 2100, comparé aux niveaux préindustriels sans efforts supplémentaires d’atténuation (fourchette médiane des scénarios). Quel que soit le scénario considéré, la hausse de la température dépassera probablement les 1,5°C à horizon 2100.
  • Augmentation du niveau moyen des mers :
    • + 19 cm entre 1901 et 2010
    • + 26 à 82 cm d’ici 2100 selon les scénarii
  • L’océan se réchauffe, s’acidifie et perd de l’oxygène :
    • -0,1 unité de pH depuis le début de l’ère industrielle
    • -0,06 à -0,32 unités de pH d’ici 2100
    • entre 1971 et 2010, plus de 60% de l’augmentation nette d’énergie absorbée par le système climatique a été emmagasinée dans l’océan superficiel (0-700m) et 30% dans l’océan en dessous de 700m.

Les objectifs fixés par le GIEC pour limiter les dérèglements climatiques visent à limiter la hausse des températures moyennes à la surface de la terre à +2°C, jugeant qu’une élévation supérieure de la température aurait des impacts dévastateurs et irréversibles.