Conseil départemental

Des pesticides dans les rivières

mis à jour le 11/12/2017

Les pesticides (insecticides, raticides, fongicides, herbicides) sont des substances chimiques utilisées pour lutter contre des organismes considérés nuisibles pour les cultures et l'homme (insectes, rongeurs, champignons, herbes indésirables). Lorsque ces substances sont pulvérisées à proximité de points d'eau ou sur des sols imperméables, elles peuvent avoir des conséquences néfastes pour la vie aquatique (mortalité, maladies, perte de biodiversité), mais aussi pour la qualité de l'eau potable (toxicité). C'est pourquoi leur usage est très encadré et que des suivis sont effectués régulièrement, en particulier depuis l'adoption de la Directive Cadre européenne sur l'Eau (DCE) de 2000 qui fixe un objectif de bon état des eaux pour tous les pays membres de l'Union européenne.

Une contamination par ruissellement, infiltration ou par les nappes phréatiques


Le Réveillon à Villecresnes/copyright Eric Legrand

La France est un des 1ers pays consommateurs de pesticides en Europe. Les suivis réglementaires ont ainsi mis en évidence une présence généralisée de ces substances dans les eaux des rivières. Les contaminations peuvent se faire par ruissellement de l’eau lors des pluies, puis infiltration mais également par interaction entre les nappes phréatiques et les cours d’eau où des échanges ont lieu en permanence. A titre d’exemple, une partie des eaux des rivières provient des sources des nappes d’eaux souterraines superficielles, donc vulnérables à l’image des petits cours d’eau val-de-marnais alimentés par des sources de la nappe des calcaires de Brie dont la qualité est fortement dégradée. Inversement les nappes peuvent être en partie alimentées par des infiltrations des eaux de surface : c’est le cas de l’Yerres et de ses affluents dans les secteurs où la couche de terrain imperméable est érodée et dans les zones de présence de gouffres ; la qualité de la nappe des calcaires de Champigny est alors directement impactée par la pollution des cours d’eau.

Et dans le Val-de-Marne ?

Dans le Val-de-Marne, des pesticides utilisés en zones agricole et urbaine sont ainsi retrouvés chaque année en quantité non négligeable sur la quasi-totalité des cours d’eau du département. Les conséquences sont une dégradation de la qualité des eaux qui met en danger la faune et la flore, ainsi qu’un frein à l’atteinte de l’objectif de bon état fixé par les normes européennes (voir carte ci-dessous).


Contamination des cours d’eau par les pesticides à Paris proche couronne entre 2008 et 2013 (Données : DRIEE Ile-de-France)

Une amélioration de la qualité des eaux sur le long therme

Malgré l’évolution récente des pratiques, impulsée par des dispositifs tels que le plan Ecophyto II (réduction de l’usage des pesticides de 50% à l’échéance 2025) ou la Loi Labbé (interdiction de l’utilisation de produits phytosanitaires pour l’ensemble des structures publiques depuis le 1er janvier 2017), l’amélioration de la qualité des eaux vis-à-vis des pesticides se fait sur un long terme.


Prélèvement d'eau DSEA "test de baignabilité" dans la Marne à Charenton /copyright Michael Lumbroso

En témoigne la relative stabilité de la qualité moyenne de la Seine parisienne amont sur les cinq années de programmation du Contrat de bassin 2012-2016 malgré les efforts déployés par les signataires en vue de réduire et/ou supprimer leur emploi sur le territoire : acquisition de matériel alternatif, mise en place des plans de gestion différenciée des espaces verts et urbains, sensibilisation des professionnels et particuliers, etc… Cette nécessaire amélioration implique également de supprimer leur utilisation sur l’ensemble des espaces, y compris privés. C’est pourquoi à partir du 1er janvier 2019, l'interdiction qui touche les structures publiques sera étendue aux particuliers qui ne peuvent déjà plus acheter ces produis en libre-accès depuis le 1er janvier 2017.