Conseil départemental

L’accès à l’eau et à l’assainissement : l’affaire de tous

mis à jour le 26/11/2015

Ce droit universel consacré par les Nations Unies est primordial dans la lutte contre la pauvreté car il est une étape essentielle pour d’autres objectifs concernant la santé, l’éducation, l’égalité femmes-hommes et la préservation de l’environnement.


Accès à l'eau potable dans le monde (Rapport de l'Assemblée nationale sur la géopolitique de l'eau - 2011)

Situation dans le monde

Le non-accès à l’eau potable et à l’assainissement est une réalité importante qui accompagne les situations de pauvreté dans le monde. Des disparités existent entre pays, entre zones rurales et zones urbaines, et dans les villes, entre le centre et la périphérie. Cependant quelques chiffres issus du rapport d’information de l’Assemblée nationale sur la Géopolitique de l’eau (décembre 2011 – voir 10 chiffres clés) exposent l’urgence de la situation mondiale :

- Pour l’Organisation Mondiale de la Santé, un individu a accès à l’eau potable lorsqu’il peut puiser une eau qui répond à des normes microbiologiques, physiques et chimiques précises, sans risque pour sa santé, à moins de 200 mètres de chez lui. Or 900 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, provoquant 6% des décès dans le monde ; 2,9 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau courante chez eux et se fournissent à un puits.

- L’accès à l’assainissement correspond par ailleurs à la présence d’infrastructures « permettant d’éviter le contact humain avec les excréta ». Plus d’un tiers de l’humanité vit dans un environnement insalubre, sans évacuation des eaux usées, ce qui crée un environnement propice aux maladies (choléra, paludisme…).

Au-delà des problèmes sanitaires induits par cette situation, il faut aussi se rendre compte des conséquences indirectes aux niveaux sociaux et économiques : lorsqu’un puits se trouve loin des habitations, ce sont les femmes et les enfants qui sont mobilisés pour « la corvée d’eau », ce qui réduit de fait le nombre de filles ayant accès à l’éducation. Au niveau agricole, les habitants ont besoin d’eau à proximité pour arroser leur parcelle.

C’est pourquoi les actions solidaires permettant un meilleur accès à l’eau et à l’assainissement sont souvent complétées spontanément d’objectifs permettant une meilleure rentabilité agricole, ou bien une plus grande indépendance des femmes. Exemples d'actions menées dans le monde associatif

Des Objectifs du Millénaire aux Objectifs du Développement Durable : une prise de conscience de l’urgence dans le domaine de l’eau

En 2000, Les Nations Unies ont adopté la Déclaration du Millénaire avec huit objectifs à atteindre en 2015, recouvrant de grands enjeux humanitaires. L’accès à l’eau et à l’assainissement était une des cibles comprises dans l’objectif n°7 « Assurer un environnement humain durable ». Cependant, la prise de conscience de l’urgence à agir dans le domaine de l’eau a rapidement progressé, menant à la consécration du droit d’accès à l’eau potable et à l’assainissement par l’assemblée générale de l’ONU dans une résolution du 28 juillet 2010.

En 2015, les Nations-Unies ont fait le bilan du parcours réalisé et défini 17 nouveaux « Objectifs du développement durable » (ODD) pour la période 2015-2030.La situation en matière d’eau et d’assainissement demeurant médiocre à l’échelle de la planète, les ODD en font un objectif à part entière. Il s’agit de l’ODD n°6 pour un accès universel équitable abordable à l'eau potable, et un accès universel équitable abordable à des services d'assainissement et d'hygiène adéquats.

Cadre juridique en France

En France, au niveau national, l’Agence Française de Développement accorde des prêts et des aides aux pays en développement (Pour en savoir plus sur les outils et financements). Au niveau des collectivités locales, l’aide au développement en matière d’eau et d’assainissement est rendue possible par trois lois :

- La loi Thiollière du 2 février 2007 relative à la coopération internationale des collectivités leur permet de conclure des conventions avec des autorités locales étrangères pour mener des actions de coopération ou d’aide au développement, ou bien, si l’urgence le justifie, de financer des actions à caractère humanitaire.

- La loi Oudin-Santini du 27 janvier 2005 relative à l'eau potable et à l'assainissement en coopération décentralisée permet aux communes, aux établissements publics de coopération intercommunale, aux syndicats mixtes chargés des services publics d’eau potable et d’assainissement ainsi qu’aux agences de l’eau d’affecter jusqu’à 1% de leur budget à des actions de solidarité internationale, des actions d’aide d’urgence et des actions de coopération décentralisée dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

- Plus récemment, la loi du 7 juillet 2014 d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale crée une compétence spécifique et sécurise l’ensemble des actions extérieures des collectivités (coopération décentralisée, aide au développement, aide humanitaire d’urgence).


Accès à l'assainissement dans le monde (Rapport de l'Assemblée nationale sur la géopolitique de l'eau - 2011)