Conseil départemental

Le dérèglement climatique : quels impacts en Val-de-Marne ?

mis à jour le 23/03/2015

Si les conséquences du changement climatique à l’échelle mondiale sont multiples et assez bien documentées grâce aux travaux de synthèse du GIEC, l’exercice est plus complexe à l’échelle locale et reste soumis à de larges incertitudes.

En effet, les modèles climatiques régionaux sont moins performants pour simuler les températures, car les caractéristiques locales, telles que la densité du bâti, sont très complexes à intégrer. Le Conseil général s’est cependant saisi de cette question et a souhaité étudier les données climatiques passées afin d’identifier les évolutions déjà constatées et d’identifier la vulnérabilité du territoire et de l’institution départementale au dérèglement climatique.

Données sur le climat passé dans le Val-de-Marne :

Les données recueillies auprès de la station météo de Saint-Maur-des-Fossés montrent que les moyennes annuelles des températures minimales et maximales ont augmenté de plus de 1,5°C entre 1954 et 2009. Le nombre annuel de jours de gel a lui aussi diminué de façon significative au cours des 30 dernières années : - 0,542 jours/an.

Il est cependant difficile d’établir un lien direct avec le dérèglement climatique car le territoire a connu, sur cette période, une forte urbanisation, renforçant l’effet d’îlot de chaleur urbain (voir encadré sur définitions).

Éléments sur l’évolution climatique et la vulnérabilité du territoire val-de-marnais :

Les simulations climatiques prévoient, pour l’Ile-de-France, une augmentation significative des températures estivales (+2°C d’ici à 2030 et +5,5 °C à l’horizon 2050 pour les moyennes maximales quotidiennes) mais aussi hivernales (+1,5°C pour les moyennes minimales quotidiennes d’ici 2030).

  • Le nombre de jours secs consécutifs devrait passer de 18 à 20 jours en 2030 puis à 23 jours en 2050, les périodes de sécheresse seront donc plus fréquentes.
  • Les vagues de chaleur seront également plus fréquentes, et en moyenne, le nombre de jours de gel diminuera (jusqu’à -30 % d’ici 2030). Pour autant, cette tendance globale ne signifie pas que les aléas climatiques disparaitront : des périodes de froid intense pourront se produire.

Les phénomènes d’îlots de chaleur urbains devraient donc s’étendre et s’intensifier, participant à la diminution de l’humidité et des précipitations en période hivernale et favorisant l’apparition d’épisodes orageux.

Bien que les modèles soient incertains en la matière, des précipitations moins fréquentes mais plus concentrées sont communément attendues ce qui signifie :

  • un risque croissant d’inondation par ruissellement des eaux sur notre territoire déjà sensible à ce phénomène (26 communes val-de-marnaises sont concernées par un plan de prévention des risques inondation par ruissellement et coulées de boue) ;
  • un effet incertain sur les inondations par crue de la Seine et de la Marne ;
  • un risque accru d’inondation de type torrentielle des petits cours d’eau (comme le
Morbras ou le Réveillon) qui résulte d’épisodes de fortes précipitations ;
  • une augmentation du risque de retrait-gonflement des argiles, sachant que 28% du territoire est en zone d’aléa moyen à fort.

Au regard de ces conséquences attendues, la ressource en eau se trouverait fragilisée :

Le territoire serait confronté à des problématiques de disponibilité (baisse de la pluviométrie et allongement des périodes de sécheresse) mais aussi de qualité de cette ressource (prolifération d’algues, moindre dilution des pollutions lors des périodes de sécheresse prolongée où les cours d’eau atteignent des niveaux plus bas ...). Cela aurait notamment un impact sur la gestion des cours d’eau, l’assainissement et la biodiversité.

La mobilisation de tous les acteurs étant nécessaire, le Département du Val-de-Marne a invité tous les acteurs du territoire à une réflexion sur les leviers, les actions et projets locaux permettant de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, lors d’une conférence le 12 février 2015. En vue de la COP21 fin 2015, il propose de poursuivre la mobilisation à travers un questionnaire, que vous pouvez télécharger ici.

Pour en savoir plus : vidéo réalisée par l'ARENE sur l'eau et le changement climatique (3,41 min)