Conseil départemental

Les associations, acteurs majeurs de la solidarité internationale

mis à jour le 26/11/2015

De nombreuses associations val-de-marnaises s’engagent en matière de solidarité internationale afin d’apporter leur aide aux pays qui en ont besoin. Cependant la bonne volonté doit se doubler de réseaux et de soutiens financiers pour qu’un projet aboutisse à des résultats concrets.

A l’étranger : une connaissance privilégiée des habitants, de leurs usages et de leurs besoins


Madagascar - Puiser de l'eau au puits (photo Association DELFINA)

Lorsque Delphine Da Costa découvre l’Afrique, elle est touché par la pauvreté des habitants qu’elle rencontre et décide de créer l’association « DELFINA » au Plessis-Trévise en 2012. Elle monte aujourd’hui un projet qui vise à créer un réseau d’adduction en eau potable dans une communauté rurale de Madagascar, Andohanimasina, qui regroupe 450 habitants, à 30 kilomètres au nord d’Antananarivo. Il s’agit de construire deux puits, un réservoir de stockage, des bornes-fontaines, et un point d’eau dans l’école, afin que les femmes n’aient plus à marcher des kilomètres pour aller chercher l’eau essentielle à leur habitation. Cette initiative procède d’une démarche commune : favoriser le développement durable afin de respecter l’environnement, notamment avec des bornes fontaines et le lave-main pour l’école, et d’une pompe solaire, afin de minimiser les charges de fonctionnement de la station.

Pour en savoir plus : site de l’association DELFINA

Pour monter un tel projet, il faut avant tout bien connaître les spécificités du terrain et impliquer à la fois la population et les autorités locales, afin qu’elles accompagnent le projet et assurent sa continuité une fois le travail de l’association terminé. L’association « PAN - Projet Africain », située à Sucy-en-Brie, agit ainsi depuis 18 ans au profit du village d’Haricouka au Niger. En 2006, un puits a été foré grâce à l’association, pour permettre aux écoliers de boire de l’eau potable et de se laver les mains. C’est une entreprise locale qui a étudié le meilleur emplacement pour le forage, à proximité de l’école, et réalisé les travaux. Aujourd’hui, le service nigérien des eaux assure l’entretien et la maintenance de la pompe pour garantir son fonctionnement de façon pérenne.

Pour en savoir plus: site de l’association PAN-Projet Africain


Le puits mis en oeuvre par un élève de l'école (Niger - Association PAN)

La réalisation de puits est un objectif qui revient très souvent pour les associations de solidarité internationale. Car l’accès à l’eau et à l’assainissement est un pré-requis indispensable dans la lutte contre la pauvreté et la promotion de l’éducation et de la santé : en 2007, l’association PAN a ainsi créé un jardin pédagogique autour du puits afin que les écoliers apprennent à planter et à arroser dans une région aride.

Autre exemple : l’association Nénétouti qui depuis Villejuif développe des projets pour aider les femmes sénégalaises à gagner en autonomie : en 2014, deux puits ont été creusés à Falhok, dans la région de Malikunda, permettant d’assurer les besoins de 70 familles. Une formation au microjardinage a ensuite permis à l’été 2014 d’apprendre aux femmes à cultiver (arachides, gombo…) pour leur usage personnel.

Pour en savoir plus: site de l’association NENETOUTI

     

En France : convaincre et chercher des financements

Lors de la « Matinale du Monde » réalisée conjointement par le service Proj’aide et le Service des Relations Internationales le 9 octobre 2015 sur le thème « Financer son projet de solidarité internationale », les associations val-de-marnaises ont pu exprimer leurs difficultés à trouver en France les moyens de réaliser là-bas des projets apportant un réel bénéfice aux habitants. Face à des situations parfois dramatiques, les associations veulent en effet agir le plus rapidement, mais doivent réussir le grand écart entre les procédures administratives des financeurs français (Agence Française de Développement, Collectivités locales, Agence de l’Eau Seine-Normandie…), qui demandent du temps et de l’énergie, et la situation économique et politique de pays où le droit n’est pas toujours respecté.


Création d'un jardin pédagogique en janvier 2008 (Niger - Association PAN)

- Contrairement aux actions humanitaires, où il s’agit d’intervenir en période de crise, monter un projet de solidarité internationale ne peut pas se faire dans l’urgence, car il est nécessaire d’impliquer les habitants et les autorités afin de le rendre pérenne.

- L’association doit ainsi recruter des adhérents bénévoles suffisamment nombreux pour assurer les multiples tâches à réaliser, car il est difficile pour une seule personne, qui a souvent par ailleurs une profession, de pouvoir à la fois compléter des dossiers de subventions en France et étudier le projet sur le terrain.

- Les coûts annexes à celui du projet doivent être intégrés : papier, internet, billets d’avion, transport des outils dans le pays bénéficiaire, en songeant aux visas et aux douanes qui peuvent parfois unilatéralement empêcher l’entrée dans le pays ou s’approprier des paquets. En fonction du pays, du projet, les difficultés ne sont pas toujours simples à résoudre !

- Enfin, beaucoup d’associations assurent un lien entre les deux pays à travers des actions à la fois là-bas (réalisation d’un puits) et ici (vente d’artisanat, organisation d’un voyage), qui permettent de faciliter les échanges interculturels et la connaissance d’autres horizons de part et d’autre des frontières.