Conseil départemental

Les enjeux de l'eau dans le monde

mis à jour le 26/11/2015

C’est la présence de l’eau sur la planète Terre qui a permis le développement d’organismes biologiques. Sans eau, pas de vie : la disponibilité de l’eau est ainsi indispensable à nos besoins vitaux mais aussi au fonctionnement de nos sociétés.

Le cycle de l’eau au niveau mondial…

Notre planète « bleue » est justement nommée car 75% de sa surface est recouverte d’eau. Cependant l’eau douce représente moins de 3% de cette abondante ressource, dont 70% sont piégés dans les glaciers (chiffres 2011). De ce fait, moins d’1% du stock d’eau est accessible pour nos besoins, sous forme de cours d’eau et de nappes souterraines.

Grâce au cycle naturel de l’eau, ce stock d’eau est constamment renouvelé. L’évaporation continue des océans se transforme en précipitations au-dessus des continents, qui approvisionnent les cours d’eau et nappes souterraines. Ce stock d’eau stable et renouvelable conditionne à la fois les réserves en eau disponible et la préservation des écosystèmes biologiques (zones humides, forêt).

Obéissant à des logiques de niveau planétaire, le cycle de l’eau – dont dépendent nos sociétés – ne peut ainsi être appréhendé uniquement de façon locale ou nationale, car des variations pluviométriques dans une région du monde peuvent avoir des conséquences sur une autre, et obliger les populations à s’adapter à de nouvelles conditions telles que sécheresses ou au contraire inondations.


La disponibilité de la ressource en eau (Rapport Assemblée nationale sur la géopolitique de l'eau- 2011)

… génère une répartition et une disponibilité de l’eau sur la planète…

Ce stock d’eau est suffisant pour satisfaire les besoins d’une population mondiale de 7 milliards d’habitants, malheureusement il est inégalement réparti sur la planète, en fonction des fluctuations climatiques qui créent des conditions de pluviométrie et d’évaporation différentes sur les régions du monde. De ce fait, certains pays disposent de réserves d’eau importantes (Canada, Chine, Brésil, Inde, Russie, Indonésie, Etats-Unis…) au contraire d’autres (Niger, Syrie, Palestine…) qui se trouvent en zone aride ou semi-aride. Les variations climatiques spécifiques à chaque bassin versant compliquent cette répartition : les pays du Sahel doivent composer avec des cycles d’années sèches suivis de cycles d’années humides, ce qui peut transformer leur situation hydrique d’une période à l’autre. Autre exemple : l’Inde qui possède d’importantes ressources en eau doit s’adapter à des saisons trop marquées, avec des sécheresses importantes suivies d’importantes précipitations lors des moussons : le sol trop sec ne peut absorber les volumes conséquents d’eau qui s’abattent brutalement ; ceux-ci ruissellent sur le sol au lieu de l’imprégner et d’alimenter les nappes phréatiques, et provoquent des inondations.

Le dérèglement climatique actuellement observé va accentuer la distribution inégale de l’eau sur la planète : précipitations plus importantes dans les zones tempérées, sécheresses plus accentuées dans les zones arides, montée du niveau des mers, inondations plus fréquentes et violentes sur l’Asie des moussons, fonte accélérée des glaciers alpins qui n’alimenteront plus les fleuves au printemps, etc. Même si ces projections sont à appréhender avec précaution, du fait des fortes incertitudes qui subsistent, les effets du changement climatique se font déjà sentir, et s’y adapter doit être une priorité pour tous.

Pour en savoir plus:

- carte visualisant les effets du réchauffement climatique sur l'eau;

- lettre d’information du Plan bleu sur l’eau et le dérèglement climatique

…qui dépendent aussi des usages de l’eau et des moyens étatiques

La répartition naturelle de l’eau sur la planète ne suffit pas à expliquer pourquoi certains pays ont des difficultés d’approvisionnement en eau :

- La population humaine est aussi inégalement répartie : l’Asie dispose de 30% des ressources d’eau disponibles, mais concentre aussi 60% de la population du globe terrestre, alors que l’Amazonie possède 15% de ces ressources pour seulement 0,3% de la population mondiale. Voir carte sur la disponibilité en eau douce par habitant dans chaque Etat (ci-dessous)

- Les Etats ne disposent pas des mêmes moyens financiers et techniques pour mobiliser la ressource : cela nécessite des investissements conséquents pour réaliser les infrastructures qui permettront l’alimentation d’une eau potable de qualité suffisante, mais aussi l’assainissement des eaux usées afin d’éviter la propagation de maladies et la pollution des ressources aquatiques. Certaines régions du monde souffrent ainsi de problèmes hydriques alors que la ressource en eau est abondante : c’est le cas de la République démocratique du Congo qui abrite le deuxième plus grand fleuve du monde mais où seuls 2% de la population ont accès à une eau de qualité satisfaisante. Les problèmes de disponibilité de l’eau reflètent ainsi le fossé entre pays pauvres et pays riches.

- Autre problème lié à ces défauts d’infrastructures : la pollution générée par les activités humaines qui réduit davantage la ressource en eau disponible. Les besoins en eau ne se limitent en effet pas à l’accès en eau potable et à l’assainissement, bien que ceux-ci soient prioritaires et déjà problématiques. L’eau est utilisée pour se nourrir, se chauffer, se déplacer : 70% des usages de l’eau concernent ainsi l’agriculture, 20% la production industrielle et énergétique, et 10% la consommation domestique. Là aussi, des écarts importants sont visibles dans le monde suivant la richesse des pays et leur capacité à mobiliser la ressource pour les besoins socio-économiques.

A consulter : la carte des usages de l'eau dans le monde

L’augmentation de la population mondiale accroît le problème de la disponibilité de l’eau : celle-ci a triplé entre 1950 et 2011, et atteint aujourd’hui plus de sept milliards d’habitants. Elle entraîne une consommation accrue de l’eau pour tous les usages, et s’accompagne d’une urbanisation croissante non contrôlée. L’OCDE prévoit ainsi que la population urbaine représentera 65% de la population mondiale en 2050. Or, la ville en concentrant les masses oblige à installer des infrastructures pérennes d’alimentation en eau potable et en assainissement, pour éviter le développement et la propagation de maladies dues à l’insalubrité. Tous les pays n’ont pas nécessairement les moyens d’accompagner ces évolutions. C’est pourquoi ils développent des stratégies différentes pour assurer leurs besoins, parfois de façon concurrente, ce qui provoque des « guerres de l’eau ».

Tensions géopolitiques dues à la rareté de l’eau, propagation plus rapide des maladies, problèmes d’approvisionnement en eau pour des populations de plus en plus nombreuses et urbaines : dans un monde globalisé et interconnecté, et a fortiori dans le domaine de l’eau qui obéit à des logiques planétaires, il est indispensable de développer une solidarité internationale.


Indice de pauvreté en eau des Etats en 2002 (Rapport Assemblée nationale sur la géopolitique de l'eau- 2011)