Conseil départemental

Une réflexion sur l’impact environnemental des pratiques horticoles

mis à jour le 11/12/2017

Le service des parcs et jardins de la ville de Créteil, soucieux de l’exposition du public et des jardiniers applicateurs aux produits phytosanitaires a anticipé le durcissement de la législation.

Cela s’est d’abord traduit dès 2006 par le bannissement des produits ayant un profil environnemental très défavorable (pictogramme « tête de mort ») et par une volonté de réduction d’utilisation avec pour objectif « zéro phytosanitaire » dans les espaces verts, sauf les espaces dits à contraintes : les cimetière et les terrains de sports.

Depuis l’année 2007, le service des parcs et jardins de la ville de Créteil a mené une réflexion sur l’impact environnemental de ses pratiques horticoles.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la politique de développement durable mise en avant par le maire de la ville. Comme toute activité humaine, l’entretien des espaces verts (tontes, traitements phytosanitaires …) a également une action sur l’environnement et la biodiversité, à savoir « l’empreinte écologique ».

Depuis 2008, cette orientation municipale concerne des domaines tels que : 

  • la réduction de l'utilisation des engrais et produits phytosanitaires chimiques, 
  • le développement de méthodes alternatives de désherbage,
  • le paillage des massifs d'arbustes et des massifs floraux,
  • la végétalisation des pieds d’arbres,
  • la transformation des aires sablées en pelouses,
  • le développement des plantes vivaces, moins gourmandes en eau, pour l'ornementation des espaces verts,
  • l'espacement des tontes dans les zones moins fréquentées par le public, pour favoriser la biodiversité,
  • l’achat de matériel spécifique : désherbeurs thermiques, faucheuse, tondeuses de type « mulching » qui recyclent les tontes de gazon,
  • l’utilisation de la lutte biologique avec les insectes auxiliaires : lâchers de larves de coccinelles contre les pucerons.

Une gestion diversifiée, contribuant à la qualité des espaces verts des cristoliens, et à la quête d'une nature authentique !

Des changements de pratiques en interne

Pour s'approprier ces nouvelles méthodes, les responsables d'équipes suivent des formations spécifiques. Peu à peu certains produits phytosanitaires sont remplacés par des produits dits de bio-contrôle. En signant en 2009 la Charte proposée par la Région Île-de-France, Créteil a renouvelé son engagement en faveur de la biodiversité et des milieux naturels.

Les résultats des méthodes de désherbages alternatives

La suppression de l’utilisation des produits chimiques de désherbage dans la gestion des espaces verts cristoliens a nécessité réflexion et expérimentation sur les méthodes de désherbages alternatives à disposition. Le constat a été fait qu’on ne peut obtenir un résultat similaire à la situation antérieure qui était proche de « l’asepsie » et de l’éradication des plantes dites «indésirables», qui peuvent être gênantes à certains endroits et pas à d’autres. Dans certaines zones le résultat n’est pas satisfaisant et il y a encore des marges de progressions, ainsi, la réflexion continue, notamment par la constitution d’un groupe de travail sur le désherbage avec pour objectif d’améliorer l’efficacité des pratiques (diagnostic, évaluation des méthodes alternatives, création d’un plan de désherbage). Les enjeux environnementaux conduisent à penser que l’acceptation d’un certain taux d’enherbement est inévitable.

La végétation rase est globalement mieux tolérée du public contrairement à la végétation haute perçue comme une gêne potentielle à la circulation tout en véhiculant une « image d’abandon ».


Végétation spontanée acceptable en pied d’arbre, cette plante d’apparence assez banale est la renouée des oiseaux, elle est très utile pour la biodiversité notamment pour les oiseaux, pour le moineau domestique espèce protégée en voie de régression qui se nourrit des graines.

Une acceptation du public sera plus difficile et longue à obtenir sur les espaces dits «à contraintes»

Les cimetières : lieux de recueillement particulièrement sensibles dans lesquels le développement de la végétation spontanée même rase est associé au «désordre ». Ce qui n’est pas le cas pour d’autres pays qui ont des cimetières entièrement végétalisés… (Pays nordiques par exemple).

La végétalisation ne peut que passer par des réaménagements paysagers et surtout de la pédagogie associée à une solide communication.

Les terrains de sport : Les pistes d’athlétismes doivent être exemptes de végétation, mais surtout les gazons des terrains de foot ne doivent contenir que des graminées sélectionnées, ainsi le moindre brin de trèfle ou pied de pâquerette est encore chassé et détruit par l’usage de désherbant sélectif. Les pieds des joueurs ne doivent fouler que des graminées, à défaut, ne risquent-ils pas de glisser sur un trèfle, même à quatre feuilles ? Les graminées doivent rester en bonne santé, exemptes de maladies cryptogamiques, la rouille une maladie bénigne n’est pas tolérée, les terrains reçoivent des pulvérisations régulières de fongicides en préventif et en curatif. Dans les espaces à contraintes, des efforts de réduction et de consommations raisonnées sont engagés.