Conseil départemental

Utiliser l'eau de pluie, c'est possible

mis à jour le 20/05/2020

Habitant, entreprise, association ou collectivité publique… l’idée de récupérer l’eau de pluie peut s’avérer un véritable atout. Pour arroser, par exemple, et ainsi économiser de l’eau potable et réduire ses dépenses.
En fonction du volume stocké et de l’usage considéré, un certain nombre d’éléments techniques et réglementaires sont à prendre en compte.


Bacs de récupération d'eau de pluie pour le jardin partagé de l'association Gentil'Jardin, à Gentilly

Pourquoi utiliser l’eau de pluie ?

  • Utiliser les eaux de pluie permet d’économiser la consommation d’eau potable, et donc de réduire la facture d’eau ;
  • Récupérer l’eau de pluie, pour la stocker en vue d’une réutilisation, contribue à la gestion des eaux de pluie à la source : en arrosant un jardin, la pluie retourne à la terre, et reprend sa place dans le cycle naturel de l’eau.
  • Dans le cas où l’eau de pluie est récupérée pour alimenter la chasse d’eau des toilettes par exemple, ou bien pour nettoyer les sols, ou la voirie, elle est ensuite envoyée vers les réseaux d’assainissement (égouts) pour être nettoyée. Cela permet de ne pas utiliser d’eau potable, ce qui soulage les réseaux d’assainissement, qui sinon auraient dû collecter l’eau potable utilisée pour le nettoyage ET les eaux de pluie.

Parfois, l’utilisation des eaux de pluie est associée à des techniques alternatives de gestion des eaux pluviales, visant à réduire le risque d’inondation par débordement de réseaux. Cela est possible, mais il faut distinguer l’objectif d’utilisation des eaux de pluie de celui de prévention des inondations : dans le premier cas, le bassin doit être au maximum rempli d’eau, prête à l’usage, alors que dans le second, le bassin doit être vide, prêt à collecter l’eau de pluie dès qu’il pleut.

Pour en savoir plus sur la gestion à la parcelle

Les enseignements des acteurs de terrain

De nombreux acteurs val-de-marnais se sont essayés à l’utilisation d’eau de pluie. Une étude a donc été réalisée dans le cadre du Plan bleu (en téléchargement ci-dessous) par le Département du Val-de-Marne afin de collecter leur retour d’expérience et partager les points positifs et/ou négatifs des expérimentations mises en place.


A Bonneuil-sur-Marne, la mare alimentée par les eaux pluviales, qui stocke les eaux utilisées pour l'arrosage des espaces verts et le nettoyage de la voirie

Ces acteurs sont des communes, intercommunalités, associations et entreprises qui ont utilisé l’eau de pluie pour :

  • arroser des espaces verts, des plantes ;
  • nettoyer la voirie ou du matériel ;
  • alimenter les toilettes de bâtiments publics ;
  • alimenter en eau des mares ou des bassins dans les parcs.

Les usages sont donc très diversifiés. L’étude révèle que, plus l’ambition est grande et plus le volume d’eau de pluie stocké est conséquent, plus l’investissement de départ est important pour installer le dispositif de récupération. A titre d’exemples :

  • L’association Gentil’Jardin, à Gentilly, possède deux bacs de récupération d’eau de pluie, qui permettent à ses adhérents, sans coût supplémentaire, d’arroser le jardin partagé toute l’année.
  • La Ville d’Orly utilise des eaux pluviales pour alimenter un bassin d’agrément ;
  • La commune de Bonneuil-sur-Marne a fait le choix d’intégrer dans la construction de son bâtiment des services techniques la récupération d’eaux de pluie issues de toitures, qui non seulement alimentent une mare, mais permettent d’assurer l’arrosage des espaces verts et le nettoyage de la voirie communale. Vous pouvez découvrir cette expérience dans la vidéo OhVal sur l'eau de pluie en ville

Par ailleurs, les acteurs du territoire ont fait état d’un certain nombre de difficultés techniques, qui tiennent à des problématiques organisationnelles. Il faut ainsi, dès la conception du projet :

  • positionner le dispositif de récupération d’eau à un endroit accessible pour les véhicules qui viendront pomper l’eau, et non loin géographiquement de l’endroit où elle sera utilisée ;
  • former les agents qui l’utiliseront et assureront son entretien ;
  • être attentif à la qualité et au débit de l’eau, ainsi qu’au dimensionnement de la cuve, qui doit prendre en compte les conditions pluviométriques locales, la superficie récoltant les eaux pluviales, et les besoins en eau.

Une réglementation précise pour la réutilisation de l’eau de pluie

L’étude fait également le point sur la réglementation en vigueur, qui encadre l’utilisation de l’eau de pluie. Il est ainsi à noter une différence, au niveau juridique, entre :

  • l’eau de pluie, qui tombe du ciel ;
  • l’eau pluviale : c’est l’eau de pluie après qu’elle a touché le sol ou une surface construite ou naturelle.

L’utilisation de l’eau de pluie fait l’objet de plusieurs arrêtés uniquement dans le cas où elle provient de toitures inaccessibles (pas de fonction de terrasse, par exemple).



Bassin d'agrément utilisant l'eau pluviale à Orly, place de la Gare

L’arrêté du 21 août 2008 fixe ainsi les conditions techniques et réglementaires d’utilisation de l’eau de pluie, différentes s’il s’agit de l’intérieur ou de l’extérieur du bâtiment, et en fonction du type de bâtiment. Quelques exemples de règles à respecter :

  • tout raccordement au réseau d’eau potable est interdit, et il faut une signalisation « eau non potable » à chaque point de soutirage de l’eau de pluie, à l’intérieur comme à l’extérieur ;
  • à l’extérieur, l’arrosage des espaces verts doit être effectué en dehors des périodes de fréquentation du public ;
  • à l’intérieur, seuls le lavage des sols et l’alimentation des chasses d’eau avec de l’eau de pluie sont autorisés, mais pas dans certains bâtiments (établissements de santé, de transfusion sanguine, sociaux et médico-sociaux, accueillant des personnes âgées ; crèches, écoles maternelles et élémentaires, laboratoires d’analyses médicales, etc). Ainsi, si l’utilisation d’eau de pluie est interdite dans une crèche, elle est en revanche possible dans un lycée ou un collège.
  • de plus, la nature de la toiture inaccessible conditionne l’usage de l’eau de pluie à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment : si elle est en plomb ou en amiante, l’eau de pluie ne peut pas être utilisée !

Pour en savoir plus