Conseil départemental

Interview de Christian BARRIERE, vice-président du Comité départemental olympique et sportif

mis à jour le 30/09/2020

Le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) est une structure associative, organe déconcentré du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) pour le département.

Comment les associations sportives appréhendent-elles la rentrée ?

Le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) fédère les comités départementaux et représente, sur un territoire, l’ensemble des sports et des disciplines. Il est le garant des bonnes pratiques et de l’éthique sportive au niveau local.

63 comités départementaux du Val-de-Marne sont aujourd’hui adhérents du CDOS, ce qui nous permet d’avoir une bonne vision de la situation du sport d’aujourd’hui.

Avec la COVID 19, j’ai l’impression que les gens ont découvert que l’activité physique était un besoin et que c’était important pour le « bien-être » des individus. De fait, il y a aujourd’hui plus de personnes pratiquant une activité physique et sportive individuelle ou collective, mais paradoxalement globalement moins de licencié·es.

Et c’est vrai dans tous les sports, particulièrement ceux pour lesquels une licence annuelle est nécessaire, mis à part des disciplines sportives de « santé » (type randonnée pédestre). 

Or les licences sont une ressource importante pour les associations sportives. Aujourd’hui, il y a une grande inquiétude pour l’année qui vient. Les personnes vont-elles retourner à leur pratique sportive ? Les associations vont-elles conserver leurs adhérentes et adhérents ?

Cela dépendra beaucoup du type d’association concernée : 

Pour commencer, il y a la pratique sportive professionnelle. Cela concerne quelques structures dans le Val-de-Marne pour lesquelles la situation est surement délicate. Mais elles ont souvent traversé des situations de crise liées à la fluctuation de leurs résultats sportifs. Elles savent gérer cette situation. 

Ensuite les grosses associations sportives, souvent multisports, ont des besoins économiques importants pour fonctionner. Mais elles sont aujourd’hui bien structurées et ont aussi la possibilité de mutualiser (une section mieux organisée va pouvoir aider une autre section plus petite, par exemple. Ces associations sont souvent soutenues par leurs partenaires de proximité comme les Villes ou des sociétés commerciales. Elles ont aussi pu bénéficier des aides mises en place par l’Etat et les collectivités territoriales (chômage partiel, etc.). C’est dur pour elles, mais elles devraient pouvoir s’en sortir si la situation ne dure pas trop longtemps.

Enfin, parlons des associations qui sont les plus nombreuses : ce sont souvent des petites associations proposant du sport pour tous et toutes et s’appuyant essentiellement sur le bénévolat et ses membres. Elles sont assez peu soutenues financièrement et dépendent essentiellement de l’engagement de quelques personnes passionnées.  Ces structures vont avoir encore plus de difficultés.
En effet, le bénévolat aujourd’hui est fortement touché. Il s’appuie beaucoup sur une population âgée et dite aujourd’hui « fragile ». Pour ces personnes, les inquiétudes sont réelles et elles sont de moins en moins disponibles. On le voit dans les réunions où elles sont moins présentes. Il y a beaucoup moins de vie au niveau des clubs : c’est un vrai problème urgent pour le milieu associatif car les bénévoles qui restent risquent de s’épuiser.

Pour finir, le COVID19 a ouvert la porte à de nouvelles façons de pratiquer le sport pouvant peut-être induire une augmentation de la « privatisation » des activités sportives. Dans cette période de crise et pendant le confinement, individuellement ou collectivement, certaines structures ou associations ont étés capables de s’adapter et d’apporter d’autres réponses notamment en proposant des activités physiques « à domicile » via les nouveaux moyens de communication. 

Pour répondre aux attentes sociales et sportives dans le Val-de–Marne, plus de 2000 associations sportives, cellules de base du mouvement sportif français, existent. Mais elles dépendent généralement, en tant que « partenaires », des institutions. Les équipements sportifs sont souvent mis à leur disposition et aujourd’hui il y a de plus en plus de « vraies » contraintes, par exemple dans les gymnases (disponibilité, adaptabilité, conformité, etc.). Par comparaison les structures privées et marchandes, moins dépendantes, ont les moyens de faire des choix et la possibilité de s’adapter. 

Le sport continue d’évoluer et je pense que le sport de demain ne sera pas tout à fait le même qu’aujourd’hui. Mais il faut voir l’aspect positif de cette évolution : le sport actuel a, depuis un certain nombre d’années, suivi une évolution vers du sport spectacle et du sport business mais le COVID 19 nous a forcé à nous recentrer sur une pratique du sport pour l’individu. 
La force des associations sportives, c’est de renouer avec ces pratiques-là et de retrouver peut-être « l’âme » du sport. 
 

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Cet entretien a été réalisé avant les annonces gouvernementales du 24 septembre 2020. Jusqu’au 9 octobre minuit, les activités physiques et sportives sont interdites dans les salles et piscines couvertes, à l’exclusion des activités pratiquées par des sportifs professionnels et de haut niveau, des groupes scolaires universitaires ou extrascolaires, et des mineurs encadrés au sens de l’article L.212-1 et suivants du code du sport.