Conseil départemental

La parole à deux associations jeunesse de solidarité internationale

Méliné Matossian, bénévole à Nor Seround, une association militante et culturelle arménienne située à Alfortville et Mohamed Abdallah, président de l’association Avenir pour la Commune d'Ouellah Djoulamlima-Sada en France (ACODS) située à Créteil, témoignent de leur expérience associative durant la crise sanitaire.


Mohamed Abdallah - association ACODS et Méliné Matossian - Association or Seround

1. Quelles sont les activités habituelles de votre association ?

Méliné MATOSSIAN : Nous sommes une association de jeunesse arménienne de France. Nous veillons d’abord, à partager et transmettre la culture arménienne. Nous organisons des événements culturels, par exemple. Nous avons aussi une action militante pour la protection des droits humains. Enfin, nous portons une action de solidarité internationale. Nous montons des centres de vacances pour les enfants défavorisés en Arménie. Cette action a d’ailleurs été soutenue par le Département du Val-de-Marne. Enfin, nous menons des actions de sociabilité, nous organisons des vacances, des soirées, etc.

Mohamed ABDALLAH : Nous agissons à l’international aux Comores et au Sénégal et ici en Val-de-Marne sur trois thématiques phares : l’éducation, la santé et l’environnement. Ici, nous encourageons les jeunes à poursuivre leurs études. Nous proposons du soutien scolaire et proposons un accompagnement dans les recherches de stage ou d’emploi. Nous planifions aussi des sorties et des activités intergénérationnelles au moins deux fois par an. Nous proposons des conférences sur la santé, l’environnement, les trésors du monde, la permaculture et le sport. Nous portons des projets autour de la santé et de l’environnement avec des jeunes val-de-marnais et val-de-marnaises. En septembre 2019, un groupe est parti aux Comores avec un projet autour de la revalorisation de la terre. Un autre groupe s’est investi dans l’organisation d’un événement sportif : la première édition d’une course au Sénégal, la « lycéenne Afrique », avec notre partenaire Africa sport développement. Cet événement avait comme objectif de sensibiliser les jeunes à l’importance de la pratique sportive les filles notamment. La course s’est très bien passée.

Association Nor Seround
Association Nor Seround

2. Que s’est-il passé durant le confinement ?

MM : On a dû renoncer aux évènements culturels et de sociabilité. Aussi, notre projet de solidarité internationale a été réorienté vers une aide humanitaire d’urgence. Nous avons collecté des fonds et les avons envoyés à notre partenaire en Arménie. Grace à ces fonds, il a pu fournir aux populations défavorisées des produits d’hygiène de première nécessité et confectionner des colis alimentaires. Ensuite, nous avons mis en place un deuxième volet : des actions de solidarité en France. Par communiqué de presse, nous avons fait savoir que les personnes en difficulté pouvaient nous contacter pour obtenir une assistance, comme les personnes âgées ne pouvant faire leurs courses. Cette action dans les quartiers venait en complément de relations de voisinage déjà bien établies. Nos bénévoles sont très bien identifiés. Enfin, nous avons fait don d’équipements de protection à l’Hôpital Henri Mondor. Ce matériel acheté pour la rénovation de notre local faisait cruellement défaut au début de la crise sanitaire et a pu servir au personnel soignant.

MA : En mars, au début de la pandémie, nous sommes arrivés sur place, aux Comores, pour l’organisation d’une course, avec le contexte sanitaire que nous connaissons. Nous avons fait le choix de ne pas mettre un coup d’arrêt au projet. L’équipe partenaire était préparée avec la mise en place des gestes barrières et prise de température. Le groupe a pu revenir à temps, avant la fermeture complète des frontières. Nous préparons une deuxième édition. Mais la situation est différente maintenant. Nous ne savons pas si nous pourrons l’organiser.

Association ACODS
Projet Comores ACODS - 2020

3. Avez-vous mené des actions pendant la semaine de la solidarité internationale 2020 ?

MM : On n’a pas pu y penser ! Nous étions pris par des urgences. Car nous nous sommes aussi impliqués pour venir en aide aux populations touchées par le conflit entre l’Arménie à l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh. Dès le début, on a sensibilisé l'opinion publique à l'histoire de ce conflit et à ses enjeux. Nos bénévoles ont participé à des collectes de matériel médical, de vêtements chauds et de masques. Il est prévu qu’un groupe de jeunes bénévoles val-de-marnais se rende bientôt à Erevan pour apporter une aide aux réfugiés et les soutenir dans cette épreuve, avec l’aide de notre association partenaire en Arménie. Nous avons aussi participé à des collectes de produits alimentaires pour venir en aide aux Libanais victimes de l’explosion du port de Beyrouth, en août dernier.

ACODS Cuisine interculturelle
ACODS - Atelier de cuisine interculturelle

MA : Nous avons fait des ateliers de cuisine interculturels, entre les Comores et la France. Cela a été l’occasion de travailler l’axe environnement, avec le tri et la transformation des déchets produits. L’idée était de réaliser des vidéos de recettes de cuisine comorienne, puis de les revisiter ici, en France, puis de les partager à nouveau. Un livre de recettes a été écrit. Nous devions faire la restitution de ce projet lors d’un Notre Monde, mais malheureusement, cela n’a pas pu avoir lieu, en raison des restrictions dues à la crise sanitaire.

4. Comment avez-vous adapté votre organisation durant la crise sanitaire ?

MM : Nous objectif numéro 1 était de maintenir le lien avec nos bénévoles. Nous tenions nos réunions en visioconférence. Elles portaient sur les questions d’actualité en Arménie et les actions de solidarité mises en place. Mais elles étaient aussi l’occasion de s’exprimer sur le vécu de chacun pendant le confinement. Même s’il y a beaucoup de flou, nous attendons la fin du confinement avec impatience pour construire de nouveaux projets de solidarité !

MA : Notre local a dû fermer. Au départ, il n’a pas été facile de maintenir les liens. Nous avons dû nous adapter et utiliser les outils numériques pour poursuivre nos activités. Notre association fourmille de projets : la mise en place d’un atelier couture aux Comores est déjà lancé. Nous voulons aussi permettre l’ouverture d’un espace mobile de santé pour sillonner les villages alentour. Pour cela, nous nous réunissons régulièrement avec nos partenaires par visioconférence. Ici, des bénévoles sont identifiés comme référent ou référente d’une thématique et nous faisons des réunions de coordination par pôle. Un conseil ? Mutualisez les informations et les astuces avec d’autres associations. Ne restez pas isolé !

 

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Nor Seround

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