Conseil départemental

La parole à Faten-Zahra BENNIS, directrice adjointe de l’association IKAMBERE

mis à jour le 26/05/2021

L’association Ikambere a été créée en 1997 par Bernadette RWEGERA en Seine-Saint-Denis. Dans le cadre d’un travail de recherche à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, elle s’est intéressée aux femmes migrantes et à leurs enfants face au VIH en Ile-de-France. Elle a été témoin des souffrances subies et du manque de solutions. L’association a été créée pour apporter des réponses. Elle s’installe aujourd'hui en Val-de-Marne.

Association IKAMBERE © akamilenaberndt
Association IKAMBERE © akamilenaberndt

IKAMBERE, en Kinyarwanda (langue du Rwanda) veut dire « maison accueillante ». C’est ce que l’association a voulu être, pour ces femmes : un lieu pour leur permettre de rompre avec l’isolement et un centre de ressources pour pouvoir trouver des réponses à leurs problèmes. Ici, la prise en charge est globale et faite par une équipe pluridisciplinaire de 25 personnes : assistantes sociales, médiatrices de santé, coach sportif, diététicienne, etc.

Les femmes sont orientées par les médecins des hôpitaux d’Ile-de-France. C’est l’assistante sociale qui reçoit d’abord la personne pour recueillir la parole des femmes et établir une feuille de route. La plupart des femmes qui sont orientées sont sans hébergement et sans ressource. Très vite, des solutions peuvent être trouvées pour soulager les premiers besoins, ce qui laisse ensuite la place à une prise en charge plus globale sur le long terme pour accompagner les femmes vers l’autonomie.

Association IKAMBERE © akamilenaberndt
Association IKAMBERE © akamilenaberndt

Nous accueillons 500 femmes par an environ et disposons de 5 appartements-passerelle dans lesquels dix femmes peuvent être hébergées entre 6 et 24 mois. Elles bénéficient d’un suivi social, de repas préparés sur place à base de produits frais puisqu’elles peuvent venir se restaurer du lundi au vendredi gratuitement et d’ateliers de remobilisation : danse, sport, couture et alphabétisation. Nous avons également une socio-esthéticienne et une diététicienne-nutritionniste qui interviennent. L’aspect alimentaire est très important. Ces femmes ont des contextes de vie extrêmement difficiles avec très peu de ressources et un traitement souvent très lourd. Nous les accompagnons pour qu’elles soient actrices de leur vie et qu’elles comprennent bien leur pathologie. Cet accompagnement est individuel mais aussi collectif. Il se fait aussi via des séances de paire-aidance, pendant lesquelles, des femmes qui ont des parcours similaires s’entraident.

Fortes de ces 24 ans d’expériences, nous avons voulu mettre notre modèle d’accompagnement au service d’autres pathologies. Après une étude exploratoire de faisabilité, après consultation des médecins hospitaliers, nous en sommes venues à la conclusion qu’il existait un angle mort dans la prise en charge des femmes précaires vivant avec un diabète, une obésité et/ou une hypertension. De toutes les femmes précaires qu’elles soient primo-arrivantes, migrantes ou pas. Nous avons donc un nouveau projet dans le Val-de-Marne à Ivry-sur-Seine. De nombreuses femmes en situation de précarité souffrent de ces pathologies, qui, lorsqu’elles ne sont pas bien prises en charge, peuvent avoir des conséquences néfastes.

Association IKAMBERE © akamilenaberndt
Association IKAMBERE © akamilenaberndt

Nous avons souhaité nous installer dans le Val-de-Marne car il y a, dans ce département, de nombreux hôpitaux qui sont des centres de référence pour ces pathologies (succursale de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, l’Hôpital Intercommunal de Créteil, par exemple) et nous avons été très bien accueillies par la ville d’Ivry. Le centre devrait ouvrir au plus tôt cet été et au plus tard cet automne au 1, rue Lénine dans un espace de 300 m2.

Il accueillera les femmes selon la même méthode que notre centre dédié à l’accompagnement des femmes souffrant de VIH. Ici aussi, il s’agit d’une prise en charge globale et pluridisciplinaire car quand on ne sait pas où dormir, où manger, qu’on a eu un parcours migratoire traumatique, un parcours de violences, il faut pouvoir se poser et régler d’abord les problèmes sociaux pour pouvoir accompagner la prise en charge médicale.

Contact : par téléphone au 01 48 20 82 60 ou par courriel 

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