Conseil départemental

La parole à Sylvie GRAS – Membre de la commission événementiel Ile-de-France et de la commission Au-delà du périph’

mis à jour le 12/05/2021

Depuis 2005, le 17 mai marque la célébration de la journée internationale contre les lgbt-phobies, l’occasion d’échanger avec Sylvie GRAS, de l’association SOS homophobie.

Sylvie GRAS - Association SOS homophobie
Sylvie GRAS - Association SOS homophobie

L’association, créée en 1994, a pour objet la lutte contre les discriminations et les agressions à caractère homophobe, biphobe et transphobe. Elle déploie son action à travers 15 délégations dont la délégation Ile-de-France en vue d’une meilleure acceptation de la diversité des orientations sexuelles et de l’identité de genre et pour lutter pour la visibilité et l’égalité des droits des personnes LGBT.

Vous êtes membre de l’association depuis 18 ans, quelles évolutions législatives majeures ont marqué ces dernières années pour le mouvement LGBT ?

Sylvie GRAS : Avant même la création de l’association, le début des années 80 signe une évolution majeure au niveau législatif. En supprimant le fichage des personnes homosexuelles, ainsi qu’en supprimant les différences de majorité sexuelle qui existait jusqu’alors entre les personnes hétérosexuelles et homosexuelles, la loi a commencé à évoluer vers une égalité de traitement. On passe alors d’une pénalisation de l’homosexualité à une lutte contre l’homophobie.

En 1999, c’est le Pacte civil de solidarité (Pacs) qui peut être conclu entre 2 personnes majeures, quel que soit leur genre. Puis en 2013, la possibilité pour les personnes de même sexe à l’état civil de se marier et d’adopter des enfants.

En 2010, la transidentité ou « transexualisme » est retiré de la liste des maladies mentales. Enfin, en 2016, la loi de modernisation de la justice du XXIème siècle facilite le changement d’état civil pour les personnes trans en supprimant l’obligation de présenter des justificatifs médicaux.

Toutes ces lois tendent vers une plus grande protection des personnes LGBT et de leur couple.

Aujourd’hui, on se bat pour que toutes les femmes aient accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA). Il est à noter que les personnes trans n’ont pas été prises en compte dans le projet de loi. Promise depuis 2012, cette loi n’est toujours pas prévue au calendrier parlementaire.

Nous militons également pour une reconnaissance pleine et entière des familles LGBT. A titre d’exemple, les concubins ou concubines, époux ou épouses d’une personne de même sexe ayant eu un enfant ne peut être reconnu comme parent que s’il ou elle passe par une procédure d’adoption.

Comment percevez-vous les évolutions de la société et du regard porté sur les LGBT ?

S. G. : L’évolution est positive en France. Quelques fois, la société est en avance sur la loi. Les sondages réalisés auprès de la population montrent une réelle acceptation des couples et des familles LGBT.

Mais cela ne met pas pour autant un terme aux violences et aux discriminations contre lesquelles nous devons continuer à nous battre quotidiennement notamment par des actions de pédagogie. Nous avons pu remarquer que lorsque des débats animent notre société à l’occasion de l’évolution d’une loi en faveur des personnes LGBT, cela suscite un déferlement de haine. Les gens se lâchent et nous constatons une hausse importante du nombre d’appels à l’association de témoins ou de victimes d’actes de violence.

Le sujet de la transidentité est plus difficile à appréhender que celle de l’orientation sexuelle même si ces dernières années, on en parle de plus en plus. La question du genre est fortement liée à la place des femmes et des hommes dans la société. Le questionnement sur la bipolarisation genrée de la société interroge la nature biologique elle-même. Les personnes intersexes restent encore très invisibilisées, il y a une véritable variété biologique à prendre en compte.

Aujourd’hui, l’association multiplie les interventions en banlieue et notamment dans le Val-de-Marne, vous faites partie de la commission Au-delà du périph’, pouvez-vous nous en dire plus ?

S. G. : L’association est depuis son origine basée à Paris et c’est à Paris qu’elle a développé le plus d’actions de proximité en Ile-de-France. Encore aujourd’hui, les ressources y sont plus nombreuses, les jeunes ont accès à plus d’informations, de librairies spécialisées, de lieux de convivialité. Il est aujourd’hui pour nous très important d’aller, aussi en banlieue, au-devant de la population, des citoyens et citoyennes qu’on ne rencontrerait pas autrement.



Stand SOS homophobie

Nous faisons beaucoup d’interventions en milieu scolaire (collèges et lycées) mais également auprès des adultes : agentes et agents du Conseil départemental ou à l’Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE) de Créteil. L’an passé, nous étions présentes et présents dans de nombreux forums de la vie associative du Val-de-Marne et c’est pour nous essentiel d’être au milieu d’autres associations et d’être perçue comme faisant partie du paysage local. Cela questionne certaines et certains mais cela permet de dire que nous sommes une association comme une autre et que nous « faisons partie de la vie » Les personnes viennent nous rencontrer et échanger alors qu’elles n’auraient pas fait la démarche d’elles-mêmes.

Des relations suivies se développent avec le Département, avec des communes et on l’espère avec des maisons de quartier. Si dans le Val-de-Marne, des personnes voulaient bien s’investir localement, on pourrait envisager d’ouvrir une antenne de SOS homophobie.

En cette période où les actions de terrain sont très limitées, où les jeunes subissent durement la crise et où malheureusement des violences entre bandes ont défrayées l'actualité, nous souhaitons contribuer à un mieux-être ensemble.

Nous avons lancé une campagne Bien dans ma vie et #Cestcommeca basée sur une communication positive. Elle porte un message central :on peut être épanoui.e et bien dans sa vie quelque soient son orientation sexuelle et son identité de genre. Elle permet aux jeunes concerné.es d'avoir de possibles modèles d'identification et aux autres de s'ouvrir à la diversité.

S'engager contre les inégalités liées à l’orientation sexuelle et au genre

Dans la continuité de son engagement pour une société plus égalitaire, le Département...