Conseil départemental
×

Vigilance canicule et épisode de pollution : les services départementaux restent ouverts et s’organisent. Retrouvez plus d'informations ici

De la compétition au sport loisir, un accompagnement nécessaire.

mis à jour le 19/11/2015

Lorsque les années pèsent sur les corps et sur les performances, il arrive un moment où l’arrêt de la carrière se pose de façon plus ou moins directe. Cependant, une interruption radicale du processus d’entraînement et des émotions associées aux compétitions n’est pas sans poser problème à la fois sur le plan physique et sur le plan psychique...

L’histoire du sport est émaillée d’exemples de ces grands champions qui annoncent leur comeback après une retraite sportive mal préparée et vraisemblablement mal vécue.Dans d’autres cas, la disparition totale de sollicitations énergétiques sans modification des habitudes alimentaires, conduit à des prises de poids importantes qui seront plus ou moins bien acceptées mais qui conduisent de fait,  à quelques soucis de santé qui incitent l’ancien compétiteur à se remettre au sport quelques années plus tard. Celui-ci est alors tenté de revenir à ses premiers amours en s’inscrivant dans un petit club, juste pour s’entretenir en s’amusant, en prenant du plaisir. Mais si les capacités physiques ne sont plus ce qu’elles étaient, les habiletés techniques sont toujours là. La mémoire du mouvement et des choix tactiques n’est pas altérée, ce qui pose problème à plusieurs niveaux.


Le petit match entre amis

Cette situation est très fréquente. On a arrêté de s’entraîner depuis un ou deux ans et l’on est invité à rejouer à l’occasion d’une fête, d’un gala, d’une démonstration pour la bonne cause ou  d’un tournoi entre amis. Petit échauffement et hop on retrouve ses automatismes et quelques sensations. Le match commence, on est pris par le jeu et l’esprit de compétition ressurgit. Alors on ne se retient pas, on donne tout, comme lorsque l’on était au top de sa forme. Sauf que le corps a subi les désadaptations dues à l’absence d’entraînement. Les muscles sont moins forts, plus raides, les articulations sont moins bien tenues, on fatigue plus vite. Mais l’amusement fait oublier tout ça et sur une dernière accélération, crac, la cheville ou le genou ou les muscles qui lâchent.  Avec le recul tout le monde est capable de dire que cette issue était prévisible. Mais peu de sportifs sont capables de se raisonner dans ces moments festifs.

Que faire pour éviter cela ? Ne pas accepter de jouer ? Et le plaisir du sport alors ?

Si l’on considère que les corps se désadaptent plus vite que les cerveaux, que la maîtrise technique se dégrade moins vite que la condition physique, alors il faudrait sans doute prendre des dispositions où l’on aménage les conditions de jeu afin de valoriser la technique et minimiser la mobilisation des ressources physiques. On pourrait par exemple imaginer des matchs de foot sur des terrains beaucoup plus petits et avec des temps de jeu plus courts.

Le groupe loisir n’est pas à mon niveau

Revenir au sport, dans un club, avec pour  seule ambition le plaisir et l’entretien, suppose d’intégrer un des groupes loisir qui existent dans la plupart des associations aujourd’hui. Dans ce cas de figure, il n’est pas rare que des différences de niveaux apparaissent entre les pratiquants. Lorsque l’hétérogénéité est trop importante, il est difficile dans les sports collectifs ou les sports duels, de trouver des partenaires de jeu du même niveau que soi et donc de jouer vraiment. La structure d’accueil est alors souvent tentée de vous convaincre de rejoindre le groupe compétitif, de vous réinscrire dans des compétitions par équipe au service du club, alors que précisément, vous aviez décidé de ne plus faire de compétition.

Comment ne pas en arriver là ?

Nous vous proposons deux pistes qui chacune, comportent des  intérêts et des limites.
Première piste, si des structures existent à proximité, s’essayer à une activité nouvelle où la dimension technique est importante. Votre expérience dans une autre activité, une meilleure perception de votre corps, un sens de l’observation, autant de compétences qui vous prédisposent à progresser vite et donc à vous éclater rapidement en découvrant autre chose.
Par contre, si vous voulez rester dans votre sport de prédilection, la solution est sans doute de prendre le temps de constituer un groupe de joueurs au profil identique au votre en commençant par solliciter vos propres amis avant l’élargir le cercle via les réseaux sociaux.

Je reste compétitif mais je me blesse trop souvent

Toutes les structures et fonctions de l’organisme humain subissent des involutions dont la temporalité n’est pas homogène. En effet, les articulations, les muscles, les tendons voient leur résistance diminuer alors que la capacité de transport d’oxygène lors d’un effort n’est pas trop altérée car, vous continuez à vous entraîner. Même si vos performances baissent, vous restez très compétitif dans votre catégorie d’âge.  Débarrassé d’une partie des contraintes familiales,  vous conservez votre amour de la compétition, vous passez une bonne partie de vos loisirs à participer à des épreuves organisées un peu partout en France et dans le monde. Vous appréciez les montées d’adrénaline et les échanges sociaux  avec ceux qui partagent votre passion.

Si tout se passe bien pour vous, il n’y a pas de raison de s’arrêter. C’est au contraire une bonne façon de rester en forme et de profiter de la vie. Mais si vous constatez que vous vous blessez de plus en plus, que votre corps ne suit plus, alors,  il est sans doute temps de repenser les modalités de votre pratique. Si l’on éprouve souvent le besoin d’explorer ses propres limites, il arrive un moment où on devrait avoir la sagesse de ne rien avoir  à prouver. Quel est l’intérêt, où est le plaisir, de faire du sport en souffrant le martyre pour terminer coûte que coûte une épreuve ? Est-ce bien censé de courir sur une blessure ? Toutes ces douleurs ne sont-elles pas un cri de votre corps qui vous dit, stop ? Il vous faut donc entendre cet appel et changer votre rapport à l’effort. Passer à une pratique où le seul objectif est le bien-être et le plaisir,  s’engager dans des efforts un peu moins intenses, moins longs et plus espacés. Une pratique où il est possible de ne pas continuer si on a mal quelque part, de ne pas s’entraîner si l’on est trop fatigué. Votre corps aura alors le temps de se régénérer, se reconstruire, se réparer. Il vous dira merci à sa façon.

Conclusion

Le sport est à la fois un moyen pour réussir son vieillissement, mais  lorsque l’on fait de la compétition, il est aussi le miroir de notre propre vieillissement. Quoi que l’on fasse, force est de constater que les réflexes, la vitesse, l’explosivité, les capacités de récupération ne sont plus ce qu’ils étaient il y a quelques années. Combien de spécialistes de sports collectifs n’ont pas été confrontés au triste décalage entre leur vision du jeu et leur incapacité physique à réaliser ce qu’ils devraient faire ? «  Je vois ce qu’il faut faire mais je vois aussi que je ne peux plus le faire ! ».

Pour autant, cela ne signifie pas qu’il est temps d’arrêter, de prendre sa retraite sportive. Comme dans le secteur professionnel, une retraite ne doit pas être synonyme d’un arrêt de toute activité. Ce qui change c’est la nature de l’activité, son rythme choisi et non plus subi, la liberté de changer lorsque ça ne convient plus. Tout ceci se prépare largement en amont, pendant que l’on est en pleine activité. Pour le sport c’est pareil. Chacun sait qu’une carrière n’est pas éternelle, qu’il ne sera pas possible de maintenir son meilleur niveau très longtemps. C’est à ce moment qu’il convient d’envisager l’après en considérant que  dans le sport, l’important c’est de pouvoir en faire longtemps en faisant autrement !

*Cet article a été rédigé à partir d’échanges avec d’anciens compétiteurs. Toutes ressemblances avec des situations vécues ne seraient donc pas totalement fortuites.