Pourquoi se mettre au vert est-il bénéfique pour la santé ?

mis à jour le 17/01/2019

On sait depuis longtemps et de façon intuitive qu’être en contact avec la nature fait du bien.
Les sanatoriums où séjournaient des patients atteints de tuberculose ou de maladies respiratoires et qui existent depuis le 19ème siècle, témoignent de cette intuition. Dans le même registre, l’histoire romancée de Heidi et de son amie Clara, paralytique qui guérit grâce à l’action fortifiante de l’air des montagnes, symbolise aussi cette croyance des bienfaits de la vie au grand air.

Aujourd’hui de nombreuses recherches scientifiques apportent des éléments plus factuels , même si les effets physiologiques restent à démontrer . Nous vous proposons ici un éclairage qui enrichira votre argumentaire pour convaincre ceux qui hésitent à sortir.

Conclusions un peu hâtives ou excès d’enthousiasme ?

Le Shinrin-yoku est un terme japonais inventé en 1982 et signifiant littéralement « le bain de forêt ». Il représente une pratique très populaire au Japon qui consiste à se retrouver en osmose avec les arbres et les végétaux. 
En France c’est Georges Plaisance, grand spécialiste de sylviculture mais aussi de sylvothérapie qui vantent ainsi les bienfaits d’une thérapie par les arbres. Il publie en 1985 « Forêt et santé : Guide pratique de sylvothérapie », édition Dangles.

L’ouvrage récent du Docteur Qing Li « Shinrin-yoku : l’art et la science du bain de forêt » nous invite à exercer nos cinq sens pour tirer le meilleur parti d’un environnement forestier. Par exemple : la vue des rayons du soleil au travers des feuilles, la perception des nuances de vert des arbres, également l’ouïe  avec un acoustique propre à la forêt, l’odorat avec le parfum boisé des forêts , le toucher en enlaçant les arbres et puis exercer le goût, en profitant de l’air pur à travers le palais pour vraiment s’enivrer de la forêt.
Cependant les travaux  du docteur Qing li sont récemment controversés par les cancérologues, spécialistes du sang. En effet, on lui reprocherait d’avoir tiré des conclusions hâtives à partir d’un échantillonnage limité à seulement 12 personnes.  Ainsi, il aurait peut-être surestimé les pouvoirs thérapeutiques des arbres
en affirmant haut et fort que le système immunitaire était renforcé grâce aux bains de forêt qui activeraient des cellules anticancéreuses (notamment les cellules de NK - Natural Killer).

Quelques explications

Il n’en demeure pas moins que le contact avec les arbres procure des émotions bénéfiques.

La toute première est due au fait qu’on associe souvent les forêts à l’enfance. En effet, il n’est pas rare que l’expérience sensorielle dans laquelle nous plonge la forêt fasse remonter des souvenirs profonds en activant notre mémoire émotionnelle. Ce sont par exemple l’humidité de la terre et l’odeur puissante de l’humus qui viennent jusqu’à nos narines et qui opèrent comme les madeleines de Proust faisant remonter instinctivement les souvenirs de l’enfance.
Les scientifiques expliquent ce phénomène olfactif dû à la pluie qui tombe sur une terre sèche. Il s’agit du petrichor . « Petros » en étymologie grecque signifiant « pierre » et « lkhor » « sang-serum-liquide ». Le choc thermique va provoquer une réaction du sol. Celui-ci libère un liquide huileux secrété par les racines des plantes qui va se répandre dans la pierre et la terre et s’évaporer dans l’air. C’est ce petrichor qui mélangé à l’humus dégage cette odeur si plaisante et familière.

Une deuxième émotion bénéfique proviendrait de l’air pur des forêts qu’on a plaisir à respirer pour se sentir pleinement oxygéné… Le fameux bol d’oxygène qui nous fait aussi du bien au moral !
Cela est rendu possible grâce à la photosynthèse. Les plantes captent la pollution ambiante (le CO2), la lumière du soleil, l’eau et des sels minéraux. Ces 4 éléments sont essentiels pour permettre le processus chimique de la photosynthèse. Photo signifie « lumière » et synthèse « assemblage ». La combinaison de tous ces éléments permet à la plante de produire et de rejeter de l’O2 dans l’air nécessaire à la survie de l’homme.
L’action thérapeutique de l’air s’explique aussi par la présence dans l’air de 2 substances volatiles appelés les terpènes et les phytoncides. La première particule est responsable des parfums comme le camphre, l’eucalyptol qui procurent un effet apaisant quand nous les humons. La deuxième particule sert à se défendre contre les champignons et les insectes. Leur présence dans l’air a un effet bénéfique sur le système nerveux parasympathique entraînant ainsi une diminution de la tension artérielle, du taux de cortisol dans le sang, responsable d’un effet relaxant sur l’organisme et d’une meilleure qualité de sommeil.

De plus le frottement des feuilles entre elles ou des aiguilles de pins les unes contre les autres génère des ions négatifs très bénéfiques pour notre santé. Ils représentent des microparticules chargées électriquement qui favorisent les échanges cellulaires entre les membranes de l’organisme.
Certains phénomènes naturels comme le vent chaud et sec ou le brouillard, provoquent une diminution de l’air en ions négatifs.
Le manque d’ions négatifs peut provoquer certaines pathologies comme l’asthme, les maux de tête, les états dépressifs, etc…
De leur côté, les ions positifs contenus entre autres dans les écrans sont mauvais pour la santé. Ils provoquent du stress, et de la fatigue.
Il est donc logique que  la nature nous permette de faire le plein d’énergie !

Une pièce en ville et fermée compte 20 ions négatifs /cm3 contre 3000/cm3 en forêt.
A la campagne : 500 à 1200/cm3
En bord de mer : 4000/cm3
En montagne : 8000 à 12000/cm3

 

Pour faire le plein d’oxygène

Le Macadamtraining apparait comme une réponse à l’urbanisation et la sédentarité auxquelles on associe souvent certaines maladies et l’isolement social.

Cette activité physique adaptée consiste à se déplacer sur des parcours santé de renforcement musculaire et d’endurance en utilisant le mobilier urbain existant (bancs, balustrades, lampadaires, escaliers …). Toute l’année, été comme hiver, on s’évade dans des espaces verts, comme les parcs et jardins publics, en bordure de mer, et/ou en forêt. Les séances se réalisent en petit groupe de 10 personnes, quel que soit l’âge et le niveau de pratique de chacun. Faire du sport à plusieurs pousse ainsi à la régularité.

Le principe du Macadamtraining® consiste à proposer des exercices déclinés en plusieurs niveaux de pratique autorisant chacun à travailler à son propre niveau de difficulté et cela en toute sécurité.

Les avantages de cette pratique en extérieur sont nombreux. Nous avons déjà évoqué les bienfaits d’une sylvothérapie apaisante qui laisse place à la méditation et au retour sur soi. Il peut en être de même en envisageant une pratique extérieur « énergisante » pour des personnes qui éprouveraient le besoin de se défouler à l’air libre.

En plus de ce qui a déjà été abordé, le Macadamtraining® apporte un complément alimentaire naturel en vitamine D qui participe à la fixation du calcium sur notre squelette. En effet, en pratiquant toute l’année dehors on fait le plein de lumière du jour. Cet apport naturel est considérable pour réguler les humeurs en chassant les idées noires voire les troubles dépressifs.

De plus au-delà du fait qu’il soit grisant de ressentir la fraîcheur de l’air sur sa peau et d’être dynamisé par les couleurs et les senteurs de la nature, surtout au printemps, courir en extérieur est plus efficace que sur un tapis roulant parce que l’on pousse plus sur ses jambes, on déroule davantage son pied, on adapte sa foulée ou son pas à l’irrégularité du terrain, sollicitant ainsi un niveau de coordination bien plus élevé.

Enfin l’avantage du Macadamtraining® pratiqué l’hiver permet de bruler plus de calories qu’une pratique en salle de sport puisqu’il faut lutter contre le froid. Cet argument n’est pas négligeable. A l’inverse, on peut éprouver plus de difficultés en cas de vasoconstriction des bronches rendant plus difficile la respiration.
Notons au passage que les résineux avec leurs aiguilles toujours présentes sur les arbres l’hiver ont des bienfaits supérieurs à certaines forets. Il est donc important de fréquenter les forêts de conifères en période hivernale.

Conclusion

Il est plus que jamais important de préserver les espaces verts des villes mais également les environnements boisés et forestiers considérés bien souvent comme les poumons des villes.
Sur ce point, le Val-de-Marne, bien que département urbain, a su préserver des poumons verts répartis sur l’ensemble de son territoire (parcs départementaux, Forêt Notre Dame au sud-est, Bois de Vincennes au nord-ouest bien que sur le territoire de la ville de Paris). Les japonais ont compris bien avant nous que les bains de forêt pourraient exercer des effets positifs sur la santé. Même si les bienfaits de la sylvothérapie sur les cellules cancéreuses restent encore à démontrer, tous les chercheurs s’accordent à penser que les environnements boisés favorisent des concentrations plus basses de cortisol, un pouls plus faible, une pression artérielle plus basse, une activité nerveuse parasympathique (ralentissement de la fréquence cardiaque) plus importante et une activité nerveuse sympathique (accélération de la fréquence cardiaque)  plus faible que dans les environnements urbains. 
Une excursion en forêt ou dans un parc contribue donc à une meilleure qualité de vie en atténuant les sentiments négatifs et les ressentis de stress, en améliorant la qualité du sommeil et de la digestion. Un petit bonheur à la portée de tous que l’on soit un sportif ou un contemplatif !

 

Hélène BOSSE, UPEC

 

Références