Conseil départemental

Vivre en Val-de-Marne

Cancer : tête-à-tête avec le Dr Franzoi, oncologue à l'Institut Gustave Roussy

mis à jour le 01/02/2024
A l'Institut Gustave Roussy (IGR), la chercheuse Maria Alice Franzoi, recrutée par la docteure Inès Vaz-Luis, spécialisée dans l’étude du cancer du sein, travaille à améliorer la vie des femmes pendant et après le traitement. Et, à utiliser le numérique dans un parcours de soins personnalisé et participatif.

Entretien avec la Dr Maria Alice Franzoi, oncologue à l’institut Gustave-Roussy (Villejuif)
ValdeMarne : La médecine a fait de grands progrès pour vaincre le cancer du sein. Les effets secondaires des traitements handicapent-ils la vie des patientes ?
Dr Franzoi : Aujourd’hui, environ 85 % des patientes sont assurées, après le traitement qui dure plus ou moins six mois, d’être encore en vie cinq ans après. Mais on constate que quatre ans après la guérison, la moitié de ces femmes subissent toujours une importante baisse de qualité de vie : fatigue, prise de poids, difficulté à retravailler… Plus grave encore, celles qui ont eu un cancer du sein hormono-positif, soit 70 % des patientes, sont tenues de prendre des pilules par voie orale pendant 5 à 10 ans pour prévenir les rechutes. Or,
la moitié d’entre elles abandonnent ce traitement en raison des effets secondaires.

Cancer du sein : il faut personnaliser la prise en charge des patientes.

Dr Maria Alice Franzoi, oncologue à l’institut Gustave-Roussy ©E. Legrand/CD94
Votre équipe pense être capable de prédire pour chaque patiente l’ampleur et la durée des effets secondaires ?
Dr Franzoi : Depuis six ans, l’équipe travaille avec Unicancer et vingt-six centres de lutte contre le cancer pour suivre une cohorte de plus de 12 000 patientes. Nous disposons de nombreux indicateurs sur le sous-type de cancer du sein, les traitements reçus, les profils
socio-démographiques, les habitudes de vie et les trajectoires de qualité de vie. Ces données vont nous permettre d’anticiper les difficultés des patientes et de personnaliser les approches en fonction de chaque individu. 

"Octobre rose" est une campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein
Quelle forme prendra ce soutien aux patientes ?
Dr Franzoi : Nous utiliserons le digital avec une application mobile qui renforcera le lien avec l’équipe soignante et proposera un parcours personnalisé de soins en fonction des « scores de risque », déterminés pour chacune. De nombreux soins de supports peuvent être
facilités par le numérique, comme le suivi à distance des symptômes par une infirmière, l’éducation thérapeutique, l’activité physique adaptée ou la méditation... Les tests commenceront dès janvier 2024.

Cela suppose donc une implication importante de la patiente ?
Dr Franzoi : Il faut soutenir et habiliter les personnes pour leur permettre d’être actives dans leur processus de guérison. La médecine peut d’ores et déjà être plus efficace et plus humaine, si elle permet une participation plus forte des personnes en parcours de soins.

LE SAVIEZ-VOUS ? 

  • L'IGR est le premier centre de lutte contre le cancer en Europe : il prend en charge chaque année près de 50 000 patients. 
  • 90 % de chance d’être guérie d’un cancer du sein détecté tôt ! 
  • 80 % des cancers du sein se développent après 50 ans
  • En France, le cancer du sein est toujours le premier cancer chez la femme en nombre de nouveaux cas, environ 49 000 nouveaux cancers décelés, et de mortalité 11 900 cas.
  • "Octobre rose" est une campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein.

(source : ligue contre le cancer)