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Vivre en Val-de-Marne

Françoise Lucas, microbiologiste-professeure : "La qualité de l’eau de la Seine s’est considérablement améliorée"

mis à jour le 07/02/2024
Enseignante-chercheuse au Laboratoire eau, environnement et système urbain (LEESU) de l'UPEC, Françoise Lucas étudie la dynamique spatiale et temporelle des pollutions microbiologiques dans les rivières urbaines. L’objectif : déterminer la qualité de l’eau en vue de la baignade dans la Marne et la Seine.

Françoise Lucas (Photo par ©E.Legrand/CD94)

Entretien avec Françoise Lucas, microbiologiste-professeure à l'Université Paris-Est Créteil (UPEC)

Magazine ValdeMarne : Quelles sont les pollutions microbiologiques de la Seine et de la Marne ?
Françoise Lucas : Elles sont essentiellement dues aux rejets d’eau usée dans les rivières et elles sont suivies en mesurant deux groupes de bactéries : Escherichia coli et les entérocoques intestinaux - indicatrices de contamination fécale. En temps de pluie, les réseaux d’assainissement sont très polluants, en raison du mélange d’eaux usées et pluviales. Ces rejets peuvent contenir des concentrations importantes en pathogènes (bactéries et virus). La contamination est aussi générée par les déjections des animaux, chiens et oiseaux. Ce qui peut créer des conflits d’usage entre espaces de baignade et espaces naturels.

La perspective des Jeux de Paris 2024 a été un moteur.

Comment a évolué la qualité de l’eau ?
Après une forte dégradation jusque dans les années 1980, la qualité de l’eau de la Seine s’est considérablement améliorée depuis les années 1990. Ces dernières décennies, la construction et la modernisation de stations d’épuration et des réseaux d’assainissement y ont contribué. À l’horizon 2024, la construction de bassins de stockage d’eaux pluviales, les traitements de désinfection des eaux usées et de dépollution des eaux pluviales, la déconnexion des mauvais branchements et la désimperméabilisation des surfaces urbaines réduiront encore les pollutions microbiologiques. Et cela aura aussi un impact sur la pollution chimique qui partage les mêmes sources. La perspective des Jeux de Paris 2024 a été un moteur qui nous a fait gagner de nombreuses années.


Comment est assuré le suivi en vue de la baignade ?
Sur la Marne, le syndicat mixte Marne Vive effectue, chaque été depuis 2015, des prélèvements tous les 2 km de Chelles à Saint- Maurice. Sur la Seine, la Ville de Paris, les collectivités, et le SIAAP (*Syndicat interdépartemental d’assainissement de l’agglomération parisienne) ont mis en place des suivis, intensifiés en été, sur les paramètres réglementaires. Au LEESU et à Eau de Paris, nous étudions les pathogènes et les indicateurs spécifiques des sources animales et humaines, avec des actions ciblées pour comprendre l’impact du temps de pluie. En lien avec le Département du Val-de-Marne, des prélèvements ont été réalisés sur le rejet au ru de la Lande et au bassin de rétention de Sucy-en-Brie. Dès 2024, la performance de la nouvelle station de dépollution de Champigny (SDEP) fera l’objet d’une étude détaillée sur le plan microbiologique et chimique.

Station de dépollution des eaux pluviales (SDEP) : comment ça marche ? 

Lire la transcription textuelle de la vidéo

Femmes de science dans le Val-de-Marne

A l'occasion de la journée internationale des femmes et filles de science, lumière sur ces scientifiques du Val-de-Marne. 

En 2023, la Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, a décerné le Prix Jeunes Talents Pour les Femmes et la Science France 2023 à 35 jeunes chercheuses. Parmi elles, 6 brillantes chercheuses du Val-de-Marne :

  • Fanny Chasseloup habite Thiais. Elle étudie la biologie moléculaire. Son objectif est de comprendre les mécanismes génétiques et épigénétiques à l’origine des tumeurs endocriniennes hypophysaires et surrénaliennes. Son travail confirme l'importance de déchiffrer des maladies rares pour comprendre les maladies plus fréquentes. Lors de son doctorat, elle a découvert de nouvelles pistes thérapeutiques pour des maladies métaboliques telles que le diabète de type 2.
     
  • Clara Marino habite Gentilly et étudie la macro-écologie. Elle mène une thèse à l’Université Paris-Saclay sur l’impact des espèces exotiques envahissantes. Introduites par l’humain dans un écosystème auquel elles n’appartenaient pas, ces espèces y ont un impact, en particulier sur la biodiversité. Son ambition ? Contribuer, à travers l’écologie, à la préservation de la biodiversité.
     
  • Marion Lecorguillé habite à Vitry-sur-Seine. Après avoir suivi des études de sage-femme, cette jeune femme se lance dans la recherche en santé publique. Elle est en post-doctorat au sein de l’Inserm à Paris et étudie l’épidémiologie à l’Hopital Paul Brousse de Villejuif. Ses travaux, qui s’inscrivent dans le cadre du projet européen EndObesity, portent sur les facteurs liés au mode de vie familial et qui peuvent être associés au risque ultérieur d’obésité chez l’enfant.
     
  •  Elena Mikheeva vit et fait ses travaux de recherches en physique optique à Créteil. Elle travaille sur le projet OPALE (OPtiques Actives et Lunettes instrumEntées) bureau R&D d'Essilor Luxottica où elle applique ses connaissances dans le domaine des métasurfaces optiques à la problématique de la santé visuelle.
     
  • Mathilde Ruggiu a grandi à Arcueil. Elle y retourne toutes les semaines retrouver sa famille. Elle est en 3e année de Doctorat d’Immunologie dans le laboratoire Dynamiques des Réponses Immunes à l’Institut Pasteur. Cette jeune scientifique s’est spécialisée dans le fonctionnement des anticorps monoclonaux anti-PD-1. Ces médicaments ont pour but de « réveiller » le système immunitaire afin qu’il puisse mieux lutter contre le cancer.
  • Louise Denis est originaire de Nogent-sur-Marne. Elle y a grandi jusqu’au Baccalauréat. Spécialisée en Physique-Acoustique et sur l’imagerie médicale plus particulièrement pour plonger dans les rouages du vivant. Sa thèse, au sein du Laboratoire d’Imagerie Biomédicale de Sorbonne Université, porte sur l’échographie super résolue, une technique qui utilise les microbulles de gaz présentes dans le sang pour cartographier le réseau microvasculaire. Son moteur au quotidien ? Faire connaître cette technique au monde hospitalier pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à l’échographie nouvelle génération.

Les Jeux olympiques, un accélérateur du retour à la baignade dans la Marne

Depuis 1923, la baignade est interdite dans la Seine, et depuis 1970 dans la Marne…

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