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Vivre en Val-de-Marne

La vie de château : de Sucy-en-Brie à Vincennes, promenade autour des châteaux du Val-de-Marne

mis à jour le 13/06/2022
Vous connaissez sans doute le château de Vincennes mais le Val-de-Marne compte nombre d'autres châteaux ! Par exemple, au XVIIe siècle, le Val-de-Marne s'est paré de plusieurs résidences luxueuses, des lieux de villégiature prisés accueillant des Parisiens fortunés. Nous vous proposons une petite promenade pour découvrir les témoins du patrimoine historique de notre département. Suivez le guide...

Château de Sucy-en-Brie. Photo : A. BonnemaisonChâteau de Santeny. Photo : E. LegrandChâteau de Grosbois. Photo : M. GénonChâteau des Arcs à Cachan. Photo : C. Potez-DelpuechChâteau d'Ormesson. Photo : M. LumbrosoChâteau de Vincennes. Photo : A. BonnemaisonChâteau d'Arcueil, maison des Gardes. Photo : C. Potez-DelpuechChâteau du Parangon à Joinville-le-Pont. Photo : B. GleizerChâteau de Réghat à Maisons-Alfort. Photo : E. LegrandChâteau des Marmousets à La Queue-en-Brie

Sommaire :

 

Episode 10 : le château des Marmousets à La Queue-en-Brie

Construit en 1520, le premier château est appelé “Maison Selle” dit les Marmousets. Son plus célèbre propriétaire est certainement le portraitiste royal Jean Petitot, dit Le Jeune : après sa mort en 1702, il est enterré dans la propriété derrière les communs.

En 1828, le château est racheté par le comte et général Pierre-Augustin Hulin, qui participa à la prise de la Bastille. Il le fait entièrement reconstruire.
Les façades et les toitures du château et des communs sont classés monuments historiques depuis 1978.

Le domaine est repris par le Département en 1980 mais celui-ci se sépare du château en 2010. Aujourd’hui, le domaine se compose de quatre parties distinctes autour du château :

  • La partie intra-muros

Cerné de douves, le château propose un style architectural inspiré de l’Antiquité grecque (pilastres et colonnes d'ordre ionique ou corinthien). Des dépendances, un jardin à la française structuré par des alignements de marronniers et les vestiges d’un bassin accompagnent le château. 

  • L’esplanade ou demi-lune

Traditionnellement située face aux bâtiments, elle offre le recul nécessaire pour contempler
l’architecture de la bâtisse ou pour réunir les équipages avant la chasse. On y remarque une
grotte glacière du XVIIe siècle.

  • Le parc extra-muros

A la lisière de l’Arc boisé, le parc des Marmousets offre 18,85 hectares de nature et de promenade aux familles du Val-de-Marne. Son jardin aquatique et sa grotte glacière mais aussi ses aires de pique-nique et ses jeux d’enfants en font un espace de respiration et de détente pour tous. Depuis 2013, le parc est classé espace naturel sensible (ENS).

  • Le centre de modélisme

Il offre aux usagers de modèles réduits la possibilité de faire évoluer leurs engins dans des
conditions optimales de sécurité (voitures, bateaux, avions).

“Marmouset” semble désigner une figurine grotesque ou bizarre qui orne généralement des éléments architecturaux. On en trouve notamment dans le clocher de l'église de La Queue-en-Brie.


Château des Marmousets à La Queue-en-Brie

Episode 9 : le château de Réghat à Maisons-Alfort

Édifiée au XVIIIe siècle, cette demeure accueille Louis XV pour ses parties de chasse. La Marquise de Pompadour y aurait également séjourné. Après la Révolution française, Pierre de Reghat acquiert le château et crée un domaine en achetant deux autres lots pour former un jardin « à la française » et un parc.

En 1871, le baron Springer rachète le domaine pour construire une distillerie, un laboratoire, une minoterie et une fabrique de levure dans le parc. La société Bio Springer, toujours propriétaire du château, a entièrement rénové la bâtisse qui abrite aujourd’hui le Musée de Maisons-Alfort : 250 m² d’espace d’exposition retracent l’histoire de Maisons-Alfort et de ses habitants à travers les siècles (évolution du territoire, guinguettes des bords de Marne, sportifs célèbres…). Une crypte est également consacrée aux vestiges archéologiques de la ville.

Ses façades sur jardin et ses toitures sont inscrites à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1979.


Château de Réghat à Maisons-Alfort. Photo : E. Legrand

Episode 8 : le château du Parangon à Joinville-le-Pont

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, la « Maison des Champs » est construite par la famille Amelot sur la paroisse de Saint Maur. Jean-Jacques Amelot de Chaillou (1689-1749) fut commandeur des ordres du roi, ministre d’État en 1737 aux Affaires étrangères et surintendant des Postes. Il devient membre de l'Académie française en 1727 et membre honoraire de l'Académie des sciences en 1741. De style Louis XIV, la façade est décorée de superbes ferronneries de balcon. Le dessin des jardins, quant à lui, est confié au célèbre architecte paysagiste André Le Nôtre.

La propriété est ensuite acquise par Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, dite Madame de La Fayette : elle y aurait rédigé une partie de son célèbre ouvrage La Princesse de Clèves.

En 1790, la nouvelle commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur se détache de la commune de Saint-Maur-des-Fossés puis change de nom en 1831 pour devenir Joinville-le-Pont. En 1857, la famille Rousseau acquiert le château du Parangon et son parc pour créer une école privée qui devient, à partir de 1895, « l’école pratique agricole, commerciale et industrielle coloniale », dont l’objectif est de former des jeunes gens d'origine modeste à toutes les tâches requises par une carrière professionnelle industrielle, commerciale ou agricole dans les colonies.

Pendant la Première Guerre mondiale, le château est transformé en hôpital militaire pour l'armée américaine. Il est ensuite occupé par des religieuses. De 1947 à 1973, le château abrite un centre d’accueil pour les enfants en situation de handicap. Par la suite, le domaine devient la propriété du Département du Val-de-Marne. A partir de 1975, il accueille un centre de placement familial du Département. Aujourd’hui, s’y trouvent également un Espace départemental des Solidarités (EDS) et des services de Protection maternelle et infantile (PMI).

Le château est inscrit à l’inventaire des Monuments historiques en 1976. Fin 2010, une convention est signée entre la ville de Joinville-le-Pont et le Département du Val-de-Marne pour ouvrir au public la totalité du parc du Parangon.


Château du Parangon à Joinville-le-Pont. Photo : B. Gleizer

Episode 7 : le château des Ducs de Guise à Arcueil

Propriété du prieuré de Saint-Denis-de-l'Estrée au XVe siècle, le domaine d’Arcueil n’est pas rentable et est relativement délabré : il est alors vendu à la fin du XVIe siècle à Huveau de Maisse, qui restaure la maison du domaine pour en faire le "château" mentionné en 1606 (très probablement la maison des Gardes).

En 1650, la seigneurie passe à la famille de Refuge dont le plus célèbre représentant Pomponne, marquis de Refuge, seigneur de Précy et d’Arcueil, est lieutenant général des armées du Roi. Pour l’anecdote, le château des Arcs à Cachan (épisode 4) dépend de cette seigneurie d’Arcueil. Au début du XVIIIe siècle, le domaine est racheté par Anne-Marie-Joseph de Lorraine, dit prince de Guise (mais qui n’est pas lié à la célèbre lignée des Guise, éteinte depuis plusieurs décennies).

Le château est alors à son apogée avec notamment de vastes jardins et la Bièvre qui traverse le bas du domaine. Immortalisés dans les dessins de Jean-Baptiste Oudry, ils ont été exposés au musée du Louvre en 2016.

Après la mort du prince dit de Guise, le domaine et les droits seigneuriaux sont vendus au prince de Beauveau à condition de détruire château et parc (1752). La propriété foncière se morcelle et se disperse par la suite jusqu’au début du 20e siècle. La cité jardin de l'Aqueduc est alors construite à l'emplacement du domaine des Guise. Aujourd’hui, ne restent du domaine que la maison dite "des Gardes" et le bâtiment dit "La Faisanderie"...

Source : portail Arcueil histoire


Château d'Arcueil, maison des Gardes. Photo : C. Potez-Delpuech

Episode 6 : le château de Vincennes

Construit au XIVe siècle, le Château de Vincennes est un lieu val-de-marnais chargé d'histoire. Les touristes ne s'y trompent pas : près de 60 000 visiteurs se pressent chaque année aux portes de l'édifice (Vincennes ma ville).

Seul témoignage d'une résidence royale médiévale conservée jusqu'à nos jours, ce château a préservé son enceinte, ses tours médiévales, son donjon et la Sainte-Chapelle avec ses vitraux du XVIe siècle. Il retrace ainsi l'histoire de cette forteresse, depuis les appartements de Charles V à la vie carcérale de prisonniers célèbres.


Château de Vincennes. Photo : A. Bonnemaison

Episode 5 : le château d’Ormesson

Le château d’Amboile (ancien nom de la commune d’Ormesson) est édifié à la fin du XVIe siècle.

« La tradition rapporte que Louis PICOT de SANTENY construisit le château. La tradition va même plus loin. Elle prétend qu’Henri IV fit surgir Amboile de ses eaux pour l’offrir à Gabrielle de Santeny, épouse de Louis PICOT, laquelle était belle et aimée du Roi ». (Source : "La ville et les champs" du Comte Wladimir d’Ormesson).

Le domaine devient la propriété d’André Lefèvre d'Ormesson, conseiller d’Etat, en 1630. Son fils Olivier Lefèvre d’Ormesson, dit Olivier III, (1616-1686), est rendu célèbre par sa participation en tant que magistrat lors du procès Fouquet : il s’y illustre par son impartialité et aurait déclaré au Roi, qui voulait la tête de Fouquet : « La cour rend des arrêts, non des services ». Mais cette posture lui vaut une disgrâce durable. Il se retire alors dans sa propriété d’Ormesson où il reçoit les notables de son temps : Madame de Sévigné, Jean Racine, Jean de La Fontaine ou bien encore André Le Nôtre…

C’est d'ailleurs Le Nôtre qui dessine les jardins dans leur forme actuelle, avec notamment le grand canal central alimenté par le Morbras. Le château est agrandi en 1758 : sa double façade XVIe-XVIIIe siècle et les trompes qui supportent ses pavillons d’angle font d’ailleurs les particularités de la bâtisse.

C’est à cette époque là que Amboile prend le nom de cette illustre famille. Néanmoins, c’est seulement en 1927 que la commune devient officiellement, par arrêté municipal, Ville d'Ormesson sur Marne. Aujourd’hui, le château est géré par la Société civile du domaine d'Ormesson et peut se visiter sur rendez-vous avec Tourisme Val-de-Marne.


Château d'Ormesson. Photo : M. Lumbroso

Episode 4 : le château des Arcs à Cachan

A Cachan, le château des Arcs (aussi appelé château de Provigny ou Maison Renaissance) s’élève sur l’ancien fief des Arcs, au pied des aqueducs de la vallée de la Bièvre. Il tire son nom des arcades de l’aqueduc gallo-romain qui amenait l’eau à Lutèce au IIe siècle : trois piles et une portion d'arc sont encastrées dans les maçonneries du château.

La légende raconte que sur la chapelle située dans le parc, le géant Malassis y était inconfortablement installé, les pieds posés sur l'aqueduc et la tête perdue dans les nuages. Sa venue annonçait un malheur et les enfants du quartier craignaient de recevoir sa visite s’ils désobéissaient à leurs parents….

Sous le château, un passage est même réservé à la Bièvre. Aujourd’hui, le Département découvre progressivement cette rivière enterrée. Construit pendant la Renaissance, le logis central du château a connu plusieurs propriétaires successifs. Mme de Provigny lègue finalement l’ensemble du domaine au Département de la Seine pour y construire un hospice (1913). Aujourd’hui, le château appartient à la ville de Cachan : il abrite le Conservatoire à Rayonnement Départemental (CRD) du Val de Bièvre – Cachan.


Château des Arcs à Cachan. Photo : C. Potez-Delpuech

Episode 3 : le château de Grosbois à Boissy-saint-Léger

Après Sucy et Santeny, suite de notre découverte des châteaux du Val-de-Marne avec celui de Grosbois ! Situé à Boissy-Saint-Léger, il bénéficie d’un atout exceptionnel : c’est le seul domaine de chasse aussi proche de Paris qui n’appartienne pas à la monarchie. Nicolas de Harlay, surintendant des finances d’Henri IV, y démarre la construction de son château à la fin du XVIe siècle dans le grand style français du quartier des Offices, à Fontainebleau.

Le château de Grosbois, comme celui de Sucy, ne sont pas seulement des signes extérieurs de richesse destinés à impressionner, mais surtout les témoins d’un art de vivre. Un des nombreux propriétaires qui se succédèrent à Grosbois, le président du Directoire Barras donnera ainsi chaque soir, après sa journée de travail au Palais du Luxembourg, des fêtes faramineuses, entraînant le tout-Paris culturel de l'époque. L’histoire du maréchal Berthier, qui acquiert le château en 1805, l’illustre plus encore. Parmi les pièces uniques et le riche mobilier d’empire, le salon de la chasse permet à notre guide, David Nowakowski, de nous régaler de quelques anecdotes dans lesquelles on peut lire, en creux, « une véritable histoire d’amitié entre Napoléon et son chef d’état-major, chargé entre autres de réorganiser le service des chasses mis à mal par la Révolution, dans le but de reconstituer des relations internationales ».

Aujourd'hui, le Domaine de Grosbois a été sélectionné comme centre de préparation aux jeux (CPJ) pour Paris 2024 : les délégations étrangères pourront s'y entraîner pour les épreuves de dressage olympique, de saut d'obstacles et de concours complet.


Château de Grosbois. Photo : M. Génon

Episode 2 : le château de Santeny

Nous poursuivons notre visite des châteaux du Val-de-Marne : après le château de Sucy, bienvenue au château de La Perrière à Santeny. Erigé en 1870, il est aujourd'hui tourné vers l'événementiel : il accueille des mariages, des séminaires, des concerts classiques et sert également de décors pour des tournages...


Château de Santeny. Photo : E. Legrand

Episode 1 : le château de Sucy

À l'œuvre au château de Sucy, les frères Le Vau, représentants du classicisme, utilisent les pilastres et les colonnes pour donner l'impression de symétrie, de régularité et d'harmonie. Depuis sa restauration, à la fin des années 1990, le bâtiment abrite un conservatoire de musique qui le fait vivre.


Château de Sucy-en-Brie. Photo : A. Bonnemaison

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