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Archéologie : les dessous des fouilles de Vitry et Saint-Maur

mis à jour le 09/12/2020

Les archéologues du Conseil départemental recherchent, étudient, conservent et valorisent les éléments permettant de mieux comprendre les conditions de vie de nos ancêtres. Sur les chantiers de Vitry et de Saint-Maur, ils révèlent peu à peu des morceaux d’histoire de ces territoires.

 

Fouiller pour sauvegarder

D’énormes engins de chantier creusent et déblaient des tonnes de terre. Une scène qui est loin de l’image que l’on se fait d’une opération de fouille archéologique. Pourtant, ce ballet de pelles mécaniques est orchestré par Silvia Velardez, l’archéologue spécialiste du Néolithique du Conseil départemental, la référente auprès de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) qui pilote les fouilles sur ce terrain en partenariat avec le Département. "On a enlevé les remblais contemporains et on commence à voir affleurer le niveau de relief que l’on veut sonder pour voir s’il comporte des vestiges", détaille Silvia Velardez.

Il n’y a pas de Graal en archéologie, c’est l’accumulation des éléments trouvés qui va nous donner la compréhension des choses.

Cette intervention au niveau de la future ZAC des Ardoines, à Vitry, fait suite à un diagnostic établi par le service Archéologie du Val-de-Marne, en 2019. En effet, l’opération préventive, prescrite par l’État comme elles le sont systématiquement avant tout chantier, avait permis la mise à jour d’une occupation humaine continue depuis la Préhistoire jusqu’à la période médiévale.

Loin des pelles, le groupe d’archéologues se présente dans des postures plus attendues : genoux à terre, truelle à la main, ils dégagent la terre à la recherche d’indices qui permettront de préciser l’organisation des activités humaines et la nature de leur environnement aux périodes qui se sont succédé sur cette portion de terre. "C’est un jeu de piste, schématise Bernard Poirier, directeur du service Archéologie du Val-de-Marne. Il n’y a pas de Graal en archéologie, c’est l’accumulation des éléments trouvés qui va nous donner la compréhension des choses."

Une fouille se compose d’une phase de terrain et d’une période d’étude. Elle s’achève par la remise d’un rapport qui présente et synthétise les résultats. La phase de terrain à Vitry a commencé en octobre et doit durer jusqu’en juillet. Quatre mois seront ensuite nécessaires pour l’étude et la production du rapport.

 

Fouille archéologique sur un site de Saint-Maur (©E. Legrand)Fouille archéologique sur un site de Saint-Maur (©E. Legrand)Fouille archéologique sur un site de Saint-Maur (©E. Legrand)Fouille archéologique sur un site de Saint-Maur (©E. Legrand)Fouille archéologique sur un site de Saint-Maur (©E. Legrand)Fouille archéologique sur un site de Saint-Maur (©E. Legrand)

 

Des vestiges difficiles à comprendre

L’autre chantier de fouille, en cours jusqu’à mi-janvier sur le site de l’abbaye mérovingienne de Saint-Maur-des-Fossés, a livré un enchevêtrement de murs médiévaux et de caniveaux. Des vestiges très spectaculaires, mais qui restent énigmatiques et compliqués à comprendre.

L’archéologie donne aussi de la profondeur au présent.

Ici, la campagne a été commandée par l’extension de la résidence pour personnes âgées qui jouxte l’édifice religieux, car l’aménagement était susceptible d’endommager des éléments du patrimoine sur un site déjà sensible du point de vue archéologique. "Nous sommes là pour sauvegarder scientifiquement le patrimoine en l’enregistrant avant sa destruction ou son enfouissement par les aménageurs, explique Ludwig Gohin, archéologue du Département, spécialiste du Moyen Âge et responsable de ce terrain de fouille que pilote le Conseil départemental, en partenariat avec l’INRAP."


"Nous n’avons pour l’instant trouvé aucun élément de datation. Nous allons continuer à creuser à la pelle, à la pioche et à la petite pelle mécanique pour accéder à des niveaux plus anciens correspondant au Haut Moyen Âge [du VIe au Xe siècle, ndlr]." 

Les recherches avaient pour but de préciser la chronologie des différentes modalités d’occupation. "Dans la continuité de nos activités de recherche, nous nous efforçons de valoriser nos résultats par des actions de médiation, insiste Bernard Poirier. Les gens sont toujours curieux de savoir ce qu’il y avait avant. L’archéologie donne aussi de la profondeur au présent."

 

Cet article est issu du numéro de décembre 2020 du magazine ValdeMarne

 

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