Des haricots pour mesurer la pollution de l’air !

mis à jour le 07/09/2015

Six bio-stations ont été installées dans le Val-de-Marne pour mesurer la pollution de l’air et étudier son impact sur les organismes vivants.

Des rangées de haricots en guise de thermomètre à pollution ! Pour la deuxième année consécutive, des chercheurs de l’UPEC – Université Paris-Est Créteil – en collaboration avec l’IEES - Institut d’Ecologie et des Sciences de l’Environnement de Paris - ont installé six plantations de haricots – bio-stations – sur le territoire du Val-de-Marne. Quatre ont été installées dans des parcs départementaux – Cormailles, Hautes-Bruyères, Lilas, Plage Bleue –, une à la pépinière départementale située à Mandres-Les-Roses et une à l'UPEC. Les deux chercheurs chargés de suivre l’expérimentation ont choisi des haricots car « en plus de faire apparaître visiblement les pics de pollution grâce à la formation de tâches d’oxydation sur les feuilles, cela nous permet de mesurer également l’impact de l’ozone sur la production des gousses », explique Matthieu Bagard, enseignant-chercheur à l’UPEC en charge du projet.


Une trop forte concentration d'ozone fait apparaître des tâches d'oxydation sur les feuilles, ce qui ralentit la photosynthèse.

L'ozone peut provoquer une diminution de 5% des rendements agricoles

En Île-de-France, l’ozone peut atteindre des concentrations élevées avec les rejets du trafic routier et de l’industrie combinés à un fort ensoleillement. L’ozone est naturellement présent dans la stratosphère, ce qui protège la terre des rayons ultra-violets, mais il pose problème lorsqu’il est émis à la surface de la terre. Une trop forte présence d’ozone peut provoquer des irritations, diminuer la fonction pulmonaire, déclencher une crise d’asthme ou faire baisser les rendements agricoles jusqu’à 5 %. « L’ozone, en oxydant les végétaux, ralentit la photosynthèse, ce qui freine leur croissance », précise Matthieu Bagard. C’est précisément pour mesurer l’impact de l’ozone sur les rendements agricoles que deux variétés de haricots ont été sélectionnées, une variété sensible à l’ozone et une autre plus résistante. Une fois les gousses arrivées à maturation, elles sont récoltées puis séchées pour établir un comparatif précis entre les différentes productions. Les résultats définitifs sont attendus pour octobre 2015.