Désamiantage des routes départementales

mis à jour le 19/01/2015

Certaines routes départementales sont composées de matériaux contenant des fibres d’amiante. Dans un souci de santé publique, il est désormais obligatoire de désamianter les routes avant chaque nouveau chantier. Cette intervention, totalement sécurisée, ne représente pas de danger pour les riverains, usagers et salariés des entreprises.

L'amiante dans les routes : une pratique courante interdite depuis 1997

L’amiante a longtemps été utilisé dans les matériaux constituant les routes. Dans les bitumes, on ajoutait des fibres d’amiante (qui représentaient environ 1% de la masse totale de la route) pour obtenir des revêtements de chaussée plus étanches et plus résistants à la circulation. En France, les entreprises de travaux publics ont donc beaucoup utilisé l’amiante jusqu’à son interdiction en 1997 pour des raisons de santé publique. Si l’amiante n’est aujourd’hui plus utilisé, il en subsiste tout de même sur certaines routes réalisées avant 1997, ou dont le revêtement a été réalisé avec des anciens revêtement recyclés. Les règlementations ayant été renforcées, et il est désormais obligatoire, pour chaque gestionnaire de route, de signaler toute présence d’amiante avant chaque nouvelle intervention de travaux. Le Conseil général du Val-de-Marne a donc fait un état des lieux de la présence d’amiante dans les routes départementales. Avant chaque chantier, il doit désamianter les portions de route concernées.

Inoffensif sous forme solide, nocif sous forme poussières

L’amiante est surtout présent dans les couches supérieures de la chaussée. Sous forme solide, intégré à la route, il n’est pas dangereux pour la santé. Les habitants n’ont donc rien à craindre à ce niveau là. C’est uniquement lorsqu’il est sous forme de fibre et à l’air libre qu’il devient nocif, car il peut alors être inhalé et provoquer des maladies respiratoires. L’amiante ne se retrouve sous forme de fibres que lorsqu’on intervient sur la structure des routes en menant des opérations de découpe, perçage, fraisage… tout procédé dispersant de la poussière. C’est donc au moment des travaux qu’il faut prendre toutes les précautions nécessaires.

Le désamiantage des routes : une intervention menée par des spécialistes

À l'intérieur du périmètre de sécurité, les ouviers portent un équipement spécifique, masque, combinaison, etc,
À l'intérieur du périmètre de sécurité, les ouviers portent un équipement spécifique, masque, combinaison, etc,

Les entreprises missionnées pour désamianter les routes sont certifiées et spécialisées dans ce type d’intervention. Un périmètre de protection est mis en place, à l’intérieur duquel les ouvriers portent une combinaison étanche et un masque qui les empêchent d’inhaler les poussières. Pendant que les couches supérieures de la chaussée sont sciées pour être retirées, de l’eau est projetée pour plaquer au sol les fibres d’amiantes libérées lors de l’opération. Les morceaux de chaussée sont ensuite confinés dans des sacs ou des bennes fermées, puis évacuées vers des décharges spécialisées. Durant les travaux, des analyses sont faites à intervalles réguliers pour calculer le nombre de fibres d’amiantes présentes dans l’air, afin de vérifier que cela ne dépasse pas le seuil des 5 fibres par litre d’air fixé par l’article R.1334-29-3 du code de la santé publique. En dehors du périmètre de protection, les riverains alentours, piétons, cyclistes et automobilistes peuvent évoluer en toute sécurité.

 

Foire aux questions :

1. De l'amiante dans les routes départementales

2. Santé

3. Intervention et désamiantage

 

1. De l'amiante dans les routes départementales

1.1 Comment cela se fait-il qu’il y ait de l’amiante dans les routes ?

Jusqu’aux années 90, c’était une pratique courante d’utiliser l’amiante comme l’un des composant des routes. Celui-ci a été interdit en 1997, donc les nouvelles routes ne contiennent pas d’amiante. Cependant, il en reste dans certaines routes qui ont été rénovées avec d’anciens matériaux recyclés qui contenaient de l’amiante.

1.2 Pourquoi est-on obligés de l’enlever ?

Dans le code du travail, les réglementations en terme de risques d’exposition à l’amiante ont été modifiées. Les dispositions prévues par le décret n° 2012-639 du 4 mai 2012 modifiant les articles R 4412-94 à R4412-418 du code du travail, relatif aux risques d'exposition à l'amiante (notamment en ce qui concerne l’information sur l’évaluation initiale des risques) s’imposent aux maitres d’ouvrages de travaux routiers ainsi qu’à leurs gestionnaires de voirie. Ces dispositions sont traduites dans la circulaire du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie du 15 mai 2013, portant instruction sur la gestion des risques sanitaires liés à l'amiante dans le cas de travaux sur les enrobés amiantés du réseau routier national non concédé. Comme les couches supérieures de la chaussée peuvent encore contenir de l’amiante malgré son interdiction depuis 1997 (voir question 1.1) chaque gestionnaire de route a dû faire, sur instruction gouvernementale, un état des lieux de l’ensemble de son réseau, pour connaître avec précisions les endroits où la route est amiantée.

Afin d’éviter tout risque sanitaire, notamment pour les ouvriers travaillant sur les chantiers, il est désormais obligatoire de désamianter les routes avant toute nouvelle opération de travaux publics.

1.3 Pourquoi désamianter seulement les endroits où il va bientôt avoir des travaux ? On ne pourrait pas désamianter toutes les zones où l’on sait qu’il y a de l’amiante ?

L’amiante sous forme solide, intégré à la route, n’est pas dangereux pour la santé. C’est uniquement lorsqu’il est sous forme de fibre et à l’air libre qu’il devient nocif, car il peut facilement être inhalé, pouvant provoquer des maladies respiratoires.

L’amiante ne se retrouve sous forme de fibres que lorsqu’on intervient sur la structure des routes en menant des opérations de découpe, perçage, fraisage… tout procédé dispersant de la poussière. C’est donc au moment des travaux qu’il faut prendre toutes les précautions nécessaires.

Les opérations de désamiantage des routes départementales sont donc faites en priorité pour les chantiers déjà prévus dans le département. Comme cela n’est pas dangereux tant qu’on n’intervient pas sur la chaussée, il n’est pas nécessaire pour le moment de désamianter l’ensemble des zones concernées.

1.4 Pourquoi avoir attendu si longtemps pour désamianter les routes alors que l’usage de l’amiante est interdit depuis 1997 ?

L'utilisation de l'amiante est interdite depuis 1997. La présence de fibres d'amiante dans la route n'étant pas nocive sous forme solide, il n'était pour le moment pas obligatoire de désamianter les routes concernées. Récemment, pour une meilleure protection des ouvriers intervenant sur des routes contenant des fibres d'amiante, les règlementations en terme de santé publique ont évolué. Le décret n°2012-639 du 4 mai 2012, relatif à la gestion des risques sanitaires liés à l'amiante dans le cas des travaux réalisés sur la voirie, met en place une nouvelle réglementation qui oblige les gestionnaires de voirie à analyser leurs routes et désamianter les chaussées concernées avant chaque nouveau chantier. Le Conseil général du Val-de-Marne applique donc immédiatement les directives ministérielles.

1.5 Y en a-t-il dans toutes les routes du département ? Est-ce que l’on sait où il y en a en exactement en Val-de-Marne ? Est-il possible d’avoir accès à ces informations ?

Le Conseil général est responsable du réseau routier départemental. Comme l’ensemble des gestionnaires des routes, il a effectué un diagnostic de son réseau. Des carottages ont été faits dans la voirie, tous les kilomètres, soit environ 500 carottages pour les 450 kilomètres de routes départementales.

Ces échantillons de route ont été analysés par des laboratoires agréés COFRAC (Comité français d’Accréditation, instance qui garantit des résultats conformes aux normes françaises et européennes). Le résultat de ces échantillons permet donc au Conseil général de savoir exactement quelles routes contiennent de l’amiante ou pas.

Dans les routes, on trouve deux types d’amiante : l’amiante naturel, ou actinolite, qui est une roche que l’on peut retrouver dans les granulats utilisés pour les couches inférieures de la chaussée ; et l’amiante artificiel, ou chrysotile, qui est un matériau de synthèse mis en œuvre par les entreprises qui l’utilisaient dans la construction des couches supérieures de la chaussée, jusque dans les années 1990.

Sur le réseau départemental, le diagnostic a montré que 7% des échantillons de route contenaient de l’amiante artificielle, et 42% contenaient de l’amiante naturelle.

Le Conseil général fait un diagnostic local plus précis avant chaque nouvelle opération de travaux, afin de fournir aux entreprises intervenant pour son compte l’ensemble des informations, et agir en conséquences pour désamianter la route si besoin.

1.6 Est-ce que le Val-de-Marne est le seul département concerné ?

L’utilisation de l’amiante comme l’un des composant des couches supérieures des routes était une pratique courante dans les travaux publics au niveau national. L’ensemble du réseau routier français est donc potentiellement concerné. Chaque gestionnaire de route, qu’il soit public (communes, départements, Etat) ou privé (gestionnaires d’autoroutes) a dû faire des analyses. Il s’avère que les endroits où l’on trouve le plus d’amiante sont ceux où le trafic est le plus dense : les autoroutes, les parkings, les pistes d’aéroports, les carrefours, les routes pavées… L’amiante avait en effet comme particularité, en plus de son faible coût, de rendre les revêtements de chaussée plus étanches et beaucoup plus résistants.

2. Santé

2.1 Il y a de l’amiante dans la rue en bas de chez moi, cela veut dire que j’ai pu en respirer depuis tout ce temps et que je risque de développer une maladie respiratoire ?

Quand l’amiante est emprisonné dans les couches de la route, sous forme solide, il est inoffensif. Il n’y  donc rien à craindre pour les riverains qui habitent près d’une route contenant de l’amiante.

L’amiante est nocif uniquement lorsqu’il est sous forme de fibre et à l’air libre, car il peut facilement être inhalé, pouvant provoquer des maladies respiratoires. C’est donc au moment des travaux sur la route (découpe, perçage, fraisage = des procédés qui dispersent de la poussière) qu’il faut prendre toutes les précautions nécessaires.

2.2 Il y a de l’amiante sur la route que j’emprunte tous les jours, cela veut dire que j’ai pu en respirer depuis tout ce temps et que je risque de développer une maladie respiratoire ?

Quand l’amiante est emprisonné dans les couches de la route, sous forme solide, il est inoffensif. Il n’y  donc rien à craindre pour les automobilistes et cyclistes qui empruntent quotidiennement une route contenant de l’amiante.

L’amiante est nocif uniquement lorsqu’il est sous forme de fibre et à l’air libre, car il peut facilement être inhalé, pouvant provoquer des maladies respiratoires. C’est donc au moment des travaux sur la route (découpe, perçage, fraisage = des procédés qui dispersent de la poussière) qu’il faut prendre toutes les précautions nécessaires.

2.3 J’ai longtemps travaillé dans les travaux publics, cela veut dire que j’ai pu être en contact avec de l’amiante et que je risque de développer une maladie respiratoire ?

Il n’y a un risque d’exposition aux fibres d’amiante que lors des opérations impliquant un remaniement de l’enrobé et générant l’émission de poussières. Les fibres d'amiante, si elles sont inhalées peuvent se déposer au fond des poumons et pouvant provoquer, notamment en cas de dépassement de la Valeur Limite d’Exposition Professionnelle définie réglementairement, des maladies respiratoires graves. Les effets sur la santé surviennent souvent plusieurs années après le début de l'exposition. L’employeur a obligation de mettre en place un suivi médical renforcé qinsi qu’une fiche individuelle d’exposition en collaboration avec la médecine du travail.

Il est cependant important de noter que l’ensemble des routes du réseau Val-de-Marnais n’est pas concerné.

2.4 Est-ce que les risques sont les mêmes que ce qu’on a pu voir dans les bâtiments publics, comme la faculté de Jussieu ou dans la tour Montparnasse ?

Dans les routes, quand il y a de l’amiante, celui-ci ne dépasse généralement pas plus d’1% de la masse totale. Il est surtout présent dans les couches supérieures de la chaussée, et sous forme solide.

Dans les bâtiments, certains murs et faux-plafonds étaient construits avec des plaques contenant 100% d’amiante. L’amiante est en effet très résistant à la chaleur et au feu : ses fibres résistent à des températures allant jusqu’à 1000°C. Donc l’amiante a été largement utilisé dans les bâtiments pour prévenir des incendies.

L’exposition à l’amiante dans les bâtiments, fermés et confinés, est donc plus importante que pour les personnes ayant travaillé, en plein air, sur des routes contenant de l’amiante.

3. Intervention et désamiantage

3.1 Un chantier de désamiantage a lieu en bas de chez moi, est-ce qu’il y a un risque que j’en inhale et que je développe une maladie respiratoire ?

Les entreprises missionnées pour désamianter les routes sont certifiées et spécialisées dans ce type d’intervention. Pendant que les couches supérieures de la chaussée sont sciées pour être retirées, de l’eau est projetée pour plaquer au sol les fibres d’amiantes libérées lors de l’opération. Ces poussières sont immédiatement aspirées, isolées hermétiquement et envoyées vers des décharges spécialisées. Il y a donc peu de risques qu’elles se propagent dans l’air.

De plus, pendant les travaux, afin de s'assurer de l'absence de dispersion de fibres d'amiante dans l'environnement du chantier des analyses sont faites à intervalles réguliers pour calculer la concentration moyenne en fibres d'amiante,  présente dans l'air, afin de vérifier qu’elle ne dépasse pas le seuil de 5 fibre par litre d’air fixé à l'article R. 1334-29-3 du code de la santé publique.

Si jamais ce seuil est atteint, ce qui n’arrive que de manière très exceptionnelle en extérieur, l’opération est arrêtée sans délai. Des mesures correctrices et préventives sont mises en place pour respecter le seuil. L'employeur informe sans délai la collectivité ainsi que le préfet du dépassement, de ses causes et des mesures prises pour y remédier. Une nouvelle mesure est effectuée avant de reprendre le désamiantage.

L’ensemble de ces mesures visent à prévenir les risques d’exposition pour les riverains alentours

3.2 Un chantier de désamiantage a lieu sur la route que j’emprunte tous les jours, est-ce qu’il y a un risque que j’en inhale et que je développe une maladie respiratoire ?

Les entreprises missionnées pour désamianter les routes sont certifiées et spécialisées dans ce type d’intervention. Pendant que les couches supérieures de la chaussée sont sciées pour être retirées, de l’eau est projetée pour plaquer au sol les fibres d’amiantes libérées lors de l’opération. Ces poussières sont immédiatement aspirées, isolées hermétiquement et envoyées vers des décharges spécialisées. Il y a donc peu de risques qu’elles se propagent dans l’air.

De plus, pendant les travaux, afin de s'assurer de l'absence de dispersion de fibres d'amiante dans l'environnement du chantier des analyses sont faites à intervalles réguliers pour calculer la concentration moyenne en fibres d'amiante, le pourcentage de fibres d’amiante présentes dans l'air, afin de vérifier qu’elle ne dépasse pas le seuil de 5 fibres par litre d’air fixé à l'article R. 1334-29-3 du code de la santé publique.

Le dépassement de ce seuil entraîne sans délai l'arrêt des opérations et la mise en place des mesures correctrices et préventives permettant le respect de ce seuil.

Dans ce cas l'employeur informe sans délai la collectivité ainsi que le préfet, du dépassement, de ses causes et des mesures prises pour y remédier.

L’ensemble de ces mesures visent à prévenir les risques d’exposition pour les cyclistes, piétons ou automobilistes qui passent aux alentours du chantier.

3.3 Des ouvriers interviennent pour désamianter la route, est-ce que cela veut dire qu’ils seront en contact avec de l’amiante et qu’ils risquent de développer une maladie respiratoire ?

En fonction des résultats de l’évaluation des risques (niveau d’empoussièrement…) l’employeur adopte une organisation de travail en vue de réduire le nombre de salariés exposés aux poussières ainsi que la durée d’exposition, notamment :

  • en privilégiant les techniques d’intervention qui éloignent le plus possible les opérateurs des sources de poussières,
  • en mettant à disposition des travailleurs, selon les niveaux d'empoussièrement, des équipements de protection individuelle adaptés aux opérations à réaliser (des combinaisons étanches, un masque qui empêchent d’inhaler les poussières d’amiante…)
  • en déterminant des techniques et des modes opératoires de réduction de l'empoussièrement (travail robotisé en système clos…)
  • en définissant les mesures nécessaires de confinement et de limitation de la diffusion des fibres d'amiante à l'extérieur de la zone des opérations (Protocole et sas de décontaminations des travailleurs…)

Les effets sur la santé pouvant survenir plusieurs années après le début de l'exposition, ainsi pour chaque agent potentiellement exposés, un suivi médical renforcé, ainsi qu’une fiche individuelle d’exposition doivent mis en œuvre par l’employeur en collaboration avec la Médecine du travail.

3.4 Pendant le chantier de désamiantage, doit-on prendre des précautions particulières ? Est-il possible de sortir ? Est-ce qu’il vaut mieux fermer ses fenêtres ? Est-ce dangereux de marcher à côté de la zone en chantier ?

Le chantier de désamiantage est totalement sécurisé et toutes les précautions sont prises pour que les fibres d’amiantes ne se dispersent pas dans l’air. L’opération ne nécessite donc pas que les riverains et usagers alentours prennent des précautions particulières.