Conseil départemental

Vivre en Val-de-Marne

Résidence Marielle-Franco : accueillir les femmes victimes de violences conjugales ou familiales

Depuis janvier 2019, la résidence Marielle-Franco, créée à l'initiative du Conseil départemental, accueille des femmes victimes de violences conjugales ou familiales. Le lieu permet de les protéger et de leur proposer un nouveau départ dans la vie après deux mois de prise en charge.

Le lieu ne paie pas de mine. C’est un immeuble des années 1970, construction anonyme noyée parmi d’autres bâtiments qui lui ressemblent, quelque part dans le Val-de-Marne. Par mesure de sécurité, nous tairons son adresse, ainsi que l’identité exacte des personnes hébergées à la résidence Marielle-Franco, maison d’accueil de femmes victimes de violences au sein du couple ou de la famille, ouverte par le Conseil départemental en janvier 2019.

Le jour de notre visite, début mars 2020, une dizaine de femmes sont présentes, orientées vers la résidence par le 115, numéro d'urgence qui vient en aide aux personnes en grande difficulté, l'association Tremplin 94 - SOS Femmes ou la MHL - mission hébergement logement du Département.

Parmi elles, Fanny, Sephora et Aïda. Leurs parcours se ressemblent. Un conjoint agressif, un couple qui sombre et le départ du foyer pour se protéger. "J'ai longtemps caché les violences de mon compagnon, témoigne Fanny, 20 ans, en fin de grossesse. Je n'arrivais pas à me mettre dans la tête que je pouvais vivre sans lui."

Avant d'intégrer le centre, Aïda, 24 ans, enceinte de sept mois, a vécu quelque temps dans un hôtel social. "Je m'y sentais très seule, soupire-t-elle. C'était le noir total. Être accueillie ici m'a été d'un grand secours, le lien m'a rassuré."

Sans vous, on serait perdues

Les jeunes femmes sont d'abord passées par un moment de repli sur soi, comme s'il fallait franchir un sas de décompression. "Quand je suis arrivée, j'en ai profité pour dormir sereinement, ce qui ne m'arrivait plus", confie Sephora, 21 ans, maman d'une petite fille de 11 mois. Puis la parole se libère. Les femmes partagent des appartements de deux ou trois chambres - il y en a 18 en tout. "Mes colocataires sont venues vers moi et m'ont aidée à raconter ce que je taisais avant", souligne Sephora.

Le centre reçoit des mamans avec leurs enfants, souvent en bas âge. Après quelques mois de fonctionnement, l'association a pointé le besoin d'une prise en charge spécifique des petits, témoins et, parfois, co-victimes des violences ; un mi-temps de psychologue va donc être créé cette année.

"L'échange permet de voir qu'on n'est pas seule dans ce que l'on a vécu", poursuit Aïda. "Être ici m'a donné la force de penser à autre chose", ajoute Fanny. Toutes trois évoquent à l'unisson le soutien bienveillant de l'équipe du centre Marielle-Franco, géré par l'association AUVM (Aide d'urgence du Val-de-Marne). "Sans vous, on serait perdues", témoigne une femme sur le livre d'or de la maison.

Le personnel de jour est exclusivement féminin. "Les femmes sont plus à l'aise pour dévoiler leur vie à une autre femme", précise Maëva Messayous, directrice territoriale de l'association, en charge du dispositif Femmes victimes de violences. Aux deux référentes sociales et aux deux maîtresses de maison chargées de la gestion quotidienne, s'ajoutent des équipes de surveillance les nuits et week-ends, ce sont les seules fonctions occupées par des hommes, formés pour ce travail.

Le centre Marielle-Franco est avant tout un lieu d'accueil temporaire, une réponse apportée en urgence à un besoin de protection ; les femmes hébergées y vivent un moment de répit. La durée de prise en charge est de deux mois. "Ce temps permet de travailler sur une sortie vers des dispositifs de logement classiques autant que faire se peut", précise Maëva Messayous. Tout est fait pour garantir la sécurité des femmes, quitte à les éloigner géographiquement de leur conjoint violent. L'heure a sonné pour Fanny qui part s'installer dans un hôtel. Aïda et Sephora espèrent un logement individuel pour entamer une nouvelle vie, "m'occuper du bébé, retrouver du travail et reprendre une vie sociale", assure Aïda.

 

Cet article est issu du numéro de juilelt-août 2020 ud magazine ValdeMarne

 

Qui est Marielle Franco ?

Marielle-Franco est une femme politique brésilienne, élue au conseil municipal de Rio de Janeiro, militante des droits humains et porte-parole des minorités. Elle a été assassinée pour ses engagements en mars 2018.

 

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